148 - C'était dit; Pascal est avec Caroline!
Le matin, je suis allée prendre le café chez ma sœur et des papiers dont j’avais besoin pour Mirko. Dans la journée, j’ai beaucoup travaillé.
Jeudi soir, je suis sortie avec l’espoir de voir Pascal. Je ne tenais plus. J’espérais qu’on trouverait le moyen de se parler un peu. Bien sûr, j’étais complètement angoissée. Évidemment, des tonnes d’idées farfelues me parasitais le cerveau; il ne voudrait peut-être pas me parler, c’était trop tard, il était amoureux de Caroline maintenant, il chercherait des tonnes d’excuses pour m’éviter... Bref, je balisais à fond!
Tout valait mieux que de penser à voir Pascal dans la soirée, pour essayer de lui parler, parce que ça, ça me faisait transpirer.
Comment Pascal faisait-il pour tenir? Probablement que ses sentiments n’étaient pas aussi fort que les miens? Berk, je déteste l’idée d’être la seule à aimer; un sens unique quoi. A cran, je me suis préparée, prête à jeter l’éponge et faire marche arrière à chaque seconde et rester chez moi.
Malheureusement pour moi, après avoir trouvé la force de me propulser dehors, Pascal n’était visible nulle part. Il n’était pas sorti. Poisse.
J’ai donc rejoins mes potes et me suis donnée la peine de paraître détendue et bien. Mais, j’ai passé la soirée à surveiller la porte. Mes potes étaient déjà au courant pour Pascal et Caroline aussi. Fred m’a demandé si ça allait. Résolue à ne rien montrer, j’ai proposé une assez bonne image d’une personne qui va bien, pourtant j’étais au bord des larmes, le trac me barrait la tête, et je tremblais. Mais bon, rien qu’1 ou 2 verres de vodka on the rocks ne pouvaient arranger.
Thomas et sa bande était là, affublé de Caroline, mais pas de Pascal. J’espérais voir Pascal se pointer, mais rien. Même Jess était de sortie. Décidément, Pascal m’évitait à tout prix!
Caroline a passé le plus clair de son temps à me regarder de hauts avec un petit air supérieur et satisfait que je me promettais de lui faire avaler un de ces quatre. Pétasse. Mais, il n’y avait pas photo, elle rayonnait. Elle avait l’air heureuse et épanouie, ce qui m’a fichu un tourbillon désagréable dans le bas ventre.
Que pouvait bien faire Pascal ce soir? Pourquoi n’était-il pas là? Est-ce qu’il pensait à moi? Pffff, probablement pas.
Jess est venue bavardé vers moi. Elle m’a taquinée pour avoir annulé le rendez-vous avec elle d’hier soir. Elle devinait que j’avais voulu l’éviter après le coup de la cassette vidéo (ben dis?!!), mais elle m’assurait qu’elle n’avait pas pensé à mal. Elle ne savait pas ce que Pascal me racontait, mais elle voulait juste que je sache qu’il tenait à elle aussi. Jess disait regretter si elle m’avait fait de la peine et causé notre rupture. (Ben voyons!)
Je l’ai immédiatement détrompée, Pascal et moi n’avions pas rompu à cause de la vidéo. En fait, Pascal avait déjà rompu avant ça. Jess m’a dit qu’elle était désolée. Je ne suis pas sûre qu’elle l’était.
Jess tenait toujours beaucoup à Pascal et m’a avoué avoir tout fait pour le rapprocher de Caroline. Je me suis mordue la langue pour ne rien dire malgré les petits picotements de rage. Je me demandais comment elle pouvait avoir le culot de me lancer ça à la figure. Mais bon, faut pas chercher, à quoi ça me servait de commencer à la décrypter. Elle avait fait ça pour montrer à Pascal qu’elle l’aimait et ferait n’importe quoi pour le récupérer. Je lui ai demandé si elle ne sortait pas avec Ethan, et elle m’a avoué que oui, mais seulement parce que Pascal était pris ailleurs. Elle n’avait pas l’âme d’un martyre (moi non plus) et avait pensé aussi que ça le rendrait jaloux, mais au lieu de ça, il avait paru soulagé.
Glups, peut-être que Pascal avait finalement été soulagé que je sois avec Layne pour lui laisser le champ libre. Brrrrrr, stop-stop-stop, ça ne me réussissait pas des masses de réfléchir ces temps moi.
La fille qui fait du basket dans l’équipe féminine du même club que Pascal et Thomas, que j’avais vue à plusieurs reprises avec les garçons, est venue se joindre à nous. Elle m’avait l’air sympa. A un moment de la discussion, elle a voulu si ça nous intéressait de rejoindre son équipe. Si j’aimais jouer, c’était pour le fun, mais je n’étais pas géniale. De plus, la rigueur des entraînements ne me convenait pas du tout. Je n’aime pas les obligations. Jess de son côté voulait y réfléchir et voir ça avec Pascal. Ciel, chaque fois que j’entendais prononcer son nom, je flippais.
Je me suis demandée si je n’aurais pas dû accepter, question d’être, d’une certaine manière, près de Pascal. Caroline avait bien trouvé du boulot chez PM pour approcher Pascal, et ça ne semblait pas avoir été une si mauvaise idée. Ça lui avait plutôt bien réussi... grrrr. Mais non, je n’arriverais jamais à suivre les entraînements sérieusement.
Finalement, comme Jess et Caroline étaient présente, Pascal, lui, devait être seul et que j’avais une chance de pouvoir le voir. Là-dessus, j’ai prétendu avoir trop bu et ne pas me sentir bien, et je me suis éclipsée discrètement.
Mon pouls en folie, j’ai foncé chez Jess, anciennement chez Pascal. J’ai dû attendre un peu que les battements de mon coeur ralentissent avant d’oser sonner chez lui.
