157/2015 - Une chance contre Manuella - Samedi - 6 juin 2015
Samedi - 6 juin 2015 - 157/2015 - Peut-être 1 chance sur Manuella? (1)
Caroline a été voir chez Michael. Pascal n’y était pas. Ce n’était presque pas une surprise. Je crois que quelque part au fond de moi, je l’avais soupçonné. Caroline a fait un tour du côté de chez Manuella, Pascal n’y était pas non plus. Je voulais rester sereine, mais, les larmes ont inondés mes yeux. J’avais perdu le contrôle.
J’ai eu envie de partir, qu’il retrouve son appartement vide en rentrant. Et peut-être qu’il ne rentrerait pas avant demain matin? Peut-être q’inconsciemment, Pascal cherchait à me provoquer, provoquer la rupture? Il pourrait alors tranquillement voguer dans son histoire avec l’autre? Non, je ne pouvais croire qu’il soit aussi méchant. Pas avec moi.
Impossible de me concentrer sur mon livre. Triste, angoissée au max, j’ai commencé à prier pour le voir arriver. Je crois que j’aurais le coeur brisé s’il ne rentrait pas. Pourtant, je savais d’avance que je ne lui ferais pas de scène, que je ne dirais rien. Même, je ferais semblant de dormir.
Cela faisait plus de 2h que Pascal m’avait plantée là, une demi-heure que Caroline m’avait confirmé son mensonge, je commençais à baliser. Persuadée qu’il ne rentrerait plus, je suis sortie sur la terrasse, dans le noir et j’ai laissé mes larmes couler librement sans chercher à les essuyer, quant j’ai entendu je l’ai entendu arriver.
Je ne peux même pas exprimer le sentiment de soulagement que j’ai ressenti. Toute la peine, le ressentiment, le désespoir s’est envolé. J’ai séché mes larmes en espérant que Pascal ne s’apercevrait de rien. Pour couvrir mes éventuels yeux rouges, j’ai éternué quant Pascal est descendu de voiture. Je l’ai attendu près des escaliers.
Ça l’a fait sourire de me voir là, à l’attendre. Je ne savais même plus pourquoi j’avais pleuré quelques instants plus tôt, j’étais juste heureuse de le voir c’est tout. Folle de joie qu’il soit rentré.
La tête posée sur son torse, je savourais le bonheur d’être dans ses bras. D’être avec lui. J’écoutais le rythme de son coeur qui bat et je me sentais en sécurité et heureuse. Il avait mis un film, mais ça ne m’intéressait pas. Tout ce que je voulais c’était rester comme ça sur lui, jusqu’à la fin des temps. Pascal me caressait la tête, me racontait ce dont il avait parlé avec Michael.
TILT! Là, je me suis rappelée pourquoi j’avais été triste, et qu’il était peut-être en train de me mentir, ou d’étoffer son mensonge en me rapportant des trucs qu’ils avaient peut-être discuté il y a des lustres.
Mais, je me suis trompée, Pascal était bien avec Michael et 2 autres copains; ils essayent d’organiser une surprise pour l’anniversaire de Thomas. Voilà donc pourquoi il s’était absenté. Michael avait choisi une salle et ils devaient mettre au point encore quelques détails.
Pascal n’a pas voulu m’en dire plus, pour ne pas gâcher la surprise. Il m’a demandé de ne rien dire à Thomas. C’était évident. Il n’avait pas rendez-vous chez Michael, donc Caro ne pouvait pas y trouver sa voiture. Heureuse de savoir qu’il ne m’avait pas menti, je l’ai embrassé. Encore et encore. Plus amoureuse que jamais, j’avais envie de lui, et je ne lui ai pas caché.
Surpris, mais heureux, il m’a aussitôt transportée jusqu’à sa chambre. Les bras autour de son cou, je continuais à l’embrasser. J’adore les lueurs qui s’allument dans ses pupilles quant le désir l’enflamme. J’aime que ce soit moi qui les provoquent. Et pas une autre.
...rhhh, toujours quelqu'un dans les pattes!...
Samedi - 6 juin 2015 - 157/2015 - Peut-être 1 chance sur Manuella? - (2)
Couché sur le dos, Pascal dort, un bras replié sur les yeux. De l’autre, il me serre contre lui. Sous ma joue, j’entends son coeur battre et sa respiration profonde, calme et rassurante. J’ai la poitrine comprimée, je ressens des bouffées d'amour. La seule chose qui me vient à l’esprit, c’est que je l’aime.
Mes doigts se glissent lentement, tendrement sous son t-shirt. C’est dingue comme son corps est doux et tout en muscles. Il bouge et m’embrasse sur la tête, dans les cheveux sans se réveiller. Hum, heureusement que je les avais lavés, sinon il aurait eu l’impression de plonger le nez dans un gros cendrier.
Pascal ouvre un oeil et me sourit. L’espace temps se dérobe, son sourire me fait fondre. Je le regarde se lever et disparaître dans la salle de bain. Arf, j’ai envie de lui, de me fondre en lui. Il se lave les dents et revient se jeter dans le lit à côté de moi. Il soulève mon t-shirt et ses lèvres se pose sur mon ventre, remonte lentement. Je frisonne.
Mes mains s’agrippent à ses cheveux qui me chatouillent, effleurent son dos, sa nuque. Nos lèvres se cherchent, se trouvent, se confondent. Ses mains chaudes me réaniment, je palpite, ses yeux me dévorent. Nos souffles, nos baisers, nos corps, tout s’emmêle et le temps s’évanoui. Nous ne formons plus qu’un. Epuisé, on s’endort.
