135/2015 - Golden Silence!
Vendredi - 15 mai 2015 - 135/2015 - Golden Silence!
Thomas lui a envoyé un message pour lui demander ce qu’il allait faire quant j’apprendrais ce qui se passe avec cette fille. Apparement, leur conversation avait eu un impact sur Thomas. Sur moi aussi, mais personne ne devait le savoir. Ça le travaillait, et même si Thomas était dans une soirée, il continuait à y penser. Pascal lui a répondu que je ne l’apprendrais jamais. Hum! S’il savait!
Peut-être à cause du message de Thomas, ou peut-être même la conversation, Pascal a été adorable. Toutefois, le souvenir du fait qu’il avait essayé quand même de la voir quant je l’ai appelé, me laissait un goût amer. J’ai dû me rappeler ma phrase miracle pour ne pas m’effondrer ou péter un câble et tout lui déballer.
Pascal aurait pu prendre congé aujourd’hui, mais il a préféré garder son congé pour une autre fois. Ce matin donc, je me suis levée en même temps que lui pour qu’on prenne le café ensemble avant qu’il parte au boulot et moi à la maison. Malgré une fin de soirée adorable, j’ai mal dormi et j’avais toujours la boule à l’estomac à mon réveil. Je me sentais désespérément triste. Pour la façade, je gardais pourtant le sourire.
J’étais contente de rentrer. Je croyais pouvoir en profiter pour me reposer et réfléchir un peu. Mais que néni; ma soeur a appelé pour me proposer de jouer aux cartes. Je ne suis rentrée qu’à 21h30. Pendant la partie, je n’ai pas regarder mon natel, qui était presque en rade, il me restait 10% de batterie.
A la maison, j’ai vu les messages de Pascal; rendez-vous à 20h chez lui pour souper... Je l’ai aussitôt rappelé.
Pascal était encore à la maison. En fait, ils étaient chez Thomas en pré-soirée. Je devais me changer et tout, donc je savais que je ne pourrais pas être là-bas avant 22h30, voir 23h. Et seulement si j’étais extrêmement rapide, ce que je ne suis pas. J’ai tendance à traîner, boutiquer ceci ou cela, tripoter mon ordi, etc.
J’aurai voulu que Pascal reste chez lui à m’attendre pour sortir. Il proposait au contraire que j’aille le rejoindre. Entrer dans un bar toute seule, j’aime pas trop. J’aurai pu demander à Caro de m’attendre, mais je préférais qu’elle surveille Pascal. Pffff... Que c’était compliqué!
Depuis plus de 2ans, les choses vont de mal en pire entre Pascal et moi... Je me demande si... ça vaut le coup de continuer! Mais c’était une pensée fugace.
Désolant, mais Pascal a faussé compagnie à l’équipe juste après mon coup de fils. Je devine où il a été! Je ne pouvais rien y faire, et je ne l’ai su qu’après coup. Stupide, j’aurai dû m’en douter. Le ventre en vrac, je l’ai averti par sms de mon départ.
Pour se couvrir sans doute, il m’a demandé si je ne préférais pas qu’on se retrouve chez lui pour passer une soirée tranquille. Grrrh, il rêve ou quoi? J’aurai passé 1h à me préparer pour rentrer se flanquer en training chez lui? Quoique, vu on humeur... Je n’avais pas la frite et je sentais d’avance que j’allais passer une soirée de merde à me forcer à faire semblant d’aller bien.
Pascal m’attendait dehors devant le Bar. Il a prétendu que lui et Paul avait été prendre un verre ailleurs pour discuter plus au calme. Quel menteur! Là, j’ai su qu’il y avait anguilles sous roche! J’ai réussi à sourire, à le laisser m’embrasser et j’ai dis: «Je t’adore Babe et j’ai confiance en toi». Ça l’a fait tiquer, je l’ai senti se raidir sur place. Je ne sais pas pourquoi j’ai dis ça, ou peut-être était-ce justement parce que je ne lui faisais pas confiance.
En entrant dans le bar, j’ai vu qu’elle était là. C’était comme si une main pressait sur ma poitrine. Fureur, tristesse, désespoir, tout était mélangé. Elle était peut-être venue avec lui, et ça me donnait la furieuse envie de le mordre. De le mordre ce bras autour de mes épaules jusqu’au sang.
Etrangement, Pascal était tout attentif, tout adorable, gentil et me couvrait d’attention. C’était presque comme s’il se sentait coupable. Puis je me suis rappelée de ma phrase! C’était ça. C’était cette phrase qui l’avait culpabilisé, depuis ce moment là, on aurait dit qu’il essayait de se racheter.
J’ai remarqué qu’il a évité de regarder en direction de Manuella, ce qui m’a fait un tout petit peu plaisir. Mais, impossible d’effacer qu’il l’avait vu avant. Il faisait tout pour la voir, pour passer un moment avec elle. Et elle, elle était ici pourquoi? Pour lui voler quelques sourires, quelques regards? Je bouillais de l’intérieur, tout en arborant mon sourire «click-clack-kodak».
