175/2012 - Sortie pour Pascal
Samedi, 23 juin 2012 - (175/2012) - Sortie pour Pascal…
Je suis mal et je fais du mal à celui que j’aime, c’est nul. Mais je n’arrive pas à me sortir de mon marasme. C’est affreux, j’arrive é sortir avec des copines quant elles ne savent rien, comme hier avec Dol, mais quant il s’agit de Pascal, ou même Thomas, zip, je peux pas.
Peut-être parce Pascal m’observe souvent et il verrait tout de suite que quelque chose cloche. Puis, avec les autres, y a pas de bisous bisous, câlins câlins, je leur fait seulement la bise. Je n’ai pas besoin de les toucher plus, et eux non plus. Puis, même si par moment j’ai la mine défaite, ou si je suis triste, ils ne remarquent rien. Même si j’ai les larmes aux yeux, pff, ils s’en foutent pas mal, ils sont trop préoccupés par leurs propres personnes pour remarquer quoi que ce soit.
Je fonctionne bien avec les gens qui ne savent rien et qui ne remarqueraient pas de changements dans mon comportement. Avec Pascal, ou même Thomas, c’est pas possible. Trop de contacts physiques, et ça, je peux pas. Je sais bien que c’est atroce de le laisser sans nouvelles, mais j’ai les bras qui tombent dès que je dois mettre en mots, alors je n’arrive pas.
Pascal devient fou à essayer de m’appeler, il m’a envoyé une tonne de messages. Je n’ai pas réussi à tout lire. Surement fatigué de ne pas obtenir de réponses, il est venu sonner. Aiiiiie. J’ai pas répondu à la porte. Ça m’a brisé de l’entendre m’appeler derrière la porte, persuadé que j’étais là et ne comprenant pas pourquoi je ne voulais pas lui parler. C’était affreux de lui faire ça. Je n’avais même pas osé le regarder par l’œil de bœuf, ça m’aurait fait mal de le voir. Il ne pouvait pas rester longtemps, et quant il est parti, ça m’a fait mal aussi.
Il avait eu l’air si perdu, si désespéré… J’allais devoir faire un effort pour lui …
Je lui ai envoyé un message pour dire que j’avais vu ses messages, que j’étais hyper désolée, mais je ne me sentais pas d’humeur de voir du monde. J’avais de graves problèmes familiaux. Je lui ai demandé de n’en parler à personne, je ne voulais pas qu’on me bombarde de questions ou qu’on cherche à me tirer les vers du nez pour me faire parler de quelque chose dont je n’avais pas envie de parler. Je lui ai aussi dit que je n’avais envie de voir personne.
C’est là que j’ai réalisé que de voir les gens trop rire ou trop s’amuser me feraient complètement flipper!
Je lui ai aussi dit que de voir du monde me fait un peu peur pour l’instant, que je m’excusais. J’ai prétendu que je ne me sentais pas très bien, un rhume ou un truc du genre. Et que dès que je me sentirais mieux, je l’appellerais. Qu’il ne fallait pas qu’il s’inquiète, que ça n’avait absolument rien à voir avec lui, qu’il n’avait rien fait de mal. Tout allait bien. C’est moi qui n’allais pas bien.
J’ai été incapable de lui dire que je l’aimais et pourtant, je le pensais.
Toute la journée et même pendant la soirée, Pascal a continué a essayé de me faire sortir de ma coquille en m’envoyant de petits messages d’encouragements, pour me dire qu’il pensait à moi, qu’il m’adorait et que je lui manquais. C’était gentil. J’avais pensé que j’allais me sentir mieux, mais même pas.
Le soir, j’ai décidé de faire un petit effort et d’aller les rejoindre au pub où on avait l’habitude de se retrouver. C’était surtout pour Pascal.
