164/2015 - Impardonnable? - samedi, 13 juin 2015
Samedi - 13 juin 2015 - 164/2015 - Impardonnable?
On était épuisé pour avoir passé toute la soirée à discuter sans fin. On tournait en rond. Pascal voulait me toucher et moi je ne voulais toujours pas qu’il m’approche. Et Pascal qui n’arrêtait pas de recevoir des tonnes d’appels; ses copains, sa maman, Thomas, etc. Bref, toutes ces coupures étaient agaçantes et me faisaient perdre le fils. Heureusement, il n’a pas osé prendre les appels d’Elodie, Manuella et même de Caro.
Caroline a insisté à coups de messages, appels, pour finir je lui ai dis de lui répondre. Il ne voulait pas, mais c’était le seul moyen de la faire arrêter. Caro voulait savoir ce qu’on foutait, si on sortait ou pas, ou si elle pouvait venir regarder un film avec nous. Elle en avait loué 2. Pascal lui a dit qu’on était en pleine discussion, que ce n’était pas le moment et qu’il n’avait aucune envi de regarder de films.
Il avait été un peu sec, c’était pas cool. Caro n’y pouvait rien. Je l’ai rappelée pour lui dire qu’on parlait de Manuella. Elle aurait bien voulu savoir ce qu’il avait à dire. J’ai presque failli lui dire de venir, parce qu’après tout, elle était avec moi le soir où on les avait surpris ensemble.
Son explication, comme quoi, les petits sourires, les baisers, etc, faisait partie du jeu me restait un peu en travers de la gorge. Mais, pour être honnête, ce n’était pas faux.
- Après mon départ, tu as couché avec elle au chalet?
- Non.
- Quand?
- La 2ème fois qu’on s’est vu.
Il était rouge et moi aussi. J’avais de la peine à digérer ça. Mais bon. J’ai voulu savoir comment c’était, ce qui l’a fait rougir encore plus. Pascal disait que c’était bien. Bien!
J’avais la chair de poule quant Pascal a avoué qu’il a eu envi de la revoir, qu’ils avaient tout le temps envi de se voir. Alors oui, il me l’avait caché, il m’avait menti. Et il a avoué qu’il se doutait bien que s’il m’en parlait, il aurait dû cesser de la voir, et il n’en avait pas envi.
Et il a osé dire que malgré ça, il m’aimait et n’avait pas envi de me faire de mal !!! Alors, il ne voulait pas que je l’apprenne.
Je lui tournais le dos. Je ne voulais pas qu’il me voit en train de me mordre les lèvres. L’entendre ce n’était rien à côté des images qui voltigeaient dans ma tête... de lui avec elle. Malgré tout, malgré sa bêtise, malgré la colère, j’avais envie de me coller contre lui. Comme si d’une caresse, il pouvait tout faire disparaître, me faire perdre la mémoire. Je ne l’ai pas entendu approcher. Quant il a pris ma main, je ne l’ai pas repoussé non plus.
Pascal m’a fait asseoir, on est resté un moment en silence. On regardait nos mains sans savoir quoi faire, ni quoi dire. Je lui ai dis que je ne supportais pas l'idée qu'elle nous tournait autour, qu'ils échangeaient des petits regards; elle se foutait de ma gueule.
- Jane, je ne veux pas qu’on se sépare. Je ne veux pas qu’on se quitte, surtout pas pour une connerie pareille.
Sans le regarder; "J'aurai préféré que tu dises pour une fille qui ne compte pas, de qui j’en ai rien à foutre...".
Pascal n’a rien dit. J’aurai peut-être aimé qu’il approuve, qu’il le répète. Mais bon. Gentiment, je lui ai retiré mes mains, mais je suis restée assise en face de lui à regarder le bout de mes baskets.
- Ça va peut-être t’énerver, mais... Tu sais, la majorité du temps, on se comprend sans avoir besoin de parler. On se devine. Mais parfois, je ne comprends rien. Par exemple, tu m’envoies raccompagner Shandra, et toi et moi, on sait ce que ça implique. Et après, tu me fais une crise. Une crise de jalousie, et là, je comprends rien! Est-ce que tu peux m’expliquer?
Wahhh! Comment lui expliquer? Est-ce que je me comprends moi-même?
- Ben... Shandra, c’est pas derrière mon dos. Je sais où tu es, et avec qui. C’est pas une cachoterie.
- Mais...
- J’ai pas fini...
- Attends. Tu peux comprendre que j’ai pas toujours envi que ce soit sous tes yeux. D’autant plus que tu m’as dis, si je suis discret, que tu préfères un bon gros mensonge, que de tout savoir. Alors moi, je pige pas! Parce que là, je voulais que tu n’en saches rien.
