136/2015 - Qu il me parle d elle?
Samedi - 16 mai 2015 - 136/2015 - Qu’il me parle d’elle?
Pascal avait envi qu’on file quelque part ailleurs samedi et dimanche. C’était tentant. Moi j’ai pensé qu’il pensait prendre un avion pour aller par exemple à Paris, et je me suis dis que ça n’en valait pas la peine. On passerait la moitié du temps dans les aéroports et avions. Mais, il pensait prendre la voiture et filer dans une autre ville.
Hum, pour ça il faudrait que je rentre préparer un sac ou quelque chose. Je n’avais pas assez d’affaires chez lui. Il m’a laissé réfléchir à l’idée pendant qu’il prenait sa douche.
En le regardant partir en direction de sa chambre, j’ai tout à coup pensé que c’était bizarre; il aurait pu y penser avant et on serait parti déjà le vendredi soir, au lieu d’aller traîner en ville. Manuella!
J’ai sauté sur son natel. Il y avait des douzaines d’appels en absence et messages. A la lecture des premiers messages, j’ai compris. Manuella voulait le voir, lui parler. Elle voulait passer chez lui...
Pascal avait éteint son natel, alors il n’avait pas pu le savoir. Il s’en doutait? Donc voilà pourquoi il voulait qu’on prenne la poudre d’escampettes! Elle n’avait pas supporté de nous voir ensemble, de le voir si câlin, ni l’idée de ne pas le voir de tout le week-end.
Ça je l’avais compris à la tête qu’elle faisait quant elle est partie.
Je la trouvais tout de même gonflée, c’est tout de même mon petit ami, pas le sien! Donc de quel droit espérait-elle qu’il me délaisse pour ses beaux yeux? Connasse. J’ai éteint son natel comme il l’avait laissé. Avant de l’éteindre, Manuella lui avait envoyé un message pour dire qu’elle venait chez lui. Qu’elle était presque arrivée.
Pour accéder un poil à sa demande, et pour qu’il se sente libre, je l’ai invité chez moi. Cette garce ne saurait donc pas où nous trouver. Comme elle était presque là, au lieu d’aller prendre une douche, j’ai dis à Pascal que j’allais chez Caro, qu’elle était déprimée, et j’ai filé. Je ne voulais pas donner à cette fille l’occasion de me mettre devant le fait accompli, ni lui donner l’occasion de me jeter leurs liaisons à la figure.
Un peu étonné, Pascal m’a regardé depuis le pas de la porte courir en direction de chez Caro. Dès que j’ai tourné le coin, je lui ai envoyé un message pour qu’elle soit au courant qu’elle était mon alibi. Elle était rentrée droit après nous, donc elle était à la maison. Elle a aisément deviné que j’étais en mission et voulait en faire partie. Je lui ai donc dis de me retrouver chez Thomas.
Pourvu que Thomas n’ait pas la mauvaise idée de rentrer plus tôt. Je ne voulais pas que Caro sache où était cachée la clé de réserve, alors j’ai longé en courant la haie pour retourner vers la maison, et je suis montée. J’attendrais Caro en haut.
J’ai eu peur que l’autre conne arrive pendant mon petit trajet de Ninja et que je rate le début du spectacle. Pascal avait allumé son natel et parcourait ses messages. Je l’ai vu secouer la tête, et s’est mis à surveiller le devant de la maison. Donc pas le côté jardin-plage. Je me suis donc glissée en haut et j’ai entre-ouvert la porte de séparation.
Pascal a appelé cette fille au téléphone, il ne voulait pas qu’elle vienne chez lui. J’étais là. Apparemment, elle s’énervait. Pascal ne disait pas grand chose, il lui répétait seulement de ne pas venir chez lui. A bout de nerf, mais pourtant calme, Pascal lui a dit que si elle faisait des histoires avec moi... Il n’a pas eu le temps de terminer sa phrase qu’elle était à la porte.
Manuella a été surprise de ne pas me trouver là. Pascal n'avait pas voulu qu'elle vienne, parce que j'étais là? J’ai aussitôt envoyé un message à Pascal pour lui dire que je restais un petit moment de plus avec Caro. Je crevais d’envie de pointer mon nez pour voir ce qui se passait en bas. Mais, c’était mieux pas. Caro était arrivée. Dans le noir, on était aux aguets.