Assise dans ma voiture, je voyais l’intérieur, et j’hésitais encore à y aller. Mais je voulais aussi être sûr qu’ils y étaient avant d’entrer là-bas. Rhhh, il y avait trop de monde, j’ai eu un haut le cœur. Puis, j’ai vu Pascal, puis Thomas, et les autres. Ils étaient bien là. Pascal n’avait pas l’air de s’amuser plus que d’ordinaire. Il discutait, simplement. Evidemment, Caro n’était pas loin. Même collée à ses baskets. Comme à son habitude, Jess papillonnait. On ne pouvait pas la louper, elle aimait être le centre du monde.
Afff, je n’y arriverais pas. J’avais pensé pouvoir entrer là-bas comme si de rien, mais je n’en avais pas la force. La nausée me montait à la tête direct. Pfff, non je ne peux pas. C’était bizarre, mais j’avais une impression d’être derrière la toile, comme si je regardais un film. J’étais déconnectée. Par moment, des images du corps de mon frère, mutilé par une autopsie, dans un tiroir d’une morgue venaient cour circuiter ma vision. Non, je n’étais pas d’attaque.
J’ai fait demi-tour… m’arrêter quelques kilomètres plus loin. Nul… Je devais essayer… Au moins essayer… Si je ne me sens pas bien, j’avais ma voiture, je pouvais toujours partir aussi sec.
Quant je suis entrée dans le bar, le bruit, la musique, les odeurs m’ont giflée. J’ai dû reprendre mon souffle pour ne pas repartir en courant et me rappeler aussi que j’étais allée prendre un verre avec Dol, alors, je pouvais supporter un peu plus de bruits et de monde. Pascal a levé les yeux dans ma direction. En allant vers lui, tout ce que je me rappelle avoir pensé c’était; pourvu qu’il ne me prenne pas dans ses bras, pourvu qu’il n’essaie pas de m’embrasser.
C’était carrément idiot, Pascal ne ferait jamais un truc pareil avec sa femme dans le bar! Et pas dans un endroit public!
Comme toujours, c’est presque toujours Pascal que je salue en dernier. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est comme ça. Après avoir salué tout le monde, je suis arrivée vers lui pour lui faire la bise. C’est le moment qu’a choisi Jess pour venir se jeter au cou de son mari. Pascal était aussi surpris que moi. J’ai eu un moment de recul. Pascal ne me quittait pas des yeux, il m’a attrapé par le bras et après avoir écouté ce que Jess semblait vouloir lui dire. Et même si elle était toujours avec son bras autour de son cou, Pascal m’a demandé de sortir fumer un clope avec lui.
Jess a été prise de court, elle n’a pas pu nous suivre. Surtout que Pascal l’a soulevée et posée sur le tabouret sur lequel il était à moitié assis.
Dehors, il m’a fait un bisou avant de me tendre une clope qu’il a allumé pour moi. J’ai remarqué après que Pascal s’était mis face à l’entrée, probablement pour éviter que Jess n’essaie de m’agresser. C’était adorable. J’avais oublié ça moi. Je voyais bien qu’il voulait savoir ce qui se passait, pourquoi j’étais si absente ces derniers temps, mais il n’a pas essayé de me sortir les vers du nez. Il m’a juste reproché d’être une sale gamine de l'avoir laissé dans le vague pendant si longtemps. Il avait été inquiet.
Je n’étais pas très bavarde et je voyais bien qu’il m’observait. Pascal a essayé de me proposer de se retrouver après, ou d’aller boire quelque chose ailleurs. Mais… non… je ne voulais pas. J’avais trop peur qu’il tente quelque chose qui risquerait de me refroidir complètement.
A la 2ème clope, je lui ai dit que je ne retournais pas dedans. J’étais juste venue pour lui faire un petit coucou. Ça c’est fait, maintenant, je voulais retourner chez moi. A la petite grimace qu’il a faite, je crois que Pascal a compris que ça ne servait à rien d’insister. Après un petit bisou sur la joue, il m’a laissé filer. Il s’excuserait pour moi auprès des autres.
Jeeez, qu’est-ce que j’étais soulagée de partir… contente de rentrer chez moi…