163/2015 - Mise au point avec Pascal concernant Manuella

Publié le par JaneDo


Vendredi - 12 juin 2015 - 163/2015 - Mise au point avec Pascal concernant Manuella

Invitée à dîner, à jouer aux cartes - Retour pour me changer et re-départ - Aucune idée de l'heure à laquelle je serais de retour chez moi. Je prends quand même mon ordi.

J'hésite à mettre mon coca, lait, etc dans ma chambre. Cette conne, mal élevée, se sert de vos affaires sans même avoir l'idée de demander la permission. Rien qu'à l'idée de rentrer et constater qu'elle a avalé mes 3 litres de coca, et descendu mon lait, ça va me faire péter un câble. Donc, faut que je mettre hors d'atteinte mes affaires et fermer ma chambre à clé. Elle devait partir pour le week-end, mais elle a décidé de rester dans mes pattes.

Ouais, y a pas à dire, je ne suis plus faite pour vivre en communauté. Je ne supporte pas les gens qui ne sont pas aussi maniaque que moi. Bon, sauf en vacances, parce que je sais que ça ne va pas durer éternellement. Ce que je déteste le plus chez moi, c'est d'avoir pitié suivant l'expression qu'elle a. Des fois, elle n'est que fatiguée, mais ça me donne l'impression qu'elle est paumée et se sent seule et triste loin de sa famille, je regrette aussitôt d’avoir été dure avec elle!

Bon j'y vais avant qu'on se mette à m'appeler à tout va! Ça risque de m'énerver ça aussi. Je ne suis pas de très bonne humeur depuis ce week-end; j'aboie, ne supporte rien ni personne. Bref, je suis insupportable, et je m'en rends compte. L'effort de faire des efforts m'épuise et je pète encore plus facilement un câble!



Inutile de continuer à fuir, à éviter de confronter Pascal. Si je continue, Manuella trouvera le moyen de se glisser entre nous. Comme je me l’étais dis il y a quelques jours, il fallait que je retourne la situation, que ce soit avec moi que Pascal complote contre elle, et PAS le contraire.

Pascal m’a invitée à manger encore une fois, mais pour discuter, je préférais qu’on reste chez lui. Ce serait une horreur si je m’écroulais en larmes en public. De plus, me connaissant, si je pète un câble, ou si la moutarde me monte au nez, je risque de vouloir me tirer.

Si on est en public, il ne pourra rien faire pour que je change d’avis. Question d’amour propre. Mais, chez lui, il y avait une chance. Il a ouvert dès qu’il m’a entendu monter les marches de sa terrasse. Apparement, il devait me guetter. Il a voulu me faire un bisou, mais je l’ai repoussé. Pas envie.

Si Pascal pensait me faire craquer, il pouvait toujours courir. Je l’avais fais poireauter toute la soirée. J’avais passé la soirée à jouer aux cartes. Ce n’est qu’en rentrant que je l’ai appelé, en réponses à ses tonnes de messages. De toute façon, j’avais prévu de passer chez lui ce soir. Je ne lui avais juste pas donné d’heure.

Nerveux et un peu sur la défensive, Pascal m’a proposé à boire. Je me suis installée sur le coin d’un canapé et exprès, j’ai gardé le silence. Je l’ai laissé cogiter. C’était méchant, mais ça me faisait du bien de le voir flipper. Bon, peut-être que je suis un monstre, mais j’assume.

  • Elle te plaît? Est-ce que... Est-ce que t’es amoureux d’elle? Et s’il te plaît, pas de baratin, ne me raconte pas de conneries. Je veux la vérité.

Il s’est pris la tête entre les mains. Il avait l’air fatigué. On venait à peine de commencer à discuter, et il jouait les fatigués. La température de mon humeur a recommencer à grimper de manière vertigineuse.

  • Je ne sais pas. Je ne crois pas.
  • Tu m’as fais croire que Shandra t’intéressait, que tu la ramenais pour en fait aller chez Manuella? J’ai raison non?

Silence.... Il réfléchissait... Un peu trop longtemps à mon goût...

