183/2012 - Asexuée...
Dimanche, 1er juillet 2012 - (183/2012) - Asexuée...
Pascal était vert de savoir que Thomas avait dormi chez moi, qu’à lui j’avais ouvert, que j’avais accepté sa présence. Mais il n’a rien laissé paraitre. J’ai vu l’expression au fond de ses yeux, depuis le temps, je le connais bien; il avait mal. Je le regrette tellement, je ne voulais pas lui faire de peine.
C’était à cause de ça que j’ai accepté de le voir un petit moment dimanche, parce que je me sentais coupable. Bon, je ne savais pas qu’il le savait déjà, sinon, j’aurai accepté qu’on reste à la maison chez moi. Le fait que j’avais préféré le voir à l’extérieur l’avait froissé. J’ai senti qu’il avait failli me dire de laisser tomber, qu’on se verrait une autre fois. Il avait de la peine à cacher qu’il boudait.
Et malheureusement, je n’étais pas plus bavarde. J’étais dans les nuages, trop occupée à compartimenter mes pensées. Vu qu’il boudait, Pascal n’était pas plus bavard. Après une petite demi-heure à essayer de me tirer quelques mots, j’ai senti qu’il essayait de créer une sorte de rapprochement, ça m’a fait dresser les poils sur tout le corps et la tête.
- Ne me touche pas... (en anglais, un simple « Don’t » suffit pour se faire comprendre)
J’avais balancé ça sans beaucoup de tacs. Surprit, il a eu un mouvement de recul et m’a assuré qu’il n’essayait rien. Puis, après un moment de silence assez gênant, il a reconnu qu’il essayait de tâter le terrain. En voyant l’expression de mon visage, il a détourné la tête, gêné. Bouh, ça ne se passait pas très bien, je le sentais, mais je ne pouvais rien y changer.
Je devinais bien qu’il devait être en manque, mais je ne lui en voudrais pas d’aller voir ailleurs. J’étais complètement à blanc, aucun désir quel qu’il soit, anéantie, asexuée à néant. Rien que l’idée me dégoûtait totalement, et je n’avais pas envie de devoir m’expliquer ou de faire étalages des raisons. Il devait bien s’en douter.
C’est affreux, mais je me sentais mal…
J’ai fait un effort quant on s’est assis dans un coin pour discuter, de lui donner la main et de me rapprocher un peu... Il s’est mis à pleuvoir à verse, on a juste eu le temps de courir se réfugier dans sa voiture. Là, je me suis collée un peu plus à lui. Bêtement, j’ai réalisé que j’aimais bien et je me suis sentie encore plus mal. Il a essayé de me parler, de me faire comprendre que je pouvais tout lui raconter, même si j’avais l’impression d’être chiante. L’amour c’était aussi être près de l’autre, là pour l'autre, même