156/2015 - More Lies - Vendredi - 5 juin 2015
Vendredi - 5 juin 2015 - 156/2015 - More Lies...
Arhhh, enfin le week-end, et hélas, Gis allait squatter (mieux si ça s’écrivait; scouater, mais bon) ici tout le week-end. Grrrh. Pas de tranquillité, donc, j’allais m’arranger pour être ici le moins possible. Son côté bordélique, sans respect, sale, peu soigneuse m’agace carrément. Au moins, depuis qu’on s’est pris la tête parce qu'elle me casse les pieds toute la journée à trainer ici, elle fait l’effort de partir toutes les après-midis. Ce qui me permet de bosser.
J’ai fait un saut chez mon papa avant midi, juste pour faire coucou. Je l’aime mon papa. Il travaillait dans le jardin. Ma visite lui a donné l’occasion de faire une pause. Il faisait une chaleur mortelle aujourd’hui.
- Arhh, tu veux vraiment sortir? Franchement?
- Ben, c’est vendredi... J’avais envie de faire la fête, sortir, boire, danser...
- Arhhh! Pour moi c’était une longue semaine. Crevé. Je rêvais d’une petite soirée tranquille à la maison, avachi devant la télé!
Pascal n’avait pas envi de sortir. Il ne voulait voir personne. Même pas sortir prendre un petit verre. Je me suis demandée si c’était seulement parce que c’était avec moi! Hier soir, il était sorti tard avec l’équipe de natation.
- Ha! Donc, si c’était avec quelqu’un d’autre, tu serais partant, mais c’est juste parce que c’est moi?
- Qu’est-ce que tu racontes? C’est n’importe quoi! C’est justement parce que t’es ma nana que je n’ai pas besoin de prétendre et que je peux te dire que j’aimerai qu’on passe la soirée à la maison rien que les deux. Ne dis pas des trucs pareils.
- Ha!
- C’est quoi ces « Ha »?
- Rien. D’accord. Alors à toute. Heum... Je pense que Caroline veut aussi venir?
- Quoi? Caroline? Qu’est-ce qu’elle vient faire là-dedans?
- Ben... chaque fois qu’on passe une soirée à la maison, elle appelle comme par hasard pour venir scouater ton canapé et la télé avec nous.
- Je l’ai vue hier soir, c’est bon. Je pense qu’elle nous fichera la paix. Bon, on fait un marché; ce soir, on reste à la maison, et demain soir, on fait ce que tu veux. D’accord?
J’avais l’impression qu’il disait ça pour me rassurer. En même temps, il venait de se planter en m’informant qu’il l’avait vue hier. Hum! Qui d’autre avait-il vu cette semaine? On a encore discuter un moment, chacun essayant de convaincre l’autre. Pour finir j’ai capitulé.
Argh, j’aime sa voix, je pourrais passer des heures à discuter avec lui, même s’il me lisait le bottin. Mais le voir, c’était encore mieux. Impatiente, après le coup de fils, je me suis mise à me préparer. J’ai pris quelques affaires pour passer le week-end chez Pascal.
Bon, je savais que je ferais quelques escapades chez moi, question de me reposer, baisser ma garde et ne pas être en représentation tout le temps. Surtout si Pascal avait envi de faire du sport, trotter à droite et à gauche, je rentrerais me cacher chez moi et me la couler douce.
Puis Pascal a détruit d’un coup de baguette mes illusions...
Quant je suis arrivée chez lui vers 20h, il se préparait à sortir. Il avait essayé de me joindre sur mon natel. J’écoute toujours la musique à plein tube, alors je n’ai rien entendu. Je me suis arrêtée pour acheter des clopes pour nous, je n’avais pas pensé vérifier mon natel. Michael lui aurait demandé de passer. Ça semblait important. Il ne m’a pas dit pourquoi.
J’étais tellement désappointée! Après tout ce qu’on avait discuté, il me prouvait que j’avais raison. J’ai commencé à tirer la gueule. Pascal m’a coulé un petit regard énigmatique. Hum, je crois qu’il avait compris à quoi je pensais. J’ai changé faire la gueule en bouderie souriante. Je ne voulais pas lui donner cette image de moi. Surtout pas avant son départ je ne sais où.
Une fois seule, je me suis jetée sur le canapé pour regarder la télé. Je me sentais seule et triste. Ma tête a commencé à me trahir en s’aventurant dans un vaste pays d’idées noires. Une main glacée me vrillait l’estomac; et si Pascal m’avait menti pour aller retrouver Manuella? Ça m’a donné envie de pleurer.
Je tremblais à l’idée d’avoir été aussi facile à berner, si c’était le cas. Le regard qu’il m’a lancé m’a traversé l’esprit, et j’ai essayé de le décortiquer pour voir si je m’étais trompée. J’espère qu’il n’avait pas osé me faire ça, ce serait très moche.
Pour me sortir de là, j’ai appelé Caro. Elle était à la maison. Elle savait que Pascal ne sortait pas, et elle savait que je serais chez lui. Je lui ai raconté ce que Pascal m’avait dit et lui ai proposé de venir chez Pascal pour me tenir compagnie. Elle voulait tenter de le retrouver. Elle voulait que je l’accompagne, mais je ne voulais pas.
J’ai cherché à la raisonner de ne pas le suivre, fait celle qui cherchait à la faire changer d’avis. Je crois que je savais qu’elle ferait ça, qu'elle le chercherait, et je crois que c’était pour ça que je l’avais appelée; pour faire le sale boulot à ma place.
Pour ne plus penser, j’ai essayé de me plonger dans mon livre. Le premier quart d’heure, ce n’était pas ça. Après, j’ai oublié le temps, jusqu’à ce que Caroline me rappelle. Pascal m’avait menti. J’étais déçue. Ce n’était pas une surprise, mais ça m’a fait vraiment beaucoup de peine.