  • C’est pas comme ça. Je... Je n’avais pas l’intention de voir Manuella ce soir. Mais... Pascal a rougi, et m’a jeté un petit regard en coin. Il était embarrassé. Dès le moment où, je sais pas comment le dire, je crois que quant j’ai commencé à partir avec Shandra, j’ai pensé que Manu allait sauter au plafond, alors je... j’ai pensé faire semblant pour voir Manu, la rassurer.
  • La rassurer hein? T’as un sacré culot! Ou est-ce que tu as perdu ton cerveau? Ou il est juste tombé en dessous de la ceinture? La rassurer, j’hallucine! Est-ce que t’arrive à te mette à ma place et deviner ce que je ressens là, quant tu me dis ça?
  • Je sais... Nous les mecs, on est pas très malin quant il s’agit de... enfin, tu vois...
  • Oui! Tout par à vau-l’eau dès qu’il s’agit de tirer un coup! C’est vraiment naze!

Gros moment de silence. Je ne savais pas exactement ce que je ressentais. Je savais que j’avais encore des milliers de questions, mais rien me venait. J’étais trop sous le choc. Pascal faisait la grimace et se frottait la nuque;

  • J’oublie parfois que je pourrais te blesser... Je suis désolé. J’ai pensé que si je restais discret, tu n’en saurais rien.
  • Ouais... si tu avais été malin, ton attitude n’aurait pas changé, et je n’aurais rien su. Ton comportement t’a trahi. Ton comportement m’a trahi, m’a blessé, humilié. Je secouais la tête en faisait moi aussi la grimace comme si j’avais croqué dans un citron.
  • Je suis désolé.
  • Pfff... comme si d’être désolé allait tout effacer.
  • Non, mais, quoi dire d’autre? Je suis vraiment désolé. J’aimerai savoir comment me rattraper, tout effacer.
  • Tu rigoles? Tu ne pourra jamais effacer! A moins de liquider tous les témoins... ce qui veut dire, Manuella, sa ou ses copines, Caro, tes potes, Thomas? Parce que j’imagine que tous ces gens sont au courant, ils ont dû avoir pitié de moi, de la confiance que je te faisais. Ils ont dû vraiment me trouver stupide. Est-ce que tu penses arriver à les liquider, parce qu’à mon avis, c’est le seul moyen de tout effacer!

Ses yeux verts m’ont fixés avec effarement. Je crois qu’il comprenait que son pieux souhait de tout effacer était juste des paroles en l’air. On ne peut pas tout effacer, ou disons que le prix est trop élevé pour obtenir un résultat incertain. Pascal ne trouvait rien à dire. Forcément.

De mon côté, les bras croisés, les larmes aux yeux, en apparence impassible, j’essayais de ne pas me laisser aller à pleurnicher. Il fallait que je garde mon calme.
Je crachais mes mots, c’était pénible de me rappeler ses paroles.

  • Tu as dis "j'ai rencontré quelqu'un", Où l’as-tu rencontrée? Ou par qui ou je ne sais quoi?
  • Au chalet. Tu sais la fois où tu avais dis que tu ne montais pas, et que t’es finalement venue me faire une surprise. Ben, ce soir là.
  • Oh!

Pleins de choses désagréables me traversaient l’esprit. Je me rappelais très bien de cette soirée. Est-ce qu’elle était effectivement dans sa chambre? Aoutch, je sentais mes joues picoter quant je lui ai posé la question.

Non, elle n’était pas dans sa chambre. Elle avait failli l’être, mais il avait eu l’intuition que je pouvais débarquer à l’improviste.

Quoique, Pascal ne pensait pas que ça m’aurait dérangé, mais il ne voulait juste pas que je le trouve avec une autre fille, si je venais au chalet, c’est tout. Il était persuadé que Caroline m’avait appelée. Il l’avait pressenti.

Manuella avait gardé le contact avec Jonas. C’est comme ça qu’ils ont repris contact. Evidemment, je voulais savoir qui a contacté qui. Ouf, c’était elle. Ils ont été prendre un verre ensemble la première fois. Ils s’entendaient bien, le courant passait. Elle lui plaisait. Ils se plaisaient, alors ils ont décidés de se revoir.

