180/2013 - Peut-être 1 petite chance?

Publié le par JaneDo

Samedi, 29 juin 2013  - 180/2013 - Peut-être une petite chance?

Pascal a rapidement repris ses esprits. Il m'a dit qu'il devait aller chercher sa femme. Il me prend vraiment pour une idiote ou quoi? Alors, pourquoi le taxi devant la maison tout à l'heure? Donc, Jess était partie sans attendre son taxi, et lui s'était habillé, de pieds en cape, à tout hasard, pour aller la chercher? Elle ne pouvait pas prendre un taxi pour rentrer?

Comme je m'y attendais, Pascal a prétendu que c'était certainement Jess qui devait s'impatienter. Son histoire ne tenait pas debout! Pascal... Franchement! Il pensait sérieusement que j'allais avaler cette couleuvre là? Bon, ben, j'ai joué le jeu!

Il m’a fait comprendre qu’il fallait que je m’en aille. Sa femme n’apprécierait pas de me trouver là en rentrant. Pour l’embêter, j’ai fait mine de vouloir appeler Jess pour lui demander. Pascal m’en a empêché. Il préférait que Jess n’apprenne pas que j’étais passée à la maison.

J’aurai pu lui balancer que je savais que le taxi n’était pas pour Jess, mais pour lui. Qu’il cherchait à brouiller les pistes, pour que je ne puisse pas trouver sa voiture chez Elodie. Qu’il était rentré se changer pour aller chez Elodie, ou pour sortir. Avec elle, ou elle et ses potes. Que j’étais loin d’être dupe. Mais, ça n’aurait servi qu’à nous mettre dans une position désagréable, et nous mener à des explications saignantes. Qui risquaient de faire très mal.

Entre les messages et les appels dans le vide, son natel n’arrêtaient pas de sonner. Pascal insistait, il devait y aller. Je tremblais intérieurement. Je savais que ça allait en arriver là. J’avais beau réfléchir, aucune idée comment parer le coup.

Il y a quelque temps, Pascal m’aurait proposé de l’accompagner, si c’était vraiment pour aller chercher Jess. Mais là, rien. Il voulait se débarrasser de moi. Ça, c’était certain.

Sans que je m’en rende compte, les larmes ont commencés à dévalés les pentes de mes joues. Je n’ai même rien senti, jusqu’à ce qu’une goutte me chatouille le bout du nez. Pascal s’est détourné. Normalement, il m’aurait prise dans ses bras, mais là, il évitait soigneusement de me regarder. Même, Pascal semblait encore plus énervé. Son ton était sec, tranchant. Pascal voulait me voir partir.

D’ailleurs, alliant le geste à la parole, il se tenait devant la porte ouverte, pour me signifier qu’il était temps que je dégage. C’est bon, j’avais compris. Le regard brouillé, je ne voyais pas grand chose, juste la lumière flou du porche. Je me suis effondrée sur les premières marches. Mes jambes ne me portaient plus. Et l’estomac? En vrac.

Pascal est passé près de moi, me rappelant qu’il faudrait que je rentre. Pour adoucir ses paroles, ayant enfin l’occasion de filer rejoindre l’autre pouffiasse, il a promis de m’appeler demain. A travers mes larmes, je l’ai regardé monter en voiture, suivi des yeux, jusqu’à ce que la nuit l’absorbe et le fasse disparaître.

Il reviendra. Il le faut. Pascal ne peut pas m’abandonner ainsi, toute seule dans la nuit. Jamais. Parce qu’il m’aime. Je priais pour que je ne sois pas en train de délirer. Peut-être qu’il ne reviendra pas? Jamais personne n’est revenu me chercher. J’ai toujours été froidement abandonnée, comme un chien au bord de la route. Lui non plus ne reviendra pas. Cette fois, les sanglots sont venus briser le silence de la nuit. Je pouvais pleurer, il n’y avait personne pour m’entendre.

Je n’étais pas aussi blindée que je le pensais. En ce moment, je me sentais faible, seule, perdue. Il me manquait. La douleur me faisait mal à la peau. Je suppliais le ciel et la terre, l’enfer même. J’étais prête à faire un pacte avec le Diable s’il le fallait pour le voir revenir. Mais, j’étais sûre que c’était en vain. Il n’y a ni Dieu, ni Diable, donc personne pour entendre mes prières. De toute façon, je n’avais jamais eu de réponses à mes prières.

