164/14 - La Frontière!?
Vendredi, 13 juin 2014 - 164/14 - La Frontière!?
Vendredi soir… Début du week-end. Samedi et dimanche congés, donc on peut faire la fête jusqu’au matin. Une grosse angoisse accompagne souvent le début du week-end pour moi. Surtout quant je ne sais pas ce que fait Pascal ou si je vais le voir ou pas. La tension de savoir qu'il va faire pleins de trucs, s'amuser, rire, danser, peut-même faire les yeux doux à une autre... faire l'amour à une autre que moi, et c'est le délire dans ma tête.
On s’est parlé au téléphone avant midi, et il ne m’a pas dit qu’après le boulot, il allait au bord du lac pour jouer au basket avec ses potes. Je l’ai su par Thomas. Ce qui fait que, je ne suis pas sûre qu’il y va ou non. En tous cas, il ne m’a rien proposé… Je crois qu’il cherchait à savoir si je n’étais pas dans ses pattes ce soir! Je ne sais pas si je dois m'incruster ou au contraire, rester en retrait. Invisible. Si je finis par lui manquer, il m'appelera?
Thomas n’avait pas pu sortir le bateau, parce qu’il n’y avait pas d’endroits où l’amarrer sur ce bout de lac. Bien sûr, Thomas m’en a parlé, c’était comme une invitation, mais je ne savais pas si j’irai ou non. J’aurai voulu que Pascal me le demande. Caro a demandé qu’on y aille ensemble, mais comme je me sentais indésirable, j’ai hésité.
Mais est-ce que je fais bien de ne pas me montrer? Ou ne finirait-il pas plutôt par s'habituer à ne pas me croiser? Arhhh, je flippe!
J'ai essayé d'aller voir au bord du lac. Pour ne pas avoir l'air trop idiote, j'avais embarqué mes affaires de plage, au cas où je croisais quelqu'un. C'était trop délirant, j'avais les boules et un gros noeud à l'estomac. J'aurai pu appeler Caroline, ou même Thomas et débarquer. Mais, ce n'était pas ce que je voulais. Je voulais le voir de loin. Voir s'il était là. Comment il s'amusait. S'il était dans son coin avec ses potes, je pense que j'y serais allé.
Mais j'ai rapidement fait demi-tour après l'avoir aperçu en train de jouer au basket à torse nu. Iïïïïah, trop... mignon. Rouge, j'ai filé en vitesse. Il faisait encore jour, et quelqu'un aurait pu me voir. Là, ç'aurait été la honte totale. J'ai fait semblant de recevoir un appel, et j'ai planté mon natel sur l'oreille en faisant mon replis vers ma voiture. C'était pour le cas où on m'aurait vue. Et j'ai roulé au hasard en attendant que la nuit tombe.
Dans mon périple sur les routes, alors que j'attendais qu'il fasse nuit, je me suis rendue compte que j'aurai l'air tout aussi bizarre, la nuit, toute seule près des buissons, à regarder les gens sur la plage!!!! Vraiment zarbi! Comment faire? Ou pire, je pourrais me faire agresser et avec tout le bruit sur la plage, personne n'entendra mes appels au secours! Dingue! L'angoisse de ne pas savoir comment faire pour observer de loin me bouffait la tête. Il ne me restait plus qu'à, soit rentrer, soit les rejoindre sur la plage.
J'ai attendu la nuit, et je suis revenue roder sur la plage. Impossible de rester, il y avait trop de monde un peu partout. J'aurai préféré qu'ils soient dans leurs jardins, que je connaissais par coeur. J'aurai su où me mettre sans qu'on ne puisse m'apercevoir. Ou même simplement monter chez Thomas et attendre. De là, j'aurai eu une vue plongeante. Et si quelqu'un serait venu, je serais descendue les rejoindre, comme si je venais d'arriver.
J'ai été obligée de battre en retraite, toujours pas décidée à aller les rejoindre.
D'après ce que j'avais pu voir, Pascal semblait avec ses potes, ils jouaient au basket. Le groupe s'était installé près du terrain et Julien s'occupait des grillades. J'ai eu le temps de voir Elodie lui donner un coup de main tout en encourageant les garçons sur le terrain. J'ai aussi aperçu Caroline, qui discutait avec un des copains, tout en regardant le petit match.
De retour à ma voiture, j'ai tenté d'appeler Pascal. Je savais qu'ils faisaient une pause, donc il entrendrait mon appel. Mais, grosse déception, il n'a pas répondu. Nerveuse, nouée, presque tremblante après une hésitation, j'ai résolu de le rappeler. Il n'avait peut-être pas entendu la première fois. Rien. Il ne répondait toujours pas. La honte. La rage aussi.
Il n'avait peut-être pas envi de me répondre? Les larmes commençaient à envahir mes yeux, et j'avais l'air stupide, dans ma voiture, plantée au milieu du parking. Complètement ridicule. D'autant plus, qu'il y avait du monde qui circulait dans le coin et beaucoup me regardaient bizarrement. Se demandant sans doute ce que je fabriquais là depuis plus d'une demi heure.
Enfin, alors que je venais d'entrer sur l'autoroute, Pascal a rappelé. La poisse. Il fallait que je lui parle. Alors, j'ai répondu en lui demandant d'attendre 2 secondes. Le temps de me mettre sur la bande d'urgence.
Pascal m’a demandé ce que je faisais, pourquoi je n’étais pas là. Alors, j’ai joué la carte de la vérité. Je lui ai dis que j’étais venue, mais je n’avais pas osé les rejoindre, parce qu’il ne m’avait rien proposé quant on s’était parlé au téléphone. Il m’a dit que j’étais un peu idiote, et m’a demandé de me ramener.
J’avais les yeux rouges, j’avais pleuré… Je ne voulais pas me montrer devant tous les autres après tout ce cinéma. En fait, je me sentais de trop!
Alors gentil comme tout, Pascal m’a demandé si je préférais qu’on se retrouve plus tard chez lui. J’ai accepté, le coeur rebondi de joie. Il ne serait probablement pas rentré avant minuit, voir 1h du matin, mais qu’importe.
Mais une fois que j’ai raccroché, je me suis demandé si j’avais bien fait de lui dire la vérité, et aussi, d’avoir accepté aussi facilement de rester en retrait. J'étais bête d’avoir accepté d’aller l’attendre chez lui, alors que je pouvais le rejoindre sur la plage et m’amuser comme tous les autres.
Je dois être un peu stupide, pas très fûte fûte! Finalement, je lui laissais le champ libre, et comme une conne, je m’enfermais chez lui à attendre pendant des heures. Quelle cruche!
Et voilà comment on se gâche une belle soirée... Je dois être une spécialiste pour ça. Pourquoi je n’avais pas accepté la proposition de Caroline, et simplement rejoindre tout le monde, tout simplement! Je ne me sentirais pas aussi perdue! C'était en plus de ma faute si j'en étais là!!!