120/15 - Je déteste les surprises!
Jeudi 30 avril 2015 - 120/15 - Je déteste les surprises!
Bon, normalement aujourd’hui, après l’équitation, j’aurai certainement envie de rentrer chez moi, et continuer le livre que j’avais commencé ou continué à lire pendant le cours de Kaya, mais, c’est aussi depuis le jeudi que je sors de ma coquille. Que je recommence à sortir pour traîner dans les bars et boîtes.
C’est important qu’on me fiche la paix en début de semaine, c’est seulement à partir du jeudi, que je peux envisager de retrouver les fêtards et traîner dehors jusqu’à pas d’heure. Pourtant aujourd’hui, et même pendant l’équitation, alors que j’étais installée confortablement dans ma voiture avec mon bouquin, les pieds posés sur le tableau de bord, avec mon siège dans une position qui invitait carrément à la lecture, même là, j’avais une boule au ventre.
Je sens comme une sorte de danger qui approche, un épée de Damocles qui me pend au-dessus de la tête. Ce même sentiment qui me poursuit quand j’ai des prémonitions. Pourtant, je sentais bien que ce n’était pas tout à fait la même chose. Je sentais que c’était autre chose. Un soucis.
Quelque chose de désagréable se préparait. Je pouvais le sentir ramper autour de moi...
Pascal avait un match, mais il tenait à m’inviter à manger. Pfff, je savais bien que c’était pour fêter mon anniversaire, même qu’il sait que je déteste ça. Il pense sans doute -et probablement avec raison- qu’il fallait marquer le coup.
Ambiguë, mais... je ne voulais pas le fêter, mais j’aurai été froissée et blessée même, si ma moitié ne faisait rien! S’il ne cherchait pas à trouver le moyen de me montrer qu’il se rappelle de mon anniversaire. S’arranger pour me faire sentir que ce jour est aussi important pour eux, parce que c’est le jour où je suis venue au monde... pour lui!
20h, j’étais prête. Fatiguée mais prête. Ripolinée, comme dirait Dol. Baignée, coiffée, vêtue avec soin, épilée de partout, etc. Bref, j’étais au taquet. Les bras croisé, appuyé contre sa voiture devant la porte d’entrée, Pascal attendait patiemment. Je pense qu’il s’attendait à ce que je sois en retard, alors quant j’ai émergé de l’immeuble, il a presque eu l’air surpris.
Ciel qu’il était beau. Même en cette fin de journée, alors que le soleil cherchait à se cacher derrière la planète, ses yeux verts brillaient. Son sourire éclatant me brisait presque le coeur. Pascal s’est penché pour me voler un baiser (électrifiant) et a ouvert la portière côté passager. Je frissonnais encore.
Comment un être aussi parfait, aussi lumineux pouvait s’intéresser à une fille aussi banale que moi! Il devait avoir de la merde dans les yeux. Ou il ne voyait pas clair. Ou peut-être qu’il ne me voyait pas telle que j’étais. Pourquoi semblait-il tellement tenir à moi?
Mais, s’il tenait à moi, pourquoi me cachait-il son aventure avec cette autre fille? Parce que, j’en aurais donné ma main à couper qu’il voyait en cachette cette nana. Ce souvenir m’a tordu l’estomac.
Je devais vraiment arrêter de me torturer avec toutes ses idées folles qui me flinguaient régulièrement le moral. Je pensais trop. Mais comment faire pour empêcher ma tête de divaguer? Si je le savais, j’aurai déjà utilisé l’astuce depuis longtemps. Qui a envi de souffrir par des idées noires? Personne!
Allé, nouvelle résolution depuis aujourd’hui; travailler sur ma tête, sur ce qui ce passait dans ma tête. Ne plus me laisser emporter par mon imagination. Ça allait être vachement dur.
Argh, Pascal m’a invitée dans un de ses restaurants préférés. Ça sentait l’arnaque là! J’ai repéré quelques voitures que je connaissais dans les environs. Je crois que c’était parce que je me méfiais. Arhhh, déjà je balisais qu’il ait fait ce que je déteste le plus; m’organiser une surprise en invitant mes amis.
« Surpriiiiii-se »... ouais! c’était bien ce que je pensais! Pire mauvaise surprise. Pour ne pas imploser, j’ai enté de me convaincre qu’il avait essayé de bien faire. J’aurai préféré une soirée à deux, en tête à tête.
Peut-être qu’il n’avait pas envi de passer la soirée seul avec moi? Et c’était pour ça qu’il avait invité tout ce monde pour éviter ce face à face? J’ai essayé de ne pas lui montrer ma déception en lui projetant un sourire. Pas certain que ma tentative était réussi!
Argh, si c’était ça que j’entendais par travailler dans ma tête, alors j’avais tout faux. Flûte j’allais être obligée de me forcer à jouer la bonne humeur, à sourire, à soutenir des conversations... je me sentais déjà crevée. Et j’avais la folle envie de rentrer chez moi et de me larver toute seule sur mon canapé.
