155/2012 - Week-end sans amour...
Dimanche, 3 juin 2012 - (155/2012) - Week-end sans amour…
Après la petite vacherie que Jess m’avait fait endurer, j’ai eu de la peine, malgré toute ma bonne volonté, j’ai eu de la peine à me plonger dans mon livre. Des images de Pascal, Jess, Caro et touti quanti venaient cour-circuiter mon esprit. J’ai eu beaucoup de mal à ne pas courir à sa recherche à travers toute la ville. Après une bonne heure à me torturer la tête, à peser le pour et le contre, le calme est revenu. Je me suis détendue et j'ai apprécié ma soirée, allongée sur le canapé à bouffer des chips.
Pendant toute la soirée Pascal m’a envoyé de petits messages adorables. Au moins, il pensait à moi et je lui manquais.
Dimanche après-midi, Pascal participait à un tournoi de volley-ball. Il ne m’a pas proposé d’y aller, mais Thomas oui. J’ai donc fait une petite apparition. Quant je suis arrivée, les garçons étaient sur le terrain en train de jouer. J’ai tout de suite repéré Jess. J’ai aussi repéré le sac de sport à Pascal, alors je me suis placée à proximité. Thomas devait certainement être placé au même endroit. J’ai scrupuleusement évité Jess, mais je sais qu’elle m’a vue. Caroline était avec elle, je lui ai fait signe de loin.
Thomas m’a vue arriver, il m’a lancé un grand sourire. Pascal concentré dans le jeu ne m’a pas remarquée. Je n’avais pas l’intention de faire très long. Juste un passage pour répondre à l’invitation de Thomas, c’est tout. Si je passais mon temps à refuser, il finirait par se lasser et ne plus m’inviter. J’ai donc attendu la fin du jeu pour Thomas. C’est seulement en quittant le terrain pour retourner dans le coin de son équipe, et probablement parce que Thomas est venu directement vers moi que Pascal a enfin remarqué ma présence.
Pascal a lancé un petit coup d’œil dans ma direction. Sans salut, sans rien. Il avait juste noté ma présence. C’est drôle, il est devenu tout rouge. Sa femme s’était précipitée vers lui avec Caroline sur les talons. Il avail jeté son linge en travers de ses épaules, et Jess s'est mise à éponger la sueur de ses cheveux et son cou. J'a eu l'impression que ça le gênait et qu'il essayait de l'empêcher d'en faire trop. Le temps de faire la bise à Thomas, d’échanger quelques mots, pour prétendre que j’avais un truc, j’ai filé. Je n’ai pas été vers Pascal, je n’ai plus regardé dans sa direction, ni salué, ni rien.
C’est Thomas qui m’avait invitée à passer, alors je n’avais été que pour lui. Je ne voulais pas embarrasser Pascal, ni le mettre mal à l’aise, ni rien. Je voulais juste disparaître avant de nous mettre tous les 2 dans l’embarras. Je ne voulais pas non plus qu’il ait des histoires avec sa femme, pas qu’elle pense que Pascal m’avait demandé de venir, ou, qu’elle ait l’impression que je m’incruste. Bref, j’ai préféré foutre le camp aussitôt que possible.
Que je sois passé, même si ce n’était que quelques minutes, a fait plaisir à Thomas. Je crois surtout que ce qui lui a fait encore plus plaisir, c’était que je sois venue pour lui, et qu’il n’ait pas eu l’impression que c’était un prétexte pour voir Pascal, ou parce que je cherchais à le voir à tout prix. Ça lui a fait plaisir que j’aie répondu à son invitation.
Pascal a essayé de m’appeler pendant mon trajet de retour, mais j’ai toujours la musique à fond, alors je n’ai rien entendu. Comme il n’a pas réussi à me joindre, il m’a demandé par sms, pourquoi je n’étais pas restée. Alors je lui ai expliqué, par sms aussi, que je n’étais passée que parce que Thomas avait insisté pour que je fasse un saut, mais que je ne pouvais pas rester. Entre les matchs, il me bombardait de messages pour savoir ce que je faisais, avec qui, où, etc. Je n’avais pas l’intention de lui répondre, ni de lui raconter que je ne faisais rien d’autre que me larver sur mon canapé. J’ai éludé ses questions. Je lui envoyais des sms-bisous, des sms-câlins à la place.
Après la journée sportive, Pascal m’a écrit qu’ils allaient manger toute l’équipe. Je lui manquais et il voulait me voir.
J’aurai pu lui dire oui, mais n’avoir de lui que les restes du week-end ne me disait rien. Je ne l’avais pas vu du week-end, et n’avoir que quelques heures avec lui, en fin de week-end, non. Il devra certainement rentrer dormir chez lui, peut-être qu’il n’en aura pas envi, et là, on risque d’avoir des ennuis, alors ça n’en valait pas la peine. Alors, j’ai résisté à mon envie de le voir aussi. Et ciel, ça c’était dur, il me manquait.