134/2015 - Faire semblant de rien... c est dur!
Jeudi - 14 mai 2015 - 134/2015 - Faire semblant de rien... c’est dur!
Une de mes frangines avait besoin d’aide pour un tableau excel dont elle avait besoin pour vendredi, alors j’ai passé l’après-midi chez elle. Il faisait beau, mais le temps était à l’orage. Je pense que ça éclatera en fin de journée. A 18h, j’étais encore chez elle, et je l’ai aidée à couvrir ses canapés, comme il commençait à pleuvoir. Ensuite, je suis passée chercher, aux Croisettes, Alex et la jeune Australienne en vacances chez ma frangine. Je pouvais enfin rentrer.
J’avais parlé à Pascal en fin de matinée. Pascal ne se doutait pas que je savais qu’il m’avait menti sur ce qu’il avait fait hier. Je n’ai rien dit. Il voulait qu’on mange ensemble à midi, mais je lui ai dis que je devais aider une de mes soeurs. Je l’appelle dès que j’ai fini. Je ne savais pas encore ce que j’allais faire.
Après réflexion, je crois que je vais continuer à faire semblant de rien.
S’il savait, il risquait d’être plus prudent. Alors autant garder mes infos pour moi. Intérieurement, je tremblais; de rage, angoisse de le perdre, furax qu’il m’ait menti, hésitante à l’attitude à adopter. Bref, j’étais paumée.
Chez moi, j’ai pris une douche. Je n’avais pas le temps d’un bain. Et j’étais trop impatiente de voir Pascal pour perdre du temps à larver dans de la mousse. Une fois prête, je suis partie sans avertir Pascal de mon arrivée. Pas une bonne idée, mais bon.
Pascal était chez Thomas. Ils étaient plongés dans une discussion sérieuse à propos de filles... Intéressant!
J’ai donc averti Pascal que j’étais encore chez ma frangine, que j’en avais encore pour un petit moment, que je ne savais pas si j’arrivais à passer ce soir. Parce qu’il fallait qu’après je rentre prendre une douche et me changer. Bref, il sera probablement sorti. Et je n’avais pas envie de passer la soirée à poireauter chez lui jusqu’au matin, juste pour dormir!
Pascal m’a charrié en me disant que ça ne me suffisait donc plus? Il m’a dit que lui il aimerait bien que je vienne dormir. Il a dit qu’il allait sortir, que je n’avais qu’à l’appeler si je changeais d’avis et qu’il rentrerait sur les chapeaux de roues. "Et si je préfère venir te rejoindre?", Pascal a rigolé; "Je veux oui".
- Mais appelle-moi, parce que je crois que je vais en profiter pour prendre un verre avec Jonas, et je n’ai aucune idée où ils pensent aller, ok? Appelle ok. Je risque de traîner avec eux jusqu’à je ne sais quelle heure si tu ne viens pas. Donc, si tu décides de venir, alors tu me lance un coup de fils. Bon, aussi si t’es sûre que tu ne viens pas, comme ça, je sais que personne ne m’attend.
Pascal a tellement insisté que je l’appelle, que j’ai eu des palpitations et le coeur plongé dans un bain de plomb.
Il fallait vraiment que je trouve un petit micro que je pourrais placer discrètement chez Pascal et Thomas. Comme ça, je n’aurai pas à me glisser chez l’un ou l’autre pour épier Pascal. Peut-être que Caro était dans le coin et qu’elle m’avait vue entrer chez Pascal. Il pleuvait des cordes, je ne pouvais pas rester dehors.
Thomas était au courant pour Manuella. Comment Pascal avait-il pu croire qu’il arriverait à cacher sa liaison?
Je suis passée par beaucoup de stades différents en les écoutant discuter; rage totale, tendresse, haine, dégoût, et je tremblais de tout mon corps. Mais j’ai retenu une chose importante; Pascal a dit qu’il ne voulait pas se séparer de moi. Il ne supporterait pas de me voir avec quelqu’un d’autre. Thomas lui a rappelé qu’un moment donné, il devra bien faire un choix. Pascal s’y refuse.
Thomas lui a dit que c’était vachement égoïste, parce que si ça devenait sérieux avec cette fille (Manuella), j’en souffrirais. Le pire c’est que je ne m’y attends pas du tout et que je lui faisais aveuglément confiance. Pascal a dit que j’avais raison de lui faire confiance, parce qu’il m’aimait. Thomas trouve qu’il a une étrange façon d’aimer! Tromper, ce n’était pas aimer.
Le natel à Pascal s’est mis à sonner. Je constate qu’il a mis un son spécial pour Manuella! Thomas allait sortir, alors Pascal est descendu.
Manuella devait certainement insister pour le voir, parce qu’il lui a raconté mon programme. (Putain, ça m’a sortir de la fumée des oreilles). Bref, qu’il ne savait pas si je venais ou pas. Elle avait dû vouloir venir chez lui, parce qu’il a dit que je risquais de débarquer et que ce n’était pas une bonne idée.
Pascal n’avait pas l’air de vouloir sortir, mais plutôt de rester tranquillement à la maison à m’attendre. Il était persuadé que j’allais me pointer sans l’avertir, alors il voulait rester là. Il lui a dit que ça aurait le mérite de me rassurer, et qu’il serait plus libre. Le salaud.