- Manuella, je t’ai dis de ne pas venir ici. Si Jane avait été ici hein?
- Où est-elle? Tu as dis qu’elle était là, c’est pas vrai. Tu ne voulais pas me voir?
- Tu ne peux pas rester ici, rentre. Jane n’est pas loin, elle a été chez une copine qui habite à côté. Va-t-en je t’en prie.
- Est-ce que tu lui as dis pour nous?
Pascal n’a rien répondu.
- Tu lui as dis? Non, je ne crois pas. Pourquoi tu étais si vache ce soir. J’ai vu comment tu étais avec elle. A moins que... Elle...
- Elle ne sait rien.
- Moi, je t'assure qu'elle sait.
- Non.
Petit silence. Je me suis demandé ce qu’ils faisaient. Avec Caro, on était debout tout contre la porte et ne perdait rien de ce qui se disait en bas.
- Je te dis qu’elle sait. Quant vous avez quitté le parking, elle m’avait vue, et elle m’a regardé droit dans les yeux, et j’ai compris qu’elle savait. C’est peut-être un de tes potes qui lui a dit.
- Je sais que non. Aucun de mes potes ne ferait ça. Ecoute Manuella, rentre chez toi, je t’appellerai demain. Je ne veux pas d’histoires avec Jane ok.
- Dis lui, tu verras, elle sait déjà tout.
- Pas question.
Silence.
- Quant est-ce que tu vas lui parler de moi?
Encore un long silence.
- Je ne sais pas.
- Tu vas lui parler de nous?
Encore un silence.
- Je n’en sais rien.
- Tu es fâché que je sois venue, mais il faudra bien que tu lui parles. On ne peut pas continuer comme ça. Je croyais qu’il n’y avait plus rien entre vous, mais ce soir, à te voir tout le temps à l’embrasser, lui tenir la main... et la manière que tu la regardais... je sais pas... c’était... Pascal, ne joues pas avec mes sentiments. Ça m’a fait trop mal ce soir.
Un hoquet, puis le silence. On a entendu des bruits de pleurs. A travers ses larmes, elle lui disait qu’il lui faisait de la peine, qu’il était juste fâché, mais qu’elle avait eu besoin de le voir, mais qu’elle le regrettait parce qu’il était froid.
Elle répétait; "je sais que t’es fâché parce que tu ne voulais pas que je vienne, mais tu me manques et j’ai été blessée de voir comment tu étais avec elle. T’es juste fâché". Elle aurait voulu qu’il la prenne dans ses bras, au lieu de lui tourner le dos. Pascal devait surveiller le jardin pour me voir arrive. Elle pensait qu'il n'y avait plus rien entre Pascal et moi? Pouffe.
Je lui ai envoyé un message pour dire que j’arrivais, qu’il me laisse 10 petites minutes.
- Tu savais pour ma copine. Je croyais qu’on était d’accord de rester discret, aucune attache. Ecoute Manuella, on ne peut pas discuter de ça maintenant, je veux que tu partes, maintenant.
- Oui, mais... les choses ont changés, on s’aime, on ne peut pas... Il est peut-être temps que tu lui parles, non?
- Ou peut-être temps qu’on arrête de se voir.
Elle a compris que ça ne servait à rien et s’est enfin décidée à partir. Hum, si Pascal restait à la porte ou à la fenêtre, je n’allais pas pouvoir sortir de chez Thom! Comment faire pour m’assurer qu’il ne soit pas en train de surveiller les extérieurs? Je parie qu’il avait son natel sur lui.
Caroline a donc choisi de l’appeler pour lui demander si elle pouvait venir passer la soirée avec nous. Je suis sortie par devant, et je suis remontée par l’allée qu’emprunte les voitures. Je lui dirais que je n’avais pas osé passer par bord du lac. Trop sombre.
