064/2012 - Lécher ses plaies?
Dimanche, 4 mars 2012 - (064/2012)
Comme une cloche, j’ai attendu, persuadée que Pascal m’appellerait dès qu’il aurait fourré sa bonne femme dans l’avion. En fin de journée, j’ai commencé à baliser, je savais que Jess devait déjà être confortablement installée dans son avion en route pour les Etats-Unis, donc je ne comprenais pas le manque de nouvelles.
Arf, sûre que Caro avait déjà fait un pas vers lui, j’ai envoyé un message à Pascal. Sa réponse m’a un peu désarçonnée; il voulait rester tranquille ce soir!Waouh, pour quelqu’un qui disait que je lui manquais, c’était un peu raide. Si c’était vrai, il aurait déjà dû avoir sonné à ma porte, envoyé des dizaines de messages, harcelée par téléphone… Mais non, rien. Il a attendu que je le contacte pour me dire qu’il voulait être seul? Trop bizarre. Il n’en fallait pas plus pour me rendre suspicieuse.
Ou sa femme lui manquait déjà et il voulait rester seul chez lui pour lécher ses plaies? Ou il avait prévu autre chose? Ou je ne lui manquais pas vraiment?
Je n’avais pas l’intention d’aller voir s’il restait vraiment tranquillement tout seul chez lui, mais, comme il ne faisait pas si froid, et que je n’arrivais pas à penser à autre chose, j’ai été voir. En arrivant, j’ai été contente de le voir pencher sur sa guitare, il était tout seul, alors j’étais sur le point de faire demi-tour et rentrer chez moi.
Mais le soulagement a rapidement fait place à un mélange de stupeur, d’incrédulité, de colère et j’en passe. Je ne m’attendais pas à voir Caro entrer dans mon champ de vision.
Elle devait être aux toilettes, ou dieu sait où. Après, c’est clair, je me suis creusée la tête pour essayer de me rappeler de quel angle Caro était sortie pour savoir où elle était dans l’appart avant d’apparaître au salon. Alors c’était ça qu’il appelait vouloir être tranquille? J’étais verte bleu. Oh, je lui en voulais, j’étais fâchée et j’étais à 2 doigts de débouler lui demander si c’était ce qu’il avait voulu me cacher; qu'il préférait passer la soirée avec Caro!
Fâchée? Colère? Ça ne veut rien dire, j’avais dépassé ce degré, il n’y a pas de mots pour exprimer ce que je ressentais!
Pas question que je fasse encore la bêtise d’aller m’humilier là-bas, et devant Caro en plus. Non. Grâce à lui, de concert avec elle, je me sentais minable, abandonnée, incomprise. J’ai fait demi-tour, puis indécise, je me suis arrêtée pour réfléchir si je devais ou non intervenir, qu’il sache ce que je ressentais. Puis non, je redémarre, puis oui, et je m’arrête à nouveau. Bref, après une bonne heure à me torturer, j’ai décidé d’arrêter de me faire des idées et de ruer dans le tas.
De retour à mon poste d’observation, Caro était vautrée dans le canapé à le regarder jouer. J’ai appelé Pascal, j’étais curieuse de voir ce qu’il allait me raconter.
Caroline a du deviné que j’étais quelque part dans le jardin parce qu’elle s’est dirigé vers les baies vitrées pour regarder dehors. Et là, j’ai un peu regretté de m’être montée la tête toute seule. Pascal a dit qu’il voulait être seul mais que Caro, bien que le sachant, a débarqué chez lui. Il m’a dit que si j’étais dans le coin, je n’avais qu’à passer aussi. Il a continué sur sa lancée en disant qu’il ne savait pas comment faire pour la faire comprendre qu’il fallait qu’elle s’en aille. Il la regardait en me disant tout ça, et je pense qu’elle a dû comprendre. Je lui ai dit que je ne voulais pas le déranger, que je comprenais, que j’avais juste appelé pour lui faire un petit coucou, c’est tout.
Après mon coup de fils, Pascal avait posé sa guitare et debout, ils ont discuté un moment, ensuite Caro est partie. Je me suis dépêchée de m’aplatir dans mon coin, je ne voulais pas qu’elle me voit. Elle a cherché du regard dans les fourrés en passant, mais elle ne m’a pas vue. J’ai suivi le bruit de ses pas, puis quant tout était silencieux, je l’ai suivi pour être sûre qu’elle était bien rentrée et pas embusqué dans un coin pour me surprendre. Elle est bien rentrée.
Pascal avait repris sa guitare et jouait, toujours assis sur le tabouret du piano. Après le départ de Caro, Thomas était descendu chez Pascal. Les garçons avaient prévu de passer la soirée ensemble à la maison. Normalement, Pascal était censé monter chez Thom, mais en voyant Caro débarquer chez lui, il avait demandé à Thomas de descendre. J’ai su après que c’était pour la faire partir et que Thomas était censé descendre pendant qu’elle était là et pas seulement après.
Pascal ne m’avait pas menti, il voulait donc vraiment rester tranquille…