Il me semblait que Manuella continuait à insister pour le voir, parce qu’il lui disait; "Ecoute, pas ce soir, c’est trop risqué... Bien sûr que j’ai envi de te voir.... Tu me manques aussi... Soit pas triste, je me débrouillerais...". Après une longue discussion, une discussion qui m’a fait réalisé qu’ils se voyaient certainement depuis un petit moment, Pascal lui a dit qu’ils pouvaient se voir un petit moment.
Pascal s’était aussitôt levé pour se diriger vers sa chambre. Probablement pour se changer. J’allais pouvoir en profiter pour m’éclipser et l’appeler pour faire celle qui était en route. Pascal l’avertit qu’il risquait de devoir partir à tout moment, qu’ils ne se verraient peut-être pas très longtemps.
J’étais bleue. Les entendre discuter sur mon dos me retournait l’estomac. Et les jambes qui tremblaient comme des feuilles sous une rafale de vent.
Entendre la voix de Manuella m’a scotchée sur place derrière les rideaux. Je n’ai pas pu m’éclipser. Pascal l’avait mise sur haut parleur pendant qu’il enfilait un pull. Elle avait un rire stupide, et essayait de plaisanter tout en prenant un ton léger pour lui donner des ordres déguisés. Ou peut-être que c’est simplement ma jalousie qui parle!
Elle disait; "C’était horrible de te voir partir ce matin... j’ai eu l’impression d’avoir le coeur brisé". Donc Pascal avait dormi chez elle.
Quelle pétasse! Elle jouait sur sa corde sensible. Je fulminais. Il fallait que je fasse quelque chose, mais quoi? Comment faire? C’aurait dû être avec moi que Pascal parle de ses plans avec elle, et non le contraire. C’est ce qui me faisait bouillir de rage. C’était moi sa confidente, pas elle. Comment avait-il pu me trahir si fort?
Pour ne pas me laisser emporter par les larmes et la colère, je me répétais qu’il ne voulait pas qu’on se sépare! J’essayais de me convaincre que malgré tout, malgré tout ça, il m’aimait quand même. Et je devais me le répéter plusieurs fois de suite pour ne pas tomber au fond du puits de déprime qui me tendait les bras.
J’étais coincée. Je ne pouvais pas sortir avant lui. Alors j’ai dû attendre que Pascal s’en aille, pour sortir de ma cachette et l’appeler. Hum... le rat... maintenant que j’y pense... Et Pascal s'est lancé dans une suite de prétexte pour ne pas rentrer tout de suite! Je suis sûre qu'il regrettais de m'avoir répondu du coup!
Il a dit qu’ils allaient prendre un verre qu’il-ne-savait-où. Il suivait. Alors il ne pouvait pas juste partir sans les avertir. Qu’il ne ferait pas longtemps. Pour l’emmerder dans son petit planning, juste parce que je savais qu’il mentait; il voulait avoir le temps d’aller chez l’autre, passer un moment avec elle, et ensuite venir comme si de rien, me retrouver. Hum... pas question.
Je lui ai dis qu’alors, j’étais en route, dès qu’il arriverait, qu’il m’appelle et je le rejoindrais. Le silence qui a suivi a été édifiante. Pascal était emmerdé. Il m’a dit que ça ne valait pas la peine, qu’il rentrerait vite. D’une voix douce et joyeuse, je lui ai dis qu’il n’avait pas besoin de stresser, il avait eu envi de sortir, donc, on pouvait très bien traîner avec ses copains, ça m’allait aussi. L’essentiel, c’était d’être ensemble.
Encore plus emmerdé, il a dit qu’ils étaient entre mecs. Hihihi, il me prend vraiment pour une gourde! J’ai su qu’il ne roulait plus. Il s’était arrêté. Pour le titiller encore; je lui ai fais la réflexion et j’ai demandé donc où ils étaient.
N’ayant plus d’excuses, Pascal a dit qu’il s’était effectivement arrêté et qu’il avait l’intention de faire demi tour pour rentrer. Il allait laisser un message à Jonas. Moi; "Non, sérieux, y a pas besoin. Tu sais bien que ça ne me gêne pas que vous soyez entre mecs. Je pense pas que ça les dérangera que je sois là, si?". Pascal était tendu, je pouvais l’entendre dans sa voix. Hum!
Tout gentil, il m’a dit qu’il serait à la maison dans moins de 30 minutes, alors on se retrouve là-bas. Encore pour l’embêter un petit peu plus dans ses mensonges, j’ai voulu qu’il reste en ligne pendant le trajet.
Chaque fois que je sentais qu’il voulait raccrocher, je prenais ma voix de chatte, douce et gentille pour lui demander de ne pas raccrocher.
Je savais qu’il utilisait la main libre dans la voiture, donc il ne pouvait pas prétendre avoir besoin de ses mains pour conduire.
Pour finir, j’ai arrêté de le torturer, en acceptant de raccrocher et de le retrouver à la maison. 10 minutes plus tard, je l’ai regardé passer devant moi en voiture. Il ne m’a pas vue parquée dans l’ombre des bosquets de la première maison du chemin qui menait chez lui.
J’ai attendu encore une bonne trentaines de minutes avant de me pointer chez lui. Il était encore au téléphone. Ce n’était pas avec moi, alors je devinais que c’était avec elle. J’avais une boule au fond de l’estomac. J’ai dû me répéter encore; "Pascal ne veut pas qu’on se sépare, donc il m’aime. Il s’amuse avec elle. Il m'aime moi, pas elle".