181/2013 - Un moment de répit

Publié le par JaneDo


Dimanche, 30 juin 2013 - 181/2013 - Profiter d’un moment de répit..

Caroline m’avait vu en train de pleurer, assise sur les marches du porche chez Pascal l’autre soir. Elle était à son poste d’observation. Elle avait failli sortir de sa cachette pour venir me consoler. Même si elle n’avait aucune idée quoi dire dans des moments pareils. Elle avait été bien avisée de ne pas se précipiter. Elle a vu Pascal revenir me prendre dans ses bras.

J’étais contente, Pascal était rentré après un court passage chez Elodie. Au moins, il tenait un peu à moi et à tout ce qu’on avait traversé ensemble.

Sachant que je ne pourrais pas le voir hier soir, j’avais prévenu Caroline de prendre la relève. Elle avait eu beaucoup de peine à le convaincre. Il voulait, paraît-il, rester tranquille ce soir-là. Chez lui. Après avoir lourdement insisté, lui avoir proposé passer juste manger, Pascal a fini par accepter de passer un petit moment. Puis, voyant qu’on ne pouvait pas se voir, ils ont passés la soirée ensemble.

Caroline m’a dit qu’il n’avait pas été très bavard. Un peu dans la lune. Comme si Pascal était perdu dans ses pensées, ou sur une autre planète. Caroline avait suivi mon conseil; évité de mentionner Elodie.

J’étais crevée après la journée de déménagement d’hier, mais je voulais voir Pascal. En fin de matinée, je lui ai d’abord envoyé un message, puis comme il n’y répondais pas. J’ai tenté ma chance à l’appeler. Il n’avait pas fait attention, et n’avait donc pas vu mon message. Il ne faisait rien de spécial. Thomas recevait comme d’habitude quelques copains, et il avait pensé passer un moment.

Je lui ai dit que je m’ennuyais de lui, que j’avais envie de le voir. Je n’ai pas eu l’impression qu’il se soit fait prié, au contraire. Ou c’est peut-être mon imagination, ou ce que je veux croire?

On s’est retrouvé dans un café à Ouchy pour prendre un verre. Puis, on s’est baladé un moment au bord du lac. C’est vrai qu’il n’était pas très causant, mais qu’importe, j’étais avec lui. Il me tenait pas la main. Ce qui me rendait très heureuse. Dire que je me sens poussé des ailes pour des broutilles pareilles; se tenir par la main. Un moment, il a passé son bras autour de mes épaules. Je ne sentais plus mes jambes, j’avais l’impression de planer littéralement.

Juste après, il m’a proposé d’aller chez lui. Etonnée, je lui ai demandé si Jess ne risquait pas de péter un câble. Normal, parce que l’autre soir, il avait utilisé ce prétexte pour me demander de partir. En y repensant, ça m’a fait un petit coup de chagrin, mais j’ai vite zappé.

A la maison, on s’est larvé un moment devant la télé. Sa femme n’avait pas l’air peinée par ma présence. Elle s’est même jointe à nous. Par contre, Pascal évitait les débordements d’affection. Donc, j’ai été ravie quant elle est partie pour aller chez une de ses copines pour passer la soirée. Pascal a accompagné sa femme dehors. Moi, je n’ai pas osé le suivre, ni bougé du canapé. On entendait le bruit provenant de l’appartement à Thomas. On dirait qu’ils faisaient de la musique. J’ai entendu Thomas l’appeler et lui demander de monter, alors qu’il était dehors avec sa femme.


Pascal lui a dit qu’il avait de la visite, et Thomas a compris que c’était moi. Probablement à cause de ma voiture. Il est descendu par les escaliers qu’ils ont fait construire et qui reliait les 2 appartements pour me demander également de monter avec Pascal. J’avais entendu Pascal refuser, alors j’ai prétendu que je préférais les laisser entre mecs.

Pascal était revenu entre temps, et l’a renvoyé en rigolant, s’occuper de ses invités.

Après l’autre soir, je pensais que ce serait un peu tendu. Qu’on parlerait peut-être de ce qui s’était passé, ou peut-être que Pascal chercherait à s’expliquer, ou me demanderait ce qui m’avait pris. Mais rien de tout ça. Pascal a agi comme si rien ne s’était passé. On a passé un tendre après-midi, couché presque l’un sur l’autre sur le canapé à regarder des films. On s’est beaucoup embrassé.

Est-ce que j’aurai dû lui poser des questions? Lui dire que je savais qu’il se passait des trucs pas très nets avec Elodie? Non. Je voulais profiter de ce petit moment de répit. Profiter de ses bras, sa tendresse. De son affection. Profiter de chaque seconde avec lui. Sans lui prendre la tête. Lui rappeler comme on était bien ensemble.

Chiant, depuis que je n'ai plus d'appart, c'est un peu limite côté intimité. C'est pas comme si on allait tout le temps, chez moi, mais, là, depuis l'apparition de Jess, on n'a pas d'endroit où aller... à part à l'hôtel. Si ce n'est pas Pascal qui propose, je n'ai pas les moyens de le faire. si c'est pour proposer une chambre miteuse, à la hauteur de mes moyens, mieux vaut rester sur le canapé chez lui.


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