On a un peu parlé de Caro. J’ai prétendu qu’elle n’avait pas la frite, et Pascal a dit qu’elle l’avait appelé après mon départ. Elle voulait savoir si elle pouvait venir. On a aussi parlé d’aller chez moi. Pascal avait semblé pour avant le passage de Manuella, maintenant que l’alerte était passée, il n’avait pas l’air de vouloir bouger.
Il était un peu tard pour des visites, mais j’avais utilisé Caro tout à l’heure, je ne pouvais pas lui fermer la porte. Je l’ai appelée et on a discuter. Oui, il était tard, on était raide, on allait se coucher, alors on pouvait remettre ça à demain soir.
Hahhh Caro! D’une petite voix, elle m’a demandé si ça m’embêterait beaucoup si elle pouvait venir dormir chez Pascal. Qu’elle pourrait dormir dans la chambre d’amis, qu’elle ne voulait juste pas être seule.
Moi, ça m’embêtait... Alors je lui ai dis de venir demain matin et qu’on déjeunerait ensemble. Qu’elle pouvait même rester là la journée si Pascal était d’accord. Un coup d’oeil en direction de Pascal pour avoir son accord, il a haussé les épaules, et c’était bouclé.
Puis changement de programme 5 minutes après... Pascal m’a lancé un petit regard coquin et a rappelé Caroline pour l’inviter à venir dormir ici. Ok, j’ai compris!
10 minutes après, elle était là. Elle avait mis des dessous sexy et tout, et moi, ben, je n’avais que mes sous-vêtements standards. On a fêté nos "retrouvailles" jusqu’aux premières heures du matin. Pas beaucoup dormi. Pascal s’est levé vers midi je crois, et il a été faire un jogging tout seul.
Caro s’est levée avec l’idée de préparer le déjeuner. Pour Pascal. Alors, malgré la tête dans les pieds, je me suis forcée à sortir du lit pour le faire. Ce n’était pas son rôle, mais le mien. Je ne voulais pas qu’elle fasse comme si elle était chez elle. Wow!
Pascal nous a fait un bisou sur le front à l’une comme à l’autre avant de filer prendre une douche. Hum, il aurait pu faire une différence je trouve! J’aurai voulu dire à Caro de rentrer, pour passer la journée avec Pascal, mais je ne savais pas comment. Elle aurait pu le prendre mal après la nuit qu’on avait passé.
J’ai remarqué que ses gestes, sa manière d’être dans l’intimité avaient changés. Pascal était moins distant avec Caro, plus... plus comme avec moi. Ça m’a travaillé. Il l’a même pris contre lui pour dormir.
Ils se sont amusés encore un moment alors que, crevée, je me suis endormie presque aussitôt, en leur tournant le dos, en position foetal. Je me rappelle vaguement qu’il ait passé son bras sous ma tête pour me coller à lui. Dérangée dans mon sommeil, j’ai tourné la tête, Caroline était lovée au creux de ses bras et il l’a embrassée sur la tête et s’est tourné vers moi, mais j’étais retombée dans ma position initiale.
J’étais partie. J’avais juste noté au passage, rien de plus.
Samedi, il faisait un temps de merde. Pluie, gris, froid. Pascal a eu l’idée de faire un petit feu dans la cheminée. C’était cool. Thomas est descendu en fin de journée, pour voir s’il traînait encore quelque chose à manger. Je lui ai fait une omelette avec des patates grillés et quelques saucisses.
Je lui ai tenu compagnie au bar pendant qu’il mangeait en avalant mon x-ième café. J’avais toujours la tête dans la vase et encore super sommeil. Pascal et Pascal bavardait en riant étalé sur le canapé du salon. Thomas nous observait tour à tour. Oui, je devinais qu’il se posait des questions, mais il les a gardés pour lui.
Il a parlé de la sortie de ce soir, mais on était pas tellement chaud pour sortir. En tous cas, moi, pas encore, j’étais naze et incapable de programmer à l’avance. J’étais plutôt tentée par une soirée télé tranquille au coin du feu. Je crois que Pascal était dans le même trip.
Surtout... je voulais éviter de croiser la miss ce soir... Hum, je me suis aussi demandée si Pascal et Caro n'avait pas déjà comploté pour l'autre soir!? Je me suis peut-être faite piégée?