Réalisant qu’elle ne le quittait pas des yeux, et qu’elle le fixait d’un air réprobateur devant ses marques de tendresses envers moi, j’en ai profité. Peut-être que je n’aurai pas dû, mais ça atténuait ma douleur. J’ai répondu à ses gestes de tendresses, à ses bisous et baisers, plus je la voyais tiquer.
Manuella ne devait plus rien comprendre. Ils s’étaient vu quelques instants auparavant, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes pour elle. Elle devait jubiler de la distance qu’il mettait entre nous, surtout quant elle était là. Comme une chatte jouant avec sa souris, elle devait papillonner de le voir me faire souffrir, et là, paf, rien. Au contraire, il était adorable et me couvrait de câlins.
C’est peut-être ce qui l’a fait s’approcher du groupe. Elle discutait avec Jonas qu’elle connaissait à 2 pas de nous. Pascal continuait toujours à faire comme s’il ne l’a connaissait pas. Quel comédien! Elle lui lançait quelques oeillades, mais il l’ignorait. Peut-être parce qu’il n’aurait pas su comment justifier son attitude?
Après avoir discuté avec Jonas une vingtaine de minute, au moment de partir, Manuella a tapoté Pascal sur le bras pour le forcer à se tourner vers elle. J’ai réalisé qu’elle était plus grande que moi d’une bonne tête. Ce devait être les talons. En lui faisant la bise, elle lui a murmuré un truc à l’oreille.
Embarrassé et rouge, Pascal lui a fait la bise. Sans sourire. Même un peu étonné. Je pense qu’il s’attendait à ce que je lui demande qui c’était. Ce qui aurait mis en péril le côté secret de leur relation. Alors je n’en ai rien fait, j’ai détourné la tête et fait semblant que je n’avais rien remarqué.
Mon regard a croisé celui de Caro. Elle a froncé les sourcils et penché la tête, l’air de dire "Alors? C’est tout? Pourquoi tu ne fais rien?". Elle ne pouvait pas comprendre. C'était le mieux à faire.
Manuella est partie, mais elle a fait demi-tour pour re-tapoter le bras de Pascal. Cette fois, elle lui a demandé s’il pouvait l’accompagner prendre son taxi. C'est fou ce que les filles sont culotées de nos jours!
Pascal est resté interdit un petit moment, ne sachant pas comment réagir. Se demandant surement pourquoi elle prenait le risque que je découvre le pot-aux-roses. Il a bredouillé quelque chose que je n’ai pas saisi. Difficile de garder la tête détournée, cette fois c’était assez évident.
Jonas s’est immédiatement porté à son secours et a proposé de l’accompagner. Il pourrait s’en fumer une en même temps. Manuella pestait intérieurement. Elle ne pouvait pas insister sans que ça paraisse étrange. Elle est donc partie avec Jonas en fusillant Pascal des yeux. Evidement, j’ai fait comme si je n’avais pas remarqué.
Pascal était mal à l’aise, embarrassé. Après avoir violemment rougi, maintenant, malgré la lumière tamisée, Pascal était tout pâle. Son natel s’est mis à vibrer et il l’a discrètement coupé.
C’était trop pour moi. J’avais les joues en feu, qui picotait et une grosse crise de chaleur. J’ai murmuré à l’oreille d’un Pascal paniqué qu’on pouvait rentrer quant il voulait, j’en avais assez. Il me tenait la main et il a serré mes doigts, puis petit bisou dans la paume; il était d’accord. Il en avait assez lui aussi.
On était en train de faire la bise avant de filer quant Jonas est revenu. Il a voulu parler à Pascal, seul à seul. J’ai devais donc l’attendre. Je suis sortie et j’ai marché jusqu’à la voiture. Pascal m’avait donné ses clés, alors j’ai grimpé dans son 4x4. En m’installant, j’ai vu Manuella.
Elle n’était donc pas partie? Est-ce que c’était ce que Jonas voulait lui dire? Qu’elle l’attendait dehors? Il n’osera pas aller vers elle, sachant que je suis dans sa voiture. Donc avec vue droit devant! J’ai surveillé sa sortie dans le rétro. Je l’ai vu sortir, la regarder et se diriger en courant vers la voiture.
Pascal m’a souri et s’est penché pour m’embrasser sur la joue et on est parti... Je me demande si c’était pour lui signifier quelque chose. En passant près d’elle, Pascal l’a ignorée se concentrant sur la circulation. Moi, je l’ai regardée bien en face. Nos regards se sont vissés.. Elle sait maintenant que je sais. Pas de doute là dessus.
Je suis sûre qu’elle le dira à Pascal. Pascal ne la croira pas. Pour lui, j’ignore toujours tout. Ma décision a été prise à ce moment là, je continuerais à faire semblant de ne rien savoir. Gare à Caro si elle parle!