166/2013 - Comment lui rendre le sourire...
Samedi, 15 juin 2013 - 166/2013
12h00 - 0h00 - Comment lui rendre le sourire!
Samedi matin, je me suis réveillée avant Pascal, angoissée après un cauchemar. Je crois que j’avais peur d’être seule, que Pascal ne soit pas là. Mon cauchemar m’avait fait oublié qu’il dormait à mes côtés. J’ai été soulagée et rassurée de le regarder dormir. Il semblait en proie lui aussi à des cauchemars. Pour le rassurer et le calmer, je lui caressé les tempes. Je crois l’avoir senti se détendre.
J’avais commandé le déjeuner, mais Pascal n’avait pas faim. Il avait la mine triste malgré l’effort qu’il faisait pour sourire. Je crois qu’il n’avait pas envie de reparler d’hier soir, alors je ne suis pas revenue sur le sujet. C’était la première fois qu’il me racontait aussi facilement ses déboires avec sa famille. Ça me faisait plaisir qu’il me fasse confiance, mais je ne savais pas quoi faire pour qu’il se sente mieux.
C’était une lourde responsabilité d’être là, d’avoir été la confidente de lourds secrets, de déception… C’est lourd de ne pas savoir quoi faire. Finalement, je crois que je préfère qu’il se confie à Caroline. Je me demande ce qu’elle ferait? J’étais paumée. J’espère qu’il n’y pense pas lui aussi, qu’il ne nous compare pas! J’espère qu’il ne regrettait pas de n’avoir que moi sous la main!
Je crois que Pascal a prétendu avoir quelque chose, parce qu’il avait besoin d’être seul. Il était mal.
Je suis restée à l’hôtel, je n’avais rien de prévu moi. 1h après, Pascal est revenu. Il avait été rouler sans but. Il ne s’attendait pas à me voir je crois. Il a voulu proposé qu’on sorte manger, mais j’ai senti qu’il n’en avait pas vraiment envi. Ni vraiment envie de discuter. J’ai donc proposé qu’on reste tranquille et qu’on mange dans la chambre. Ça lui convenait. Mais, il n’a rien mangé.
Pascal est resté allongé les yeux dans le vague. Il était rongé de l’intérieur.
En feuilletant la brochure de l’hôtel, j’ai vu qu’il y avait une piscine intérieur et extérieur. J’ai donc proposé à Pascal qu’on aille faire un tour à la piscine pour se détendre. J’avais eu une brillante idée. On est donc passé à la boutique pour se procurer des maillots de bains. Pascal a fait plusieurs traversées rapides, comme s’il était à l’entraînement, et ça a eu un effet bénéfique sur son humeur. Il avait besoin de s’épuiser à quelque chose.
Il a paru nettement plus détendu, plus calme. Mais son regard restait triste.
Je crois que j’avais de la chance d’être avec lui après sa soirée d’hier. Oui, je crois que c’était une chance, parce que, je crois qu’il avait besoin d’une présence. Il avait besoin de câlin, sans avoir besoin de parler. Il me regardait lire, me lançait de petits sourires, tout en se collant à moi. Comme un enfant qui cherche le réconfort. Quelque part, ça nous rapprochait.
Quant on est remonté à la chambre, il s’est presque aussitôt endormi. Cette fois, il semblait plus calme et serein. De temps à autre, il se réveillait en sursaut et semblait rassuré de me voir. Je lisais allongée dans le lit. Pascal posait sa main sur mon ventre et se rendormait plus paisiblement. C’était comme s’il voulait être sûr que je ne disparaisse pas. C’était attendrissant.
Vers 20h, après s’être débarrassé de ses fantômes dans son sommeil, Pascal a pris une douche et on est sorti.
Pour ne croiser personne, on a été jusqu’à Montreux pour manger. Puis, on s’est baladé au bord du lac. Pascal était toujours un poil silencieux, mais il faisait des efforts pour me faire oublier son humeur maussade. Je lui ai dis de ne pas se donner autant de mal, je comprenais ce qu’il pouvait ressentir, et que son silence ne me gênait pas. Il a passé son bras autour de mes épaules, me serrant contre lui et on a marché longtemps en silence. Moi, ça m’allait aussi. J’étais avec lui, c’est tout ce qui comptait. Je n’ai jamais eu besoin de parler des masses.
On s’est assis à une terrasse et j’ai mangé un glace. Pascal a éclaté de rire quant je me suis larvée avec ma glace. Petite maladresse parce que j’ai surpris son regard m’observant. En riant de bon coeur, il a entrepris de nettoyer mon t-shirt. C’était juste pire. J’avais une grosse tâche mouillée sur le sein droite. Rire l’avait fait oublié pendant un petit moment sa tristesse.
Plus détendu, Pascal m’a raconté que Jess ne l’avait pas prévu de son arrivée. Il avait été désagréablement mis devant le fait. Apparemment, Thomas le savait et ça l’avait déjà énervé qu’il ne lui en parle pas. En rentrant du boulot, il l’avait trouvée là, installée chez lui. J‘ai préféré ne pas faire de commentaire sur le sujet, mais je l’écoutais, c’est ce qui comptait.
Ça et là, je lançais un “pas cool”, mais c’est tout.
La piscine lui avait fait beaucoup de bien. On aurait dit qu’il avait laissé dans l’eau ses préoccupations. Il riait de bon coeur à mes plaisanteries. Je lui ai raconté le coup que Dol m’avait fait au Bleu et il a ri. Il m’a aussi raconté les trucs rigolos qui se sont passés à son boulot, et les prises de têtes marrantes avec un de ses collègues. Ça semblait être leur façon à eux de communiquer. Ils étaient rarement d’accord. Ça semblait amuser Pascal. C’était un mec plutôt coincé, qui n’avait aucun sens de l’humour.
La petite ballade avant de rentrer, après la glace était plus sonore, on a parlé tout le long. Rigolé aussi beaucoup. Je crois que les nuages noires qu’il s’était accumulé au-dessus de sa tête s’étaient envolés. Au retour au Beau Rivage, ils avaient disparus. J’avais enfin retrouvé mon Pascal… Le tendre, le doux, le souriant Pascal.