150 - Tu me manque!

Publié le par JaneDo


Samedi soir, on se faisait une soirée ciné. Les garçons s’affairaient à installer l’écran. On avait eu plusieurs films à choix, mais c'est  BATMAN, The Dark Knight qui remporta la majorité des votes. D’habitude, j’aime regarder seule les DVDs bien au chaud chez moi. Devoir regarder le regarder en groupe ne me disait pas grand chose. Je ne l’avais pas encore vue. Quant on regarde son film tranquillement chez soi, on peut faire des retours en arrière, des pauses, des promenades frigo et tout. Là, il aurait fallu suivre, peut-être que j’allais aller lire ailleurs.

Avec Layne, c’était comme si on venait de se mettre ensemble, comme si *nous 2* c’était tout frais. On restait pratiquement tout le temps ensemble, à se faire des mamours. Même si j’aimais pas trop ça. Je trouve que ce sont des choses à se réserver en privé, quant on est en groupe, on est entre amis, alors il aurait fallu garder les mamours pour plus tard. Et peut-être que c’était un peu exagéré.

J’avais l’impression que Layne prenait son pieds à torturer Pascal. Comme si Pascal en avait quelque chose à fiche. J’évitais soigneusement Pascal, hors de question que je me retrouve seule avec lui.

Samedi, il faisait beau, tellement beau, avec une légère petite brise, un temps comme j'aime, idéal et parfait. Pendant que les garçons jouait au panier (basket), je me suis aventurée à aller faire un tour avec Maxou. On a fait des grillades en début d’après-midi après une baignade dans la piscine.

Je n’ai pu m’empêcher de remarquer Caroline et Pascal tout le temps scotché ensemble. Il n’avait pas l’air mal du tout lui au moins. Pfff. Ils jouaient dans la piscine, j’ai serré les dents en le voyant la toucher, l’attraper pour lui faire un bouchon. Biarrrk, ça me faisait mal aux yeux. Je crois que de toute façon, Pascal n’osait pas m’approcher, Layne veillait et ne me quittait pas d’une semelle. De toute façon, pour dire quoi, hein? Je me suis replongée dans mon bouquin, après 5mn, j’ai oublié leur présence. C’est une des raisons qui font que j’aime la lecture, ça vous transporte ailleurs. Et ailleurs, en ce moment, j’aime trop fort.

J’avais remarqué les tentatives à Pascal pour m’approcher ou me tirer un sourire. A 2 ou 3 reprises quant ils jouaient au ballon, Pascal a perdu le ballon, comme par hasard vers ma chaise longue!! Je me suis concentrée sur mon bouquin à chaque fois. Je ne voulais pas le regarder, ruisselant d’eau, si beau, les cheveux mouillés, ses yeux verts pétillant de joie... iaaah!! Tout en lisant, je pouvais le voir du coin de l’oeil et pourtant, j’essayais de ne pas. Je le voyais regarder de temps en temps dans ma direction, mais peut-être que ce n’était pas moi qu’il regardait...

Après qu’il ait secoué ses cheveux pour me mouiller, pensant peut-être attirer mon attention ou me faire réagir ou sourire, sans le regarder, j’ai pesté et j’en ai profité pour filer.

Je ne pouvais pas supporter de les voir. C’était difficile de le regarder, tellement à croquer, en caleçon de bain, de la voir se pendre à lui, le toucher, de voir son beau sourire adressé à quelqu’un d’autre. Quant il l’attrapait en passant son bras autour de sa taille, ça me faisait frissonner de jalousie, me rappelant combien j’aimais le contact de sa peau et combien j’aimais sentir ses bras solide autour de moi.

Grrrr. Ne pas regarder, ne pas penser, ne pas sentir, voilà ce qu’il me fallait...

C’était pénible, je n’aurais pas dû venir ce week-end. Si Pascal n’avait pas été là, j’aurai été torturée de ne pas pouvoir le voir et me demandant ce qu’il faisait. D’être là me torturait aussi, je ne pouvais pas supporter de le savoir dans les environs. Finalement, dans les 2 cas, ça faisait mal. Mais à bien y réfléchir, même si c’était une torture, c’était mieux de pouvoir le voir, même si je ne l’approchait pas. Je pouvais me rincer l’oeil de lui sans avoir besoin d’aller me planquer derrière les buissons de son jardin.

En fin d’après-midi, Layne m’a accompagné pour sortir le chien. C’était une petite balade en amoureux.

Ma mousse au chocolat a remporté un franc succès. Je n’y avais pas goûté, il faisait bien trop chaud, pourtant les filles, en particulier, se sont ruées dessus. Pour Layne, je lui ai rajouté de la crème fouettée, Thomas, en riant, m’a accusée de favoritisme alors je lui en ai servi aussi. Pascal en a profité pour demander le même traitement, mais j’ai préféré poser la crème sur la table en lui faisant un petit sourire vague d’excuses.

Plus j’étais collante et toute mielleuse, plus Layne semblait adorer ça, plus il était câlin et me collait aux basques. On a fait une ou deux petites escapades pour être un peu seuls, je me suis aussi accordée de petites siestes entrecoupées de lecture. Ciel, j’étais super raide, j’avais vraiment tout le temps envie de dormir. Je n’aurai jamais cru que Layne était du genre accro à la tendresse, encore une de ces facettes que je découvrais.