Mais bon, Pascal cherchait seulement à me faire plaisir... alors je pouvais bien faire semblant d’apprécier...
Mince, aucune envie de passer des heures avec tous ces gens agglutinés autour d’une table, à manger et boire et à sourire jusqu’aux oreilles, hélas, je n’avais pas le choix. Mon Dieu, pourvu que personne n’ait eu la mauvaise idée de venir les bras chargés de cadeaux? Ce serait un effroyable supplice.
Pascal était entouré d’une bande ce copains. Il parlait, ils riaient en l’écoutant. De quoi parlait-il? Qu’est-ce qui pouvait les faire rire? J’ai senti mon coeur se gonfler, mes yeux picoter. Un mec comme Pascal, beau, des yeux magnifiques, athlétique, un sourire à damner les saints, que pouvait-il me trouver?
Je revenais sans cesse aux mêmes troubles et questions... Je n’ai pas cherché à cacher le fait que je le regardais, j’avais envie de le regarder. Sans ciller, alors qu’on me parlait, j’ai continué à l’observer. Pascal m’a souri. Je me suis transformée en gelée.
Je me sentais toujours si banale, si insignifiante, si misérable à côté de lui... Est-ce qu’il m’aimait encore?Vraiment? Il l’avait dit dernièrement, mais était-ce vrai? Pourquoi? Qu’avais-je à lui offrir? Carrément rien! Alors pourquoi? Comment?
Les larmes ont commencés à pousser vers la sortie, alors j’ai détourné la tête. Caroline me parlait, mais je n’avais aucune idée de quoi. Toute l’espace dans ma tête était occupé par des doutes, des questions, des pensées, par une profonde tristesse que je n’arrivais pas à disperser. Alors je voyais ses lèvres bouger, mais je les mots qui sortaient de sa bouche semblaient être du chinois.
Suivant son expression, je savais que je devais sourire et acquiescé. Ce que j’ai fait.
L’apéritif était terminé, c’était le moment de passer à table. Caroline a passé son bras sous le mien (j’aurai préféré que ce soit Pascal), et on a été rejoindre Pascal à l’autre bout de la salle. C’était délicieux. Tout ce que j’aime; sauce aux morilles, émincé de veau sur un lit de légumes, frites, avec un cheesecake pour le dessert. Pascal n’avait rien oublié.
Heureusement, il m’avait épargné l’horrible gâteau d’anniversaire... la chanson et le reste...
Bon, j’espérais quand même de sa part, un petit cadeau. Quelque chose pour marquer l’évènement. Apparemment, il a dû penser que le bouquet de roses le jour «J» suffisait. J’étais déçue. Bobo au coeur :(
Sous la table, sa main qui se baladait sur ma jambe me paralysait. Des petits frissons me traversaient de partout, chaque fois qu’il mettait son bras sur le dossier de ma chaise et posait sa main sur moi. Caresse douce et propriétaire. Il le pouvait, je lui appartenais depuis le premier jour où nos regards se sont croisés.
Avant le café, on est sorti fumer. Pascal m’avait prise par la main. Mes oreilles ont flambés. Rouges cramoisis. J’étais fière comme un petit paon mâle, toute voile dehors. Quant il posait ses magnifiques yeux sur moi, je me sentais toute petite, protégée, mignonne, et belle intérieur, extérieur.
Pascal m’a demandé si j’avais envie d’aller prendre un verre au Time-Out. J’ai dis oui, mais je n’en avais aucune envie. C’était seulement pour ne pas être chiante et lui faire plaisir.
Hier soir, il m’avait attendu pour rien, mais il n’a pas dit un mot à ce sujet. Pas de reproches, rien. Pourtant, je suis sûre qu’il avait dû être déçu en constatant ce matin, que je n’étais pas à ses côtés. Et ce soir, je ne pouvais pas dormir chez lui. Je l’avais prévenu.
Demain matin, j’avais un rendez-vous à 8h, chez moi. Et d’un moment à l’autre, Vania allait appeler pour que j’aille la récupérer en Valais. Donc, je ne pouvais pas boire non plus. J’avais l’impression d’être là sans être là. De regarder les autres évoluer autour de moi sans vraiment faire partie du jeu. Comme souvent.
Le fait d’y penser à peut-être activer les choses; mon natel sonnait, c’était Vania. Donc, je devais partir.
Au Time-Out, j’ai été furieuse de voir la pouffe, celle avec qui Pascal échangeait des regards ambiguës, Elodie et autres. Pascal avait dû leurs dires où on allait. Et c’est ça qui m’énervait grave. Je n’étais pas ravie de devoir le laisser seul avec cette bande de chacal féminin. Elles n’attendaient que ça pour envahir mon espace.
Mais je n’avais pas le choix, je devais y aller. En plus, Vania dormait chez moi. C’était foutu de chez foutu. J'avais des palpitations d'anxiété... Si Pascal faisait un pas de travers ce soir, comme aller chez Caro ou une autre pouffe, j'allais être très fâchée. Très très très fâchée!