182/2012 - Thomas...
Samedi, 30 juin 2012 - (182/2012) - Thomas…
Vendredi, je ne sais même plus ce que j’ai fait, mais en tous cas, je n’ai ni répondu au téléphone, ni à la porte. Je n’ai même pas voulu voir qui était venu sonner. Je me suis enfermée chez moi. Besoin qu’on me laisse dans mon coin. Tchoy, Vania, Dol, Laurence, Fred, Pascal, Thomas et même Brian a essayé de me joindre. Le soir, je ne suis pas sortie. J’avais été faire quelques courses pour le week-end, je voulais être certaine de ne pas avoir à mettre le nez dehors. C’est affreux, mais je n’ai envie de rien, et la grosse boule dans mon cœur grossi toujours. C’est lourd.
Je me rends compte que de ne pas rappeler Pascal depuis qu’on s’était vu jeudi soir, c’était atroce, mais je ne pense pas à grand-chose ces temps-cis. Je ne raisonne pas beaucoup.
Au détour d’une conversation, Thomas a appris ce qui se passait et ni une, ni deux, sans me demander la permission, il s’est pointé au beau milieu de la soirée chez moi. C’était déjà passé minuit, même 1h du matin. Il était en pleine soirée, donc il était passé d’abord chez lui pour se changer, puis, en training, les bras chargés, il a sonné. Aïe, je n’ai pas voulu répondre, je ne voulais pas de compagnie. Mais, Thomas ne s’est pas laissé démonter, il a sonné, raisonné, puis à travers la porte, il m’a dit qu’il avait vu la lumière et entendu bouger, qu’il ne partirait pas, alors autant que je lui ouvre. Puis, il a dit que ce n’était pas très cool de le laisser planter comme ça derrière la porte aussi chargé.
Alors, j’ai ouvert…
J’étais en training, j’avais pas trop la frite et je n’avais pas envie de faire de frais pour personne. Je lui ai dit que je ne voulais voir personne. Il comprenait, mais il m’a dit qu’après tout, je n’avais qu’à faire comme s’il n’était pas là, mais qu’on pouvait quand même manger quelque chose et regarder des DVDs sans parler, et que ça ne gênerait pas mes yeux s’il se faisait tout petit dans son coin. Puis, il pouvait parler pour 2, je n’avais pas besoin de lui parler ou de répondre. Là, j’ai compris qu’il savait. De toute manière, il n’avait pas l’intention de me laisser le jeter dehors, je pouvais me ronger les ongles, l’ignorer, aller me coucher, changer de pièces, il s’en fiche.
Ciel, il est vraiment nul en cuisine lui ! Il a voulu nous préparer des spaghettis, il avait pris des steaks qu’il a réussi à presque brûler. Ils étaient tout sec. Pas grave, je n’avais pas très faim. C’était chou, c’est le geste qui compte. Il avait pris des films d’horreurs. Je pense qu’il voulait être sûr qu’il n’y avait rien de drôle. C’était bien vu.
Je n’ai presque pas ouvert la bouche, mais j’avoue que sa présence était sympathique. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment je pouvais me sentir si à l’aise avec lui!!! Ça me dépasse.
Thomas s’était allongé dans l’autre canapé, et avait étalé sur la table toutes les sortes de chips etc qu’il avait apporté. Faut dire qu’après les steaks ratés, c’était une bonne prévision. Pour finir, j’ai été me poser entre ses jambes pour regarder les films. Je ne me rappelle pas du nom des films, mais ils étaient assez effrayants. Un surtout avec les histoires d’esprits et de revenants, ça me faisait sursauter. Au moins, pendant les films, je n’ai pensé à rien tellement ils étaient prenant. Je sentais Thomas sursauté aussi par moments.
Après, il m’a raconté des trucs concernant les potes, le boulot et le reste. Il parlait et j’écoutais d’une oreille. Il me connaissait bien, après tous les 2 films d’horreurs qu’il avait emmené, il avait pris autre chose de moins terrifiant, un film plutôt policier avec beaucoup de suspens. Je me suis endormie. Thomas m’a réveillée pour me traîner au lit. Je me suis endormie à peine que ma tête à toucher l’oreiller.
Le matin, toujours super crevée, parce que je n’arrivais pas à dormir plus de 3h d’affilée, je me suis réveillée tôt et en sursaut. Zut, seulement 9h du matin! J’ai été surprise de voir Thomas couché à côté de moi tout habillé. Il avait dormi ici! Je me suis levée pour me faire un café. J’étais vraiment naze et j’avais l’intention d’aller me coucher après avoir bu mon café, mais niet. Malgré la fatigue, je savais que je ne réussirais pas à dormir.
Thomas s’est levé vers midi. Il m’a proposé d’aller déjeuner quelque part, mais je n’en avais pas trop envie. Il avait prévu d’aller voir le match de foot d’un pote à lui et m’a proposé de l’accompagner. Je ne voulais pas bouger, je préférais rester tranquille. Il a vu l’horreur dans mon regard, alors il n’a pas insisté. Thomas était déjà content que je l’ai laissé entrer hier soir, alors il ne voulait pas trop insister, sinon la prochaine fois, je risquais de ne pas lui répondre.
On a pris un café ensemble et j’ai inventé des trucs à faire. Je sais que Thomas savait que je mentais, pour me faire plaisir, il a fait semblant de me croire. Ni l’un ni l’autre n’était dupe.
Même si sa présence avait été un petit rayon de soleil et m’a fait plaisir, j’étais soulagée de le voir partir. Probablement, parce que je n’avais plus besoin de faire d’effort quant je suis seule.
Je n’ai rien fait du reste de la journée. J’avais coupé mon natel, coupé le téléphone fixe, bref, je m’étais coupée du monde. J’espérais que Thomas n’aurait pas l’idée de répéter son opération de sauvetage le soir, je lui avais bien fait comprendre que j’avais un truc en famille ce soir. J’avais peut-être un peu trop lourdement insisté là-dessus! En tous cas, ce soir, je n’ouvrirais à personne.
Par contre, par moments, j’ai rangé… Rangé parce qu’on ne sait jamais quant on ne se réveillerait plus… Fallait que tout soit en ordre si jamais pour ceux qui viendrait et pour la famille. On ne sait jamais. Par contre, je me suis dit que je devrais peut-être chaque soir avant de me coucher, ou même avant de quitter la maison, laisser un petit mot bien en évidence sur la table pour ma famille. Puis, je me suis demandée comment ils rentreraient? Personne avait la clé de chez moi! Fallait que je trouve comment faire… Merde, j’ai les idées de plus en plus noires!