C’était de la concentration extrême de ne pas regarder en direction de Pascal, de ne pas regarder ce qu’il faisait, de faire comme s'il n'était pas là, de faire attention de ne pas me retrouver à côté de lui...  Dur, dur!

Après le début du film, je suis sortie sur la terrasse pendant que Max faisait une petite inspections des environs. A peine, avais-je tourné les talons qu’Alexia s’était collée à Layne sur le canapé en posant sa tête sur son épaule.

Max, ce petit fou, a trouvé une saucisse, et s’est empressé de venir me montrer son trophée. Je me battais à essayer de le lui retirer de la bouche, mais rien à faire, il serrait la mâchoire. Pascal est venu à la rescousse. Ça m’a fait rire de le voir raisonner avec le chien. Pendant un petit moment, j’avais oublié, j’avais baissé ma garde. Il riait aussi et son visage souriant m’a flanqué un cafard monstre. Zut, et flûte. Javais failli oublié. Mon sourire s’est évanouie et j’ai repris une mine sérieuse, espérant le voir partir au plus vite. Je les ai laissé pour aller m’asseoir dans le gazebos un peu plus loin, j'avais les palpitations.

  • Tu me fais la tête, n’est-ce pas?

Je n’ai rien répondu et j’évitais même de le regardais. Je regardais au loin. Une petite main méchante me broyait le coeur en entendant sa voix, cette voix que j’adorais, douce et chaude. Iaaak, il devait aussi murmurer des mots d’amour à Caroline, de cette même voix là. Juste ce qu’il me fallait pour ne pas avoir envie de lui parler, alors “ZIP”, j’ai rien dit.

  • Jane, on ne va pas pouvoir s’éviter à vie, non? Tu ne va pas quand même ne plus me parler pour le restant de nos jours ou quoi? Allez!

Non, ou plutôt oui. Je ne voulais pas lui parler. Devenir de simples amis étaient encore au-dessus de mes forces. Et lui parler, signifiait prendre le risque de me mettre à pleurer comme une patate, alors niet. Sans le regarder, j’ai marmonné un truc du genre; “j’ai froid, je rentre.”

Pascal m’a attrapé par la main... Pire que si j’avais reçu une décharge électrique de 1000 volts.

  • STP, ne prend pas la fuite.

Il avait dit ça si doucement, que je me sentais fondre sur place. Aïe, je ne pouvais pas rester là.

  • STP, reste.

Il s’était levé et se tenait tout près, trop près. Heureusement, qu'il ne m'a pas touchée, j'aurai probablement fondu!! Impossible de contrôler les frissons qui me parcouraient de la tête aux pieds. Vite, il me fallait me brancher sur quelque chose de désagréable pour réussir à le fuir, mais mes pieds pesaient des tonnes, et je n’arrivais pas à faire un pas de plus. J’avais envie qu’il continue de parler pour me gaver de sa voix.

  • Reste, je t’en prie. Ça me manque de ne plus te parler, de ne plus t’entendre, de ne plus pouvoir juste être près de toi. S’il-te-plaît, reste.

Voilà, j’étais cuite. Je savais que je ne devais pas rester, je ne voulais pas m’embarquer sur le chemin de l’amitié. Impossible de n’être qu’une copine parmi tant d’autres. Mais, voilà, je me suis rassise et on est resté là, planté sur la balancelle, silencieux.

  • Tu me manques.
  • Tu me manques aussi.

J’ai regretté presqu’aussitôt de lui avoir dit qu’il me manquait aussi. Le petit mûr que je construisais pour garder mes distances et m’éloigner sentimentalement de lui s’effritait. Ce n’était pas facile pour moi de tirer un trait sur tout ce qui nous avait séparé, sur les rendez-vous manqués, sur la vidéo, et le plus terrible et sans doute le pire de tous; qu’il se soit tourné vers Caroline. Je n’arrive pas facilement à passer sur ce genre de chose même si je le voulais de toutes mes forces. Ouais, je n’aurais sûrement pas dû lui dire qu’il me manquait.

Pascal m’avait pris la main, c’était doux et chaud. J’aurai voulu la lui retirer mais la volonté me manquait.

Layne était parti à ma recherche, et je l’entendais m’appeler. Il ne pouvait pas nous voir assis là, dans le noir. Maxou avait été le rejoindre sur le perron, et avant qu’il ne me surprenne en compagnie de Pascal, j’ai vite filé.

Je ne sais pas pourquoi, j’étais un peu moins triste... je crois? J’en étais pas très sûre. En fait, je ne savais pas vraiment pourquoi, parce qu’on ne s’était pas dit grand chose. Peut-être parce qu’il m’avait pris la main? Ou parce qu'il avait tenté de me remonter le moral? Ou parce qu’il avait voulu que je reste?

Non, non et non, pas question que je me ramollisse. J’avais fait un long chemin pour essayer de l’oublier, je n’avais pas beaucoup progresser, mais je n’allais pas me laisser tirer à nouveau vers le bas. Ok, je n’avais pas vraiment quitté le fond du gouffre, mais j’étais debout au moins.

Mais, je me sentais moins désespérée... Ciel, ce que je pouvais l’aimer lui!


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Tu me manque!  (150-sam-30.mai.09)

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Publié dans Jane's Diary

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