- Jane??? Tu n’aurais pas dû venir ici.
- J’avais des tas de choses à te dire et à te demander. Et maintenant que je suis là, je ne me rappelle plus de rien.
- Tu n’aurais pas dû venir Jane. Ne me fais pas ça. A moins que... Tu es toujours avec Layne?
Glups, ça commençait plutôt MAL. C’était dur de le regarder, d’être si prêt de lui sans pouvoir ou oser le toucher et j’avais envie de le toucher.
- Tu devrais rentrer.
- Tu... tu voulais me parler l’autre jour?
Pascal a fait la grimace et ne disait rien. C’était désespérant. Après un moment, qui m’a paru une éternité, il a bredouillé quelque chose, des bouts de phrases ou de mots. Apparemment, il avait de la peine à trouver ses mots.
- C’est que... en... je voulais... je ne sais pas...
- Est-ce que tu peux juste me serrer dans tes bras?
Je l’avais surpris encore. Il me regardait les yeux écarquillés.
- Je ne peux pas faire ça... je... je suis désolé. Tu devrais rentrer. Ça ne sert à rien tout ça. Je t’en prie rentre chez toi. Ne rend pas les choses encore plus difficile pour tous les 2.
Aoutch! Ça m’a fait reculer devant la froideur avec lequel Pascal a dit ça. Il voulait vraiment que je dégage. Je n’avais pas envie de partir, pas avant de savoir ce qu’il en était.
- J’avais envie de te voir. Pas toi?
- Ça ne nous avancera à rien.
- C’est vrai. C’est tellement facile pour toi de me zapper.
- Tu crois ça? Si tu savais... Ce n’est pas aussi facile que tu le crois.
Là-dessus, pour ma plus grande déception, Jess est arrivée. Arf, elle n’aurait pas pu disparaître? Et qu’est-ce qui lui a prit de rentrer si tôt d’abord?
- J’avais bien pensé que je te trouverais ici. Tu te sens mieux?
Grrrr, elle n’avait sans doute pas été dupe de mon petit cinoche. Zut man! Pascal m’a jeté un petit coup d’oeil interrogatoire, hum! J’avais les oreilles écarlates. Heureusement, avec la nuit, il ne pouvait peut-être pas le remarquer. Quoique, avec la lumière qui venait de chez lui.!
- Pascal, tu aurais pu inviter Jane à entrer quand même! Tu ne va quand même pas la laisser dehors. Jane?
Elle me faisait signe d’entrer et je secouais la tête, mal à l’aise. Ciel, je n’avais pas prévu l’arrivée de Jess.
- Jess, laisse nous tu veux, on a à parler.
- Qu’est-ce qu’il y a de plus à dire à part que tu fricote avec Caroline?
Aoutch, ça y était, c’était dit. C’était un coup de massue sur la tête. Pascal m’a jeté un regard embarrassé et désolé, mais à quoi ça servait d’être désolé? Avant de m’écrouler, je préférais partir.
Après avoir marmonné des excuses pour le dérangement, j’ai tourné les talons et j’ai filé comme si j’avais le feu aux fesses. Je tremblais de partout, les jambes en coton et j’étais à 2 doigts de dégueuler sur place. Trop mal.
- Shit. Jane attend...
Pascal m’a rattrapé vers ma voiture. Ça commençait à devenir une habitude.
- Jane, je suis désolé, j’aurais voulu te le dire avant que tu ne l’apprenne par quelqu’un d’autre. Je suis désolé.
Désolé hein? Idiot. Si seulement il ne s'était pas excuser. S’il l’avait nié, j’aurai pu savoir qu’il n’y avait rien de sérieux, mais non, il s’est excusé. Il n’y avait pas grand chose à rajouter. Je ne pouvais rien répondre, j’avais la gorge serré et les larmes coulaient déjà. C’était lamentable, je ne voulais pas qu’il me regarde. Je n’arrivais même pas à enfiler les clefs dans la serrure, je n’y voyais rien. Pascal m’a pris les clefs des mains pour déverrouiller ma voiture tout en essayant de me retourner vers lui. Il voulait voir à quel point ça me faisait mal ou quoi? Quant il a finalement réussi à me tourner vers lui et vu mon visage, surpris, Pascal m’a immédiatement lâchée. Je me suis enfilée illico dans ma voiture et j’ai démarré. Je n’y voyais que dalle, mais juste assez pour partir dignement.
J’ai roulé au hasard, pendant un long moment, la tête vide, anesthésiée. Puis quant je n’ai plus réussi à contenir mes larmes, je me suis arrêtée au bord de la route sur un arrêt de bus, et j’ai pleuré.
En arrivant chez moi, j’avais les yeux bouffis et rouge. J’ai vu la voiture à Pascal et j’ai failli faire demi tour. Mais qu’est-ce qu’il foutait là? Il voulait me rouler dedans ou quoi? C’était vraiment pas le moment.
- Va-t’en.
Je suis rentrée sans me retourner me barricader chez moi. Dans ma tête je lui hurlais; “Va-t'en, dégage, va retrouver ta Caroline.”
Pour être sûr que personne d’autre ne me verrait dans cet état, j’ai envoyé un message à Layne; “Je vais me coucher. STP, ne passe pas ce soir ok. Bisous petit coeur”.
Pascal était parti. Triste. J’aurai préféré qu’il reste, même si je ne voulais pas lui parler. Vraiment, je ne me comprenais pas. S’il tenait à moi, il serait resté? Impossible de dormir, impossible de faire passer la peine, j’ai ruminé toute la nuit. C’était vraiment trop dur.
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C'était dit; Pascal est avec Caroline! (148-jeu-28.mai.09)