En avouant ça, il a encore piqué un coup de fard. Ses yeux parlaient au bras du fauteuil sur lequel j’étais assise, au tableau contre le mur derrière ma tête, à mon épaule droite, à une de mes boucles d’oreille. Bref, Pascal évitait soigneusement de croiser mon regard.

  • Est-ce que tu lui as dis pour moi? Tu lui as parlé de moi?

Je connaissais la réponse, mais de temps en temps, il fallait que je joue au détecteur de mensonges, pour être sûre qu’il continuait à être honnête avec moi.

  • Alors vous parliez de moi, complotiez pour organiser vos petits rendez-vous? Elle venait me tourner autour, vous échangiez de petits signes, de petits regards, tout ça dans mon dos? Devant nos potes?
  • Heu... on peut dire ça.
  • Me faisant passer du coup pour la reine des connes! Tu trouves ça correct Pascal?
  • Maintenant non... mais sur le coup, je n’y ai jamais pensé. Je n’ai pas réalisé... Je...

Pascal se sentait très mal à l’aise, je pouvais très bien le comprendre. A mesure qu’on parlait, le vide s’installait en moi. Aucune idée de ce que je ressentais. D’un côté, ça me faisait trop mal au coeur de le pousser dans ses retranchements. De l’humilier en quelque sorte, mais aussitôt, j’ai pensé à tout ce qu’il m’avait humiliée, et j’ai eu nettement moins de compassion.

  • Ouais... Clairement que tu ne réalisais rien. Je suis tellement déçue. Avec toute la marge, la liberté que je te laisse, tu arrives à me faire un truc pareille... ça me fait vraiment mal.
  • Je vais couper les ponts avec elle. Si tu veux, je l’appelle maintenant et je...
  • Puis quoi? Ça l’a coupé dans son élan. Tu devrais me connaître depuis le temps. Je ne veux pas t’empêcher de la voir, mais en même temps, pour te punir, je sais que je devrais. Je secouais la tête dubitative. Je ne comprends pas que tu ne m’aies pas fait confiance.
  • Jane, c’est pas ça. C’est juste que, je pensais pouvoir rester sous les radars, et que tu ne l’apprendrais pas...
  • Oui... pour ça, il aurait fallu que ça reste une aventure d’une nuit, et pas... cette espèce de merde dans lequel tu l’as laissée t’entraîner. Rien que d’y penser, ça me rend malade... tous ces petites discussions, avec elle, sur les mensonges que t’allais me servir. A vous faire des clins d’oeils dans mon dos, alors que j’étais là, dans l’ignorance totale, à rire, à te faire confiance, à croire que tout allait bien...

D’en parler, la colère remontait à la surface. Les petits regards que j’avais perçus revenaient me frapper de plein fouet. Mais, je devais rester calme si je veux retourner la situation en ma faveur. Je l’ai regardé froidement.

  • Mais tu sais... tu n’as pas été aussi discret que ça. J’avais capté quelques uns de vos petits regards, et je t’ai suivi... Tes mensonges après, soi-disant soirée entre copains et autres, pfff... Je vous ai vu, et... je t’en ai voulu. Je t’ai vu l’embrasser, dehors, au vu de tous... Et tu veux me faire croire que tu voulais rester discret? Et la façon que tu l’as embrassée! Est-ce que tu es amoureux d’elle?

Il était un peu plus de minuit, et on avait pas encore fait le quart du tour du problème.

J’avais mal partout, courbaturée comme si j’avais passé des heures à faire des exercices. Ce devait être la tension que je ressentais dans les épaules. Qu’est-ce que j’allais faire??? Je sentais qu’on allait y passer la nuit. Peut-être même pas dormir. Parce que je ne crois pas que j’arriverais à fermer l’oeil avant d’avoir réussi à réduire la taille de la bûche qui compressait ma poitrine.

  • Je ne sais pas Jane... Il a pris un grand bol d’air pour remplir ses poumons avant d’expirer, comme s’il cherchait à garder son calme. Tu sais... on attrape les abeilles avec du miel... ça fait partie du jeu!

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