Je n’ai jamais eu de chance, ça ne me manquait pas des masses. Pour une fois, j’aurai aimé en avoir un peu.  Alors, je n’ai pas compris quant ses bras m’ont entourés. J’ai d’abord cru que c’était mon imagination, poussant le vice à sentir, à avoir l’impression d’être touchée. Ce qui m’a rendue encore plus triste.

Pascal a pris ma tête pour le poser sur son épaule. Sa joue contre mon visage m’a fait réalisé que je ne rêvais pas. Alors, il était revenu… J’avais de la peine à le croire. Il était bien revenu. Je me suis serrée aussi fort que je le pouvais contre lui. Impossible d’arrêter le flots de pleurs qui s’échappaient de ma gorge. Si j’avais pu m’encastrer en lui, je l’aurai fait.

Il me chuchotait des mots que je ne comprenais pas, mais le ton de sa voix m’apaisait. Pascal était revenu pour moi. Alors, il m’aimait encore. Je n’en avais plus été aussi sûre. Puis les mots commençaient à percuter dans mon cerveau. Pascal me demandait d’arrêter de pleurer. Qu’il n’aimait pas être la source de mes larmes. Qu’il n’aimait pas me voir triste, pleurer. Qu’il n’avait pas pu partir en me laissant comme ça, si seule, assise sur les marches de sa terrasse, dans le noir.

Ses petits bisous sur la tempe, le nez, la joue, m’ont apaisés.

Son retour avait pansé la douleur que je ressentais. C’était bon, je me suis sentie mieux. Je le lui ai dit. Il pouvait y aller, je ne pleurerais plus. Il s’est moqués gentiment, parce que je pleurais encore. Ce n’était que des hoquets. Je faisais tout pour cautériser la digue. Je ne voulais pas qu’il se sente coupable, il était revenu, c’était tout ce qui comptait. Toute la peine du monde qui s’était abattu sur mon coeur s’était envolé.

Pascal ne voulait pas me laisser. Il disait qu’il appellerait pour avertir, que Jess pouvait très bien prendre un taxi, ou rentrer avec Thomas. Mais, je savais que Jess n’était pas en question. Pascal avait rendez-vous avec Elodie. Malgré ça, je ne voulais pas le retenir. Il avait fait un geste qui avait une très grande valeur pour moi, je pouvais le laisser faire ce qu’il voulait. Je n’avais plus mal. Il m’avait sauvée. C’était bon.

Je l’ai encouragé à partir, de faire ce qu’il avait prévu. J’allais mieux maintenant.

Incertain, Pascal est parti. Il a fait quelques mètres, puis il est revenu me prendre dans ses bras. Je crois qu’il a voulu dire qu’il m’aimait, mais n’a pas osé. Il a simplement dit que j’étais la femme la plus incroyable du monde. La femme de sa vie. Que j’étais sa lumière.

En rentrant, j’ai fait un crochet chez Elodie. Et comme je m’y attendais, Pascal se trouvait chez Elodie…

Je ne peux pas dire ce que je ressentais vraiment. Ce que je savais, c’est que je n’étais plus aussi déprimée, ni aussi triste. Ni même terrifiée ou déçue. C’était bizarre. Normalement, j’aurai eu le coeur dans les pompes, des tremblements à ne plus pouvoir conduire. Mais là, ça allait.

J’étais en plein dans mes constatations, dans la lune à sonder mes impressions, mes sentiments, quant je l’ai vu ressortir quelques dix minutes plus tard. Je me suis sentie prise au piège. Heureusement que je n’avais pas eu la mauvaise idée de parquer à proximité de sa voiture. Ou plutôt, j’avais eu de la chance que la seule place possible, était à plus de 10 mètres, et dans un coin très sombre, sans poteau lumineux! Cette fois, je ne l’ai pas suivi. Presque sûre qu’il rentrait chez lui. Le pire, c’est que je me suis sentie coupable. Comme si je lui avais gâché sa soirée. J’aurai dû me sentir soulagée.

Samedi, j’ai larvé une bonne partie de la matinée. L’après-midi, je devais aider ma frangine avec son déménagement. Le soir, la sentant un peu déprimée, je suis restée. J’avais été cherché Lilice. On a mangé, ma frangine et ses 2 filles. Juste entre nanas.

J’ai répondu à un des messages de Pascal, pour lui dire que je restais avec ma frangine et les enfants. Ça tombait un peu mal. Après hier soir, j’aurai dû resserrer et garder le lien avec Pascal. J’aurai dû passer la soirée avec lui. Hors, je laissais le grand vide, l’absence prendre le dessus. C’était peut-être nul, mais ma famille passe avant tout.


Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article