173/2012 - Manque 1 partie de moi...

Publié le par JaneDo

Jeudi, 21 juin 2012 (173/2012)  -  Et la vie semble continuer, mais il me manque une partie de moi…

Je me sens anéantie par la mort de mon frère. La plupart du temps j’essaie de ne pas y penser, de mettre la musique ou la télé à fond pour ne pas laisser de place dans ma tête pour penser. Parfois quand je me surprends à rire ou même bêtement en me faisant à manger, je craque. Les larmes se bousculent au portillon et je dois vite me changer les idées avec n’importe quoi. J’ai le cœur lourd, pourtant, je ne devrais pas, Mark a raison, c’était une belle mort.

Mais quand même… De penser que je n’entendrais plus jamais sa voix, son rire, que chaque fois que je penserais à lui, je dois me rappeler qu’il n’est plus des nôtres, me fiche le cafard. En même temps, quelque part, je n’arrive pas à réaliser, mais je réalise aussi. Ma tête me fait mal. Pfff. J'ai le coeur briser, le chagrin me submerge et je ne peux rien faire. Je me laisse emporter par les vagues et je sombre.

Oh Pascal, désolée, je ne sais pas quoi te dire, je suis tellement désolée, je n’ai pas envie de parler… Oh et les câlins pas envie non plus… Trop désolée. Peux pas.

Des images atroces comme le fait qu’il dort dans un casier d’une morgue me tord l’estomac et les larmes palpitent, je les sens monter. Je ne veux pas le voir étendu, froid, sans vie, et pourtant, je ne supporte pas l’idée de ne pas pouvoir y aller pour son enterrement. De ne pas revoir son visage une dernière fois.

J’ai l’impression qu’on m’avait arraché toute une partie de moi, toute ma famille africaine. Chaque fois que je vois un visage de là-bas , un visage africain, ou que le mot Afrique apparaît quelque part, ça me brise.

Bientôt ce sera mon tour, je dormirais aussi dans un box en attendant qu’on me jette au fond d’une fosse. Qui en aura quelque chose à foutre? Personne. La vie continuera quand même. Qui saura ce qui me plaisait, qui penserait encore à moi? Personne. Et la vie continuera non-stop. Les gens s’amuseront, riront, ceux que j’ai connu aussi, sans même un souvenir de moi. Qui m’aura vraiment  et sincèrement aimée? Ça n’aura plus aucune espèce d’importance.

Les regrets ne serviront plus à rien. Le regret des vivants… Ça sonne drôlement bizarre! Je serais morte. Plus qu’un amas de chair et de tissu qu’on oubliera au fond d’un trou. Pourvu qu’on m’incinère! Hhhhh, oh non… Je viens de réaliser pourquoi... les angoisses…

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A
Coucou Jane, ça va pas fort à ce que je vois. On est deux au moins. Même si ta peine est surement plus plus grande. Ton article me donne froid dans le dos, et rappelle les craintes les plus profondes d'un être humain. Je suis désolée pour ta perte dans tous les cas, si tu veux discuter par mp, je suis là. Et oui, le monde continue toujours de tourner rond, sauf pour les personnes qui sont affectées d'un accident de la vie.Tiens le coup ma Jane, je t'embrasse fort. 
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