164/2015 - Impardonnable? (2)

Publié le par JaneDo


Samedi - 13 juin 2015 - 164/2015 - Impardonnable? (2)

Comme convenu entre nous, j’étais sur le point d’aller me cacher dans la chambre d’amis, en laissant la porte légèrement entre-ouverte. Laissant à Pascal le soin de mettre en pratique ce que je lui avais dit. C’était bien de savoir que pour une fois, Pascal était dans mon camp. On était une équipe.

  • C’est toi qui sait si tu veux continuer à la voir ou pas!
  • Ça t’embête pas? Je veux dire, ça t’embête pas si j’ai envi de continuer à la voir?
  • Pfouh, je sais pas. J’sais pas pour l’instant. Toute façon, c’est pas le moment de discuter de ça, elle est derrière la porte. Toi? Tu as envi de continuer à la voir?

Il a haussé les épaules en me fixant;

  • Ouais... si t’es sûre que ça te gêne pas?
  • Ben, disons que c’est plus tellement une aventure d’un soir, mais plus une liaison! Ce qui ne me plaît pas. Sa façon de venir où on sortait, comme pour me jeter à la face que tu ne m’aimais pas. Que tu me trompais. Est-ce que... est-ce que t’as envi de sortir avec elle?
  • Je sais pas...

Houuuh, j’aurai préféré qu’il dise carrément non. Mais bon, cette fois, je préfère la franchise au bon gros mensonge. Au moins, il jouait le jeu et était... carrément trop honnête.

  • Tu as envi de me remplacer? Remplacer Caro? Nous remplacer toutes les deux?
  • Vu comme ça, ben non. C’est juste que c’est...
  • Tu me diras plus tard. Faut que...

J’ai montré la chambre d’amis...

  • Pascal... Je ne vais pas te casser les bonbons à propos de ce soir, avec elle ici, ok. Soit normal, comme tu serais si je n’étais pas là, ok? Mais sans oublier ce qu’on a discuter avant ok. Pas parler de moi par exemple!

Il a hoché la tête et avait penché la tête de côté. Certainement en pleine réflexion. Pascal cherchait peut-être à me décortiquer, à savoir si j’étais sérieuse. Il sait très bien que je n’étais pas si chiante.

C’est rare que je pense à noter ce qu’il porte. Peut-être parce qu’il est toujours nickel. Carrément trop mignon même. C’est pas que je ne remarque plus à force, bien au contraire. Là il portait un de c’est pantalon kaki beige, pleins de poches, et un simple t-shirt sans manche marron, qui faisait ressortir le dessin parfait de ses biceps. A croquer. Juste trop chou avec les cheveux longs qui lui caressaient la nuque et ses yeux d’un vert profond, comme les grands lacs de nos montagnes Suisse.

J’ai disparu dans la chambre et Pascal a été ouvrir.

  • J’ai t’ai appelé des milliers de fois. Je sais que tu n’aime pas que je vienne chez toi, mais... Pourquoi tu ne réponds pas? Qu’est-ce qui se passe?

Pascal la regardait s’agiter en souriant, un petit sourire aux lèvres, appuyé contre le montant de la porte, comme s’il ne voulait pas la laisser rentrer. Elle a dû lui demander s’il pouvait la laisser entrer pour qu’il s’efface et la laisse pénétrer dans son appart.

Comme il ne répondait pas, elle s’est retrouvée à court de mots. Pas très sûre d’elle, elle s’est quand même approchée de lui et a posé une main sur son torse. Hum, si j’avais des pouvoirs , d’un regard, je lui aurais coupé cette main. Pascal la fixait en se mordillant l’intérieur de la joue. Il s’était adossé à la porte, ls bras croisés.

  • Elle sait hein? Elle cherche à nous séparer. Elle t’a demandé d’arrêter de me voir, c’est ça?
  • J’étais juste occupé. Manu, je t’ai demandé de ne pas venir ici.
  • Oui, mais tu ne répondais pas. Je me suis inquiétée. Elle t’as demandé de ne plus me voir?
  • T’es gonflée! Jane aurait pu être ici! Je t’ai dis de ne pas venir.
  • Il n’y avait pas de voiture devant la maison, alors, je me doutais qu’elle ne serait pas ici. Vous vous êtes disputé?
  • Pourquoi est-ce que tu cherches toujours... Il a balayé l’air d’une main. Tu te doutes bien que tu ne peux pas rester?

Manuella a fait quelques pas en écartant les bras; « Je ne la vois nul part et toi ». Elle souriait, ravie de sa petite plaisanterie. Si elle savait! Elle est retournée passer ses bras autour de sa taille. Pascal a sourit. Il a dégagé son visage en passant ses mains dans ses cheveux avant d’approcher son visage pour l’embrasser. Bien jouer!

  • Il faut que tu t’en ailles maintenant.

Manuella l’a dévisagé un moment, puis elle lui a posé un baiser sur sa joue.