- Sauf que tu ne voulais pas que je le sache, tout en ayant une liaison. Que tu discutais avec elle des mensonges que tu allais me servir, etc. Tu me faisais passer pour une cloche.
- Est-ce que tu le savais l’autre soir... tu sais, le soir où on est parti avant les autres? Le soir où tu as été m’attendre dans la voiture parce que Jonas voulait me parler? Tu sais le soir où Manuella est venue me parler?
- Pourquoi? Cette fille t’as dis quelque chose ou demander que tu la renseigne sur ce que je savais?
- Heu... non, c’est juste que...
- Pas vrai. C’est certainement en rapport avec elle. Sinon, tu ne me poserais pas une question pareille.
- Elle a dit que tu savais. Elle était sûre que tu savais tout.
- Tu vois, j’avais raison! Non. Je ne savais pas que c’était elle. En fait, je ne l’avais pas reconnue. Je t’avais vu avec une fille, je connaissais son allure, mais je ne connaissais pas son nom, ni son visage. C’est seulement l’autre soir que je l’ai reconnue. Le soir où je t’ai demandé si tu me trompais. Et c’était pas à cause que je l’avais reconnue elle, non, mais son... (...parfum).
J’avais failli lui parler du parfum... Après tout, je pouvais lui mentir aussi. Il ne s’était pas gêné. Mais je ne voulais pas lui parler du parfum. Ça me permettra de le coincer s’il la voit dans mon dos. Mais pas s’il sait, il fera attention. Je ne pouvais pas le lui dire.
- C’est seulement ce soir là que j’ai fais le rapprochement et que j’ai imprimé sa tête. A cause des regards qu’elle me lançait. Aussi la façon qu'elle te regardait. Quelle garce... Elle voulait que tu me parles d’elle, c’est ça?
- A peu près oui.
Mon sang était en train de bouillir dans mes veines. Il devenait si épais qu’il passait avec peine dans mes veines. Je voulais la voir souffrir, et je ne savais pas comment m’y prendre. Mais pour l’heure, je ne vais pas l’interdire de la voir. Ce serait trop facile.
Après avoir discuter encore des heures, on commençait à fatiguer. J’avais mal à la tête. Pascal semblait crevé lui aussi. C’était encore trop tôt pour dormir dans ses bras, sans penser à l’autre bécasse. Mais, aussi complètement crétin de le laisser tout seul, alors que j’étais près de lui.
Je voulais que ce soit clair, que Pascal comprenne que ce n’est pas tant le fait qu’il la voit qui m’avait rendu si furax, c’était le fait qu’il conspire, qu’il complote avec elle contre moi. Qu’il choisisse de la mettre au courant de mon ignorance. De savoir qu’elle venait nous traîner autour en se moquant de moi. Et lui, il lui avait donné le droit de le faire.
J’ai fait le choix de jouer les conspiratrices avec lui. Contre elle.
Je ne voulais plus qu’il la laisse se mêler de ce que je savais ou non. Qu’il ne la laisse plus jouer avec mes sentiments. D’abord, il devait la rappeler, sinon, elle allait se douter de quelque chose. Je n’avais pas encore tout digérer, et en attendant que je sache ce que j’allais faire;
Je préférais qu’il lui dise que j’avais un truc, plutôt que lui faire savoir qu’il m’avait menti pour courir la voir. C’était la 1ère chose.
2ème chose; Pascal n’avait pas le droit de lui dire que je savais. Point barre.
3ème chose; Plus de petits clins d’oeil que je sois là ou non. Je veux qu’il l’ignore en publique. Qu’il ne lui adresse plus la parole. Bon, à moins que ce soit elle qui l’initialise, mais il doit rester distant et froid. C’est pas comme s’ils ne savaient pas comment faire pour se voir. Elle n’avait qu’à utiliser les sms comme tout le monde.
4ème chose; Je ne voulais pas que ses copains puissent se douter de quoi que ce soit. Pour ceux qui le savent, je veux qu’il pense qu’ils ne se voient plus.
C’était mes conditions. Et je ne lui ai pas caché que, pour l’instant, tant que je ne sais pas comment rendre les coups qu’ils m’ont portés l’un comme l’autre, je ne voulais pas qu’elle se doute qu’on a parlé d’elle.
Pascal n’a pas eu le temps de l’appeler, madame s’est pointé à sa porte. Il était plus de 1h du matin!
Heureusement, que je n’avais pas parqué devant la maison, elle ne se doutait pas de ma présence. Les rideaux étaient tirés aussi. Je ne voulais pas que Caro assiste, depuis les buissons du jardin, à notre « dispute » à propos de la bécasse.
Je me suis cachée dans la chambre d’amis, la porte légèrement entre-ouverte. J’ai laissé à Pascal le soin de mettre en pratique ce que je lui avais dit. C’était bien de savoir que pour une fois, Pascal était dans mon camp. On était une équipe.