137/2015 - Vivre heureux, vivre caché!

Publié le par JaneDo


Dimanche - 17 mai 2015 - 137/2015 - Vivre heureux, vivre caché!

Le temps était aussi maussade que le jour précédent. On avait même droit à de la pluie. Aucune envie d’aller se faire tremper ou geler les fesses dehors. Paul a débarqué en milieu d’après-midi. Bon, j’aurai aimé lire dans mon coin, au moins un petit moment, mais, avec Caroline là, impossible.

Pascal, Thomas et Paul ont été boutiquer dans le garage. Caroline brillait de bonheur. Il se trouve qu’elle est alors extrêmement bavarde, rit pour un rien et papillonne dans tous les coins. Moi au contraire, l’amour me rend silencieuse. Hum, j’avais envie de lui dire de la fermer, même si elle me tapait sur les nerfs, je ne pouvais franchement pas faire ça. Elle semblait si heureuse.

Huh... peut-être à mes dépens?

Hier soir, Pascal avait accueilli Caroline à la porte. J’étais dans la cuisine en train de ranger. Est-ce que c’aurait changé quelque chose si je l’avais vu venir? Je ne crois pas. Tout en est-il qu’elle avait des dessous sexy sous un manteau, et portait en bandoulière un sac à dos avec des affaires. Ils ont échangés quelques mots; Pascal lui a dit qu’elle le connaissait bien avec un petit sourire qui en disait long.

Il l’a tirée à l’intérieur en passant son bras autour de sa taille. Elle riait d’un petit rire cristallin. Cramponné l’un a l’autre, dans une sorte de ballet de pieuvre, reliés par leurs lèvres, ils ont glissés de la porte à travers le salon, en laissant des parties de vêtements sur leur parcours jusqu’à la chambre. Pascal m’a lancé une sorte de regard entendu.

Il a compris que je préférais continuer ce que je faisais, qu’ils avaient un moment d’intimité. Il comprenait que je comprenais. Me remerciait de ses yeux rieurs et coquins.

C’est bizarre que je n’éprouvais pas la même jalousie brulante quant il s’agissait de Caroline que quant il s’agissait d’une autre femme. Peut-être parce que c’était en ma présence. Et pas en cachette. Pascal pouvait être lui-même. Je pensais à tout ça en finissante et en rangeant la vaisselle. La porte de la chambre n’était pas fermé, alors je les entendais.

Le rythme, les soupirs, les pauses, la fin de la première séance, la reprise de la 2ème... Je ne savais pas si j’avais ou non envie de les rejoindre. Si j’avais envie de partager, ou partager mon moment d’intimité. Finalement, j’ai cédé à ma passion, à l’appel de mes sens.

Oui... Caroline rayonnait... Moi, j’avais l’air crevée...

J’ai fini par dire à Caro que j’avais envie de lire, profiter du coin du feu. Hum, qu’elle parlait trop. Même ça, elle l’a pris en riant. Elle m’a donc laissée au salon et est descendue rejoindre les garçons au garage. Je me suis plongée avec bonheur dans mon livre, bercée par la douce chaleur de la cheminée.

C’est Pascal qui nous a fait à manger. Je suis restée à lire sur le canapé près du feu, alors que Caroline tournait autour de Pascal à la cuisine, comme un petit papillon. Elle l’entourait de ses bras, posait sa tête contre son dos, lui faisait de petits bisous par-ci, par-là, dans le dos, sur le bras, lui demandait des bisous s’il avait l’air distrait et oubliait de lui rendre ses bisous.

Nous nous sommes larvé, Pascal et moi, devant la télé avant que les choses ne dégénères et qu'on se retrouve à l’horizontale...

Pascal avait demandé à Caroline de rentrer. Je n’ai pas assisté à la conversation, mais tout en est-il qu’après le souper, elle est partie d’elle-même. Pascal était un amour, d’une tendresse extrême. Il y avait de la reconnaissance dans tout ça, et j’ai apprécié.

On s'était peut-être caché tout le week-end, mais on dit bien; pour vivre heureux, vivons caché! Et j'ai aimé mon week-end.

On avait bien fait de ne pas aller traîner dans les bars ce week-end, évité de croiser cette Manuella. Cela aurait gâché mon week-end, parce que j’aurai passé mon temps à observer Pascal du coin de l’oeil. J’aurai cherché des sens caché dans tout ce qu’il aurait dit, cherché les codes qu’il aurait pu échangé avec cette nana. C’aurait été assez pénible, je ne me serais pas amusée.

Manuella avait laissé quelques messages écrits, et plusieurs messages vocaux que j'ai écouté sans gêne. J'en ai effacé quelques uns. "Tu me manque, j'espère que je te manque aussi, hahaha. Je n'arrête pas de penser à toi. I love you". Son accent en anglais est horrible et je trouve qu'elle a un rire stupide! Un rire de truie.


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