165/2015 - Retrouvailles

Publié le par JaneDo


Dimanche - 14 juin 2015 - 165/2015 - Retrouvailles

C’était un rêve de sentir ses bras m’entourer avec autant de volupté, de tendresse et d’amour. Je flottais au paradis. Couchée au creux de ses bras, après un corps à corps voluptueux, la tête posée sur son torse, on se racontait notre soirée, les bonnes blagues, les commentaires des uns et des autres. Pascal me racontait ce qu’il avait discuté avec ses copains. Il était détendu et de bonne humeur et me couvrait de bisous et de câlins.

Les bips-bips de son natel, m’a rappelée l’existence de Manuella. Elle devait être en train de boire la tasse, de pester ou de pleurer toutes les larmes de son corps. C’était bien fait pour sa tête. Pascal avait été absolument parfait ce soir. Notre 1ère sortie après qu’il ait eu le courage de me parler de son aventure avec elle. Je me sentais généreuse, non pas pour elle, mais pour lui; il m’avait comblée.

Complice, je lui ai demandé s’il pensait qu’il s’agissait d’elle. Il pensait que oui. Confirmé après avoir regardé l’expéditeur. J’ai voulu savoir s’il pensait à elle ou s’il s’inquiétait de leur relation? Non, il n’était pas inquiet, mais effectivement, chaque fois que son natel bipait, il se doutait qu’il s’agissait d’elle. Il m’a raconté alors le contenu de ses messages, qui allait de la plainte à la colère.

Pascal la trouvait cullotée d’oser se plaindre parce qu’il était tendre avec sa copine... Je crois que d’avoir mis cartes sur table lui avait enfin ouvert les yeux.

Je lui ai demandé franchement s’il avait envi d’aller la voir. Bien sûr il en avait envie, ne serait-ce que pour la calmer, la consoler ou pour être sûr que rien n’avait changé, qu’elle était toujours amoureuse de lui. Mais il n’a pas osé me l’avouer. Pascal a prétendu que non, mais je le connaissais mieux qu’il n’imaginait. Et, ce n’était qu’humain! Qui n’aurait pas envi d’aller vérifier qu’il n’avait rien gâché? Que son petit « à côté » était toujours disponible?

  • Tu sais... tu peux y aller... Toute la soirée était adorable, tu as été adorable... Evidemment, l’idéal serait de filer en douce alors que je dors et de revenir avant que je me réveille, mais... je ne dors pas, et d’ici que ça arrive, il sera probablement trop tard. Alors...
  • Non. Elle se calmera, on aura sûrement l’occasion de discuter. Non, je suis fatigué, je n’ai pas envi d’aller me taper la route juste pour qu’elle se sente bien.

Je lui ai dis que je n’avais pas l’intention de bouger de là. J’ai rigolé. Je lui ai dis que tant que je n’aurais pas décidé de ce que j’allais faire à propos de son histoire avec Manuella, il devrait profiter de ma générosité et de ma bonne humeur. J’ai insisté pour qu’il l’appelle, question de savoir si elle était encore réveillée.

Elle lui a pleuré dans le gilet, l’accusant de ne plus l’aimer, qu’il l’avait ignorée, etc, etc. Pascal ne disait pas grand chose. Il a juste dit qu’il avait reçu ses messages, qu’il n’avait pas pu lui répondre. Elle a voulu savoir si j’étais là, et si elle pouvait venir sinon. Pascal lui a dit de ne pas y penser, et non, je n’étais plus là, sinon il ne l’aurait pas appelée. On a échangé un clin d’oeil.

Je pense que Pascal se méfiait de ma réaction, c’est pour ça qu’il ne voulait pas aller chez elle. Surtout je pense, sachant que je saurais exactement où il serait, et qu’il serait probablement obligé de me raconter ce qui se serait passé. Je pense aussi qu’il avait peur qu’un jour, je lui reproche d’avoir sauté sur l’occasion de courir chez elle.

J’ai donc décidé de rentrer chez moi pour lui laisser la liberté de faire ce qu’il voulait. Bien sûr, il a essayé de me faire changé d’avis. Je lui ai promis de venir en début d’après-midi pour qu’on puisse déjeuner ensemble. Il sait que je ne suis pas du matin. Et j’avais raison. Je me suis postée au sous-sol vers la salle de musique. Quelques minutes après mon départ, Pascal avait enfilé jean et t-shirt, et en se dirigeant vers sa voiture, il l’a rappelée pour dire qu’il arrivait. Cela ne m’a pas du tout étonnée.

Le lendemain, su le chemin de son appart, je l’ai appelé pour l’avertir. Il était déjà debout. Il rentrait tout juste de son jogging. Quant je suis arrivée, il avait déjà préparé le déjeuner et Thomas est venu s’incrusté. Il profitait sans vergogne de l’hospitalité de Pascal, j’imagine que cela lui évitait de remplir son frigo. Pourtant, Pascal lui avait dit plus d’une fois, qu’il suffisait qu’il laisse une liste à la femme de ménage, comme lui le faisant, et elle faisait les courses.

On a passé une partie de l’après-midi à se larver dans le salon. Pascal m’a raconté sa visite chez Manuella. Je l’ai écouté sans faire de commentaires. Je le sentais un peu tendu, mais aussitôt après, j’ai changé de sujet, comme si c’était oublié. J'aurai peut-être dû dire quelque chose, mais, je ne savais pas comment réagir.

Manuella lui avait fait pleins de reproches. Pour finir, il lui a rappelé qu'elle savait qu'il avait une copine, qu'il n'allait pas changé sa manière d'être avec moi, juste parce qu'ils se voyent. Qu'il trouvait très désagréable de la voir traîner là, quant elle sait parfaitement qu'il est avec sa copine. Il a avoué avoir une de la peine de la voir en larmes. Il ne la connaissait pas comme ça.

Il a dit qu'il était un peu énervé quant il était arrivé chez elle, mais il s'est radouci. Il a été gentil avec elle. Puis il a voulu rentrer et elle a réussi à le convaincre de rester. Il a tenu à me dire qu'ils n'avaient pas couché ensemble. Il n'était pas d'humeur et assez fatigué. On aurait dit qu'elle y tenait comme pour m'effacer. Il était parti aux premières heures du matin, alors qu'elle dormait encore. Il n'avait pas laissé de mots comme il le faisait d'habitude (ha bon?!), il n'aurait pas su quoi dire.

Le soir, on a été mangé au bord du lac. A la fin du dîner, Thomas et Michael nous ont rejoint pour le café et on a été prendre un verre au Pub d’à côté. Vers 22h, on était rentré et après avoir regardé un film, on s’est couché. Il travaille demain, moi non, mais on ne s’est endormi après les 1h du matin. J’en connais un qui va être sur les rotules, surtout avec le basket lundi soir!

Je me sentais heureuse. Il me semblait que ça faisait des lustres que je ne m’étais pas sentie aussi bien. Aussi en phase et en vie. La tranquillité de sa respiration et ses bras autour de moi m’ont bercée jusque dans mon sommeil.

Avant de sombrer, j’ai ressenti une petite frayeur en pensant au prix que j’aurai sans doute à payer pour ces moments de paix et de félicités. Il y a toujours un prix à payer!


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