180/14 - C'était un jour sans!
Dimanche, 29 juin 2014 - 180/14 - C'était un jour sans!
Caroline tardait à arriver, et ma patience s’amenuisait vitesse grand v, j’ai donc tenté une approche. Discrète. Je tremblais de trouille. Sur la terrasse, je me suis approchée de la porte. Au cas où Pascal et son visiteur sortaient, par exemple, pour fumer une clope, je ferais semblant d’être sur le point de sonner à sa porte.
Le son cristallin d’un rire féminin m’a clouée sur place quelques secondes, puis j’ai pris la fuite.
Non, je ne m'y attendais pas. Même si j'avais envisagé qu'il puisse être sorti, ou avec des copains, ou même avec une fille, mon cerveau n'y avait pas cru. Inconsciemment, j'étais persuadée qu'il était à la maison tout seul, à faire la tête, à boutiquer. Je savais qu'il n'avait peut-être pas envi de me voir, mais qu'il espérait secrètement me voir débarquer. Tout, sauf qu'il pouvait passer une soirée agréable à rire.
Je ne voulais pas savoir qui était là. Exclus que j’aille sonner. Et plus question d’attendre Caroline. Je voulais seulement m’éloigner d’ici le plus vite possible. Regrettais même d’être passée. D’ailleurs pourquoi est-ce que j’étais passée chez lui? Pour lui parler? De quoi? Encore m’excuser?
De retour à ma voiture, j’ai envoyé un message à Caroline pour lui dire que je rentrais. Je crois bien que je l’avais croisé, mais je n’en étais pas sûre, et si c’était le cas, elle ne m’avait pas vue non plus. J’ai filé droit devant, vite, et je suis rentrée me terrer chez moi. Peut-être que j’aurai dû tenter d’appeler Pascal au téléphone? Non. Non non. Je ne savais rien, n’avais rien vu, rien à dire. J’attendrais qu’il m’appelle… ou pas.
J’ai eu de la peine à trouver le sommeil. J’ai regarder quelques séries que j’avais enregistré. Hésité un nombre incalculable de fois à appeler chez Pascal. Ou même d’appeler Caro pour en savoir plus. J’avais trop peur d’avoir le coeur brisé encore une fois, alors je préférais nettement jouer les autruches. J’aurai plutôt dû réfléchir à quoi faire pour que Pascal me pardonne, au lieu de me lamenter sur mon sort.
Mon nouveau coloc arrivait en fin d’après-midi, alors autant profiter un max d’être encore seule chez moi. Mais comment apprécier ce temps, si tout allait mal? Raide morte au première heure du jour, je me suis forcée à me coucher et attendre le sommeil. Le seul problème, c’est que la tête elle, n’arrête pas de m’envoyer des images que je ne veux pas voir.
J’ai été réveillée vers midi, par le coup de fils d’une copine, Aurore. Je ne savais pas combien d’heures j’avais dormi, mais certainement pas assez, parce que j’étais cassée de fatigue. J’ai larvé sur mon canapé, refusant toutes les propositions des copines de se retrouver pour déjeuner ensemble.
Le coloc a commencé à m’appeler aussi vers midi et demi. Je n’ai pas répondu. Oh! Il n’allait pas commencé à me faire chier déjà lui? Hors de question de me taper de la compagnie avant la fin de la journée. J’avais bien l’intention de profiter de mes dernières heures seule, sans me faire emmerder par des téléphones indésirables. J’ai planté mon natel sur silence.
19h, le coloc, José, est arrivé avec son frère. Je pensais que son frère aîné, Salvatore, était là pour l’aider, mais non! Il avait trouvé quelque chose près de Romont et échangeait sa place avec son frère. L’appart que José avait trouvé est sale, petit, encombré, mais c’était près de son boulot. Il laissait le meilleur appart à son grand frère et se contentait du modeste logement qu'il avait trouvé en attendant de trouver autre chose.
Bon! M’en fou moi. Salva parle moins bien le français, alors je pense que j’aurai la paix, parce que José est tellement bavard, qu’il donnerait envie aux moustiques de se suicider sur le point de lumière le plus proche. Je les ai donc laissé installer Salva, ensuite ils sont partis pour aller installer le petit frère à Romont. Cool, encore quelques heures de paix royale.
Quelques heures où je n’ai pas trop pensé à Pascal. Même si je ne voulais pas le reconnaître, je me sentais triste...