  • Pourquoi? T’attends qui? Une autre fille?
  • Ça va pas.
  • Jane?
  • Ça ne te regarde pas, mais oui.
  • Tu ne voudrais pas plutôt venir à la maison? Tu pourrais inventer une excuse... Ou on pourrait rester ici, il suffit de lui dire de ne pas venir? Ou que tu es sorti, et comme ça, au cas où, elle te cherchera partout sauf ici.
  • Non. Pas ce soir.
  • Pourquoi pas? Je sais que t’en as envi.
  • Pas ce soir. Il faut vraiment que tu y ailles. Maintenant.
  • Tu pourrais passer plus tard... tu sais?
  • On verra.
  • Ok. Tu m’appelles plus tard alors?

Pascal l’a raccompagnée à la porte. Une fois la porte ouverte, elle s’est avancée pour l’embrasser, mais Pascal s’est détournée pour lui présenter sa joue. Comme il me l’avait fait l’autre soir. Elle a regardé derrière elle, puis en haussant l’épaule, a dit en riant, qu’il n’y avait personne. Pascal a secoué la tête. Elle a voulu encore le tirer vers elle en tirant sur son t-shirt, mais il a enlevé sa main.

  • Tu es bizarre ce soir.
  • Pas du tout. Mais... Tu connais la situation et tu essaies toujours de dépasser les limites...
  • C’est ce que tu aimes chez moi, non?
  • Plutôt ce que je déteste chez toi tu veux dire.

Pascal a eu l’air soulagée de la voir enfin partir. Je suis sortie de la chambre. Il m’a demandé si ça allait, s’il n’avait pas fait de bêtises. Je lui ai dis que je l’avais trouvé un peu coincé en fait. Il avait réalisé ce soir, qu’elle parlait sans arrêt de moi. Il s’est rappelé que je ne voulais pas qu’il parle de moi avec elle, alors, il ne savait ni quoi dire, ni comment réagir.

J’ai rigolé. Je lui ai dis qu’il aurait pu rester naturel et quand même dire qu’il m’attendait, c’était pas; parler de moi. C’était juste une info. Manuella avait dit pleins de choses que je n'ai pas eu le temps de tout enregistrer, mais c'était l'idée générale.

Pascal s’est passé la main dans les cheveux, en disant qu’il mélangeait tout. Ça m’a fait encore rigoler. On a discuter un moment de ce qui s’était passé. C’est Pascal qui a aborder le sujet, pas moi. Je ne l’aurai pas fait sinon. La connasse lui a envoyé une demi douzaine de messages qu’il m’a fait lire. Je les ai commenté, en essayant de ne pas être trop sarcastique.

On formait enfin une équipe. Je me sentais moins menacée par elle.

Le lendemain, après avoir pris le petit déjeuner ensemble, je suis rentrée. Gis n’était pas là, et j’avais envie de me larver dans un bain et m’occuper de moi. Pascal avait des trucs à faire. J’ai pas demandé quoi. J’aurai peut-être dû, parce que, une fois dans mon bain, ma tête a commencé à me jouer des tours. J’ai rigolé toute seule en me disant que si je commençais comme ça; à penser qu’il allait me trahir à chaque fois que je ne suis pas avec, ça allait être l’enfer.

Samedi soir, je tenais à sortir. J’étais sûre qu’on croiserait Manuella, et je ne me suis pas trompée. Elle était là, aux aguets. Prête pour ses petites oeillades, ses petits sourires à Pascal derrière mon dos. Mais je l’avais à l’oeil.

Pascal a été impeccable, il l’a royalement ignorée. Frustrée de ne pas réussir à m’humilier ce soir, elle s’est carrément imposée. Pascal discutait avec ses copains, appuyé le dos contre le bar. J’étais juste à côté de lui et je discutais avec Caro, qui avait collé son épaule contre celui de Pascal. J’avais l’autre pouffe dans ma ligne de mire, dans les glaces derrière le bar.

Manuella a passé entre Pascal et ses copains, les bousculant presque. Elle a fait un signe discret à Pascal et est partie en direction des toilettes. Elle s’attendait à ce qu’il lui emboîte le pas. Je me suis hissée à son oreille pour lui parler du petit signal qu’elle venait de lui faire. Il avait vu et compris. Il ne voulait pas la suivre.

J’ai demandé s’ils avaient fait ça des fois quant j’étais là. Pascal m’a juré que non. Il l’avait sautée 1 ou 2 fois, mais il n’a jamais fait ça quant j’étais avec lui. Hum, je ne sais pas si je le croyais, alors j’ai rigolé; « Tant mieux... ç’aurait été insultant pour moi.».

Manuella est réapparu 20 minutes plus tard. A sa manière de marcher, il était facile de deviner qu’elle était fâchée. Elle a à nouveau passé à travers son groupe, pour forcer Pascal à la voir. Vexée de l’avoir attendu en vain, elle a ramassé ses affaires et elle est partie. Hihihi, j’avoue que ça m’a procuré un plaisir certain.

Elle lui a envoyé plusieurs messages avant et après son départ. Pascal ne les a pas regardé. En tous cas, pas devant moi. Je l’ai vu les lire quant il pensait que je me préparais à me coucher. Cela paraît normal. En tous cas, cette soirée n’a pas changé son comportement envers moi. Ni même ses messages.

J’avais enfin retrouvé mon Pascal. C’était comme si elle n’avait jamais existé. Je recommençais à retrouver la confiance en lui. La confiance en nous.


Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article