Midi, l’odeur du café et des pancakes me réveille. Je me traîne jusqu’à la cuisine avec le t-shirt de Pascal, bien trop grand pour moi. Il est appuyé au bar de la cuisine et lit le journal. Il me sourit. Argh je fonds encore. Pascal me sert un café, je me hisse sur un des tabourets et lui retourne son sourire, avant de me plonger dans ma tasse.
Pascal allait voir le match d’un copain cet après-midi, il m’a proposé de l’accompagner. Je ne pouvais pas; je devais servir de chauffeur pour ma frangine. Elle avait prêté sa voiture au petit copain de sa fille aînée. Ils font une fête pour César, alors elle voulait aller tôt pour tout préparer. Les invités arrivaient en fin d’après-midi.
Habillé d’un jean et d’un simple débardeur blanc, à travers lequel on voyait son torse, ses abdos bien dessinés, Pascal est passé me prendre à 21h. Je me suis sentie trop habillée, alors je suis remontée me changer en vitesse pour enfiler moi aussi un jean.
Pascal me tenait par la main et quant on est entré dans le restaurant. Beaucoup de têtes se sont retournés. Hum, il devait se demander ce que faisait ce type magnifique avec un petit boudin comme moi. J’ai rougi et baissé les yeux. Pascal n’avait pas l’air d'être préoccupé par les regards ou ce que les gens pouvaient penser.
Ce petit dîner en tête à tête m’a comblée. On a rigolé, parlé, encore rigolé. Pascal voulait rentrer et passer une soirée tranquille, en amoureux. Mais, je n’avais pas passé tout ce temps à me préparer pour rentrer, me foutre en training et flâner devant la télé. J’avais envie de sortir. Ciel... j’aurais peut-être dû l’écouter...
On a retrouvé nos potes au Bleu. Ils étaient presque tous bien parti pour faire la fête jusqu’au matin. J’ai éclaté de rire. Thomas nous racontait un des moments les plus gênant. Pascal était à l’autre bout du bar avec quelques copains, dont Michael et Paul.
Nos regards se sont croisés, et Pascal a souri, les yeux pleins d’étoiles. Ça faisait longtemps que je n’avais pas ris. Pascal aime mon rire. Ce qui me gêne parce que j’ai l’impression de l’avoir fait exprès pour qu’il me remarque. Qu’importe. Et pourquoi je n’aurai pas le droit d’essayer d’attirer son attention moi?
En remontant des toilettes, j’ai croisé une grande fille, athlétique, de longs cheveux ondulés bruns comme ses yeux, la peau bronzée. On a failli se rentrer dedans. Je regardais seulement où j’allais, mais j’avais noté qu’elle était jolie. Elle a balancé ses cheveux d’une épaule à l’autre, laissant dans son sillage l’odeur de son parfum.
Caroline me dit que je venais de croiser Manuella, et ça fait Tilt... La grande brune... Manuella...
Je crois que je ne l’avais jamais vue de si près. Caroline me parle, sa bouche forme des mots que je ne comprends pas, je vois son front se froisser. Je comprends que c’est important, mais sa voix me parvient à travers un voile de coton. Je réussis à sourire, mais une buche vient de m’écraser le coeur comme une crêpe. La douleur est immense et me tétanise.
Comment n’ai-je pas compris hier soir? Comment ai-je pu ne rien remarquer? Ce parfum. Son parfum. J’ai senti son parfum sur Pascal. Comment n’ai-je pas réalisé qu’il me mentait? Qu’il l’avait vue? Comment ai-je pu être si idiote?
Tous les signes clignotaient devant mes yeux, dans ma tête, et j’ai été aveugle comme une taupe. J’enregistre une suites d’images; sa tête qui se penche vers sa bouche, sa main qui encadre son visage, le baiser qu’il pose dans le creux de sa nuque. Mon estomac se révulse. Troublée, j’essaie de bloquer mes pensées. Je ne veux pas mettre le doigt sur quelque chose que mon esprit a réalisé, mais que je refuse d’admettre. Je regarde Pascal et il me souri.
Mon regard s'aggrippe à celui de Manuella quant elle passe devant Caroline et moi. Elle tourne aussitôt la tête pour regarder ailleurs. Après avoir fait la bise à Jonas, Manuella s’approche de Pascal et pose la main sur son dos. Il se penche vers elle, ils se font la bise et elle lui chuchote à l’oreille. Il rit.
Ses yeux verts tendrement posés sur elle me brûlent comme au fer rouge. Le sourire qu’il lui adresse est comme une trahison. Mon estomac se noue et je me détourne.
La rage monte, j’ai les oreilles en feu, mes joues me picotent. J’ai envie de le frapper, de le mordre pour m’avoir prise pour une conne. Comment a-t-il osé? Me faire ça à moi? Une vague de chaleur me submerge, me fait bouillir de l’intérieur. Ma respiration se bloque, j’étouffe.
Et Pascal continue de rire. Rire comme s’il était innocent. Comme s’il n’avait rien à se reprocher. Sa main se pose sur sa hanche, il se penche à nouveau vers elle et chuchote à son oreille. Et elle rit. Seraient-ils en train de se moquer de moi?
J’ai envie de la voir souffrir autant que moi en ce moment. J'ai envie de voir disparaître son petit air supérieur et suffisant quant elle me regarde. D'effacer son petit sourire. J'ai envie qu'elle ait mal, la voir dégringoler de son petit pied d'estale sur lequel elle s'était mise.
C'est pourquoi quant cette fille, avec qui Pascal discutait, lui a dit qu'elle voulait coucher avec, je lui ai dis qu'il pouvait y aller. J'étais juste à côté, et je n'ai pas pu m'empêcher d'entendre ce qu'elle lui murmurait à l'oreille. Elle ne savait pas que j'étais avec lui, que j'étais sa copine. Manuella fera moins la fière de le voir partir avec une autre fille.