133/2012 - Un petit tour et je m'en vais...

Publié le par JaneDo

Samedi, 12 mai, 2012  -  (133/2012)  -  Un petit tout et je m'en vais...

Arfff, après que Thomas ait insisté lourdement, j'ai accepté de faire un petit passage vers lui. J'avais le coeur dans les baskets, je savais que Pascal serait là, et je n'étais pas encore préparée à le croiser. J'ai décidé de faire comme de rien, de dire bonjour à Pascal et de m'éclipser au plus vite. D'avance, je savais que ça allait être galère!

J'ai tenté de faire en sorte que Thomas accepte qu'on aille prendre un verre dans l'après-midi pour éviter d'avoir à sortir ce soir... enfin... surtout avoir à croiser Pascal. Jeeez, c'est fou, mais je suis encore toute retournée et carrément en colère quant je pense qu'il avait réussi à trouver le moyen de laisser sa femme pour aller voir Caro quant il avait même pas pu le faire pour moi le soir d'avant. Pfff, ouais, j'suis encore vénère!

Mais hors de question que je me montre jalouse...

J’avais lu le message que Pascal m’a envoyé après avoir reçu mon sms tôt ce matin, et j’avoue que j’en avais gros sur la patate. C’est drôle, mais il avait l’air sincère, au point où je me suis demandée si ma réaction n’était pas un peu exagérée;

"Tu ne veux pas me voir c’est ça? Pourquoi? STP explique-moi d’accord? Est-ce que c’est parce que je suis rentré l’autre soir quant Jess t’a sauté à la gorge? Tu aurais voulu que je reste? Ou parce que le lendemain soir on n’a pas pu se voir? Je t’en prie explique-moi, parce que là franchement, je ne comprends pas. Je ne sais pas ce qui se passe! Quelqu’un t’as raconté des trucs et tu ne veux pas m’en parler? En tous cas, quoi qu’on t’ai raconté, c’est faux. STP Babe, rappelle moi, parle-moi, ne me laisse pas comme ça…"

Je suis arrivée au bar vers 1h du matin après que Thomas m’ait relancé pour être sûr que je venais. Aoutch, même avant d’entrer, j’avais repéré Pascal. Près du bar du fond, entouré de ses potes, il discutait, assis sur le bord d’une des tables. Jess, habillée d’une robe super flashy, dans les tons ocre arborait un décolleté plongeant devant et derrière. Impossible de la rater. Ses longs cheveux noirs étaient ramenés sur le devant de son épaule. Elle était de profil et absolument magnifique. Pas besoin d’être un expert pour remarquer qu’elle surveillait Pascal de près ce soir.

J’ai été directement vers Thomas, en saluant ceux que je connaissais à mesure. Je suis restée un petit moment vers Thomas à discuter, rhhh, j’aurai préféré ne pas avoir à aller dire bonjour à Pascal. Pascal m’avait vu arriver et nos regards se sont croisés l’espace d’une ½ secondes, j’ai détourné le regard. Mince, son expression disant ; "Ha, te voilà enfin", et j’avais juste envie d’aller vers lui. Catastrophe, mon cœur sautait dans tous les sens dans ma poitrine, c’était un gros effort de continuer à sourire et surtout de lui tourner le dos. C’était vraiment dur. Puis, j’ai résolu d’aller lui dire bonjour. Entre temps, Jess s’était rapprochée et lui avait passé le bras autour des épaules. Mince, si j’avais pu, je serais repartie en courant. Je me demandais si elle allait encore faire un truc barge, j’avais un peu peur de sa réaction, mais je n’allais pas me risquer à lui faire la bise à elle, elle me repousserait surement.

Pascal s’est levé quant je suis arrivée à sa hauteur pour se tourner vers moi, donc du coup, Jess se retrouvait derrière lui, et Pascal était entre nous. Elle avait été obligée de le lâcher. Jess n’a rien pu faire, Pascal lui barrait le passage. Il m’a demandé si j’allais bien, et ce que je buvais. Pour couper court à la gêne que j’éprouvais, j’ai dit que Thomas m’avait déjà commandé quelque chose, donc je retournais là-bas. J’ai aussitôt fait marche arrière pour retourner m’asseoir vers Thomas, qui se trouvait à 2 pas.

Je me suis dépêchée d’avaler mon verre pour prendre la fuite. Je ne pouvais pas rester, c’était trop dur de ne pas regarder en direction de Pascal, et chaque fois qu’il parlait avec une fille, mon cœur faisait une chute libre dans mes pompes. Caro était là elle aussi, et elle est venue me faire la bise. J’étais tellement stressée que je ne l’avais même pas vue. Faut dire aussi qu’elle était de l’autre côté, après Jess, donc voilà, même si j’avais voulu, je n’aurai pas pris le risque de passer devant Jess pour aller lui faire la bise.

J’ai fait croire à Thomas que j’allais au Baroque, et j’ai fichu le camp comme si j’avais tous les diables de l’enfer à mes trousses.

Pascal m’avait vu filer et il m’a rattrapée dehors. On était en pleine vue, ce qui me permettait de surveiller les faits et gestes de sa femme. Si d’aventure elle s’aventurait dehors, je prenais mes jambes à mon cou et point final. Je n’avais pas envie de me disputer avec elle devant tout ce monde.

Pascal voulait que je reste encore un peu pour qu’on puisse discuter, j’ai prétendu qu’on m’attendait. Pascal voulait me suivre, il ne voulait pas me laisser lui échapper sans qu’on puisse s’expliquer. Jess allait certainement penser qu’on faisait exprès de se donner en spectacle devant la boîte pour l’humilier, et si Pascal partait avec moi, ce serait pire et encore plus humiliant. Alors là, je lui ai dis que je n’avais aucune envie de parler, que je n’étais venue que parce que Thomas avait insisté, et que j’étais pressée.

Pascal m’a demandé de ne pas partir, pas comme ça, ça ferait penser que j’avais peur de sa femme ou qu’à cause de ce qui s’était passé je prenais la fuite. Ça ne ferait qu’encourager Jess à recommencer, elle aurait l’impression de me faire peur. Pascal avait sans doute raison, mais je lui ai dit que ça n’avait rien à voir avec ce que Jess avait fait. Il ne comprenait rien, il voulait que je lui explique ou lui donne au moins un indice, que ce n’était pas normal qu’on ne puisse pas arriver à se parler et régler les malentendus.

Par moment, Pascal pouvait se montrer assez tétu, il était aussi assez sensible, et là, il s’est senti rejeté, alors il m’a laissé partir.

Piouhhh, je suis rentrée ventre à terre pour pleurer derrière mes portes closes. Ça m’avait fait mal de le repousser, d’avoir été si froide quant on discutait dehors. Je n’étais plus aussi joyeuse et souriante comme quant j’ai été le saluer. Me rappeler l’expression de son visage quant je l’avais pratiquement envoyé promener me faisait mal. J’avais beau le vouloir, je n’étais pas encore prête à renoncer à lui, je l’aimais toujours. Et je me détestais de le faire souffrir… même s’il m’en avait fait autant.

Thomas a essayé de m’appeler, il voulait me parler, savoir ce qu’il y avait eu, ce qui se passait… mais je n’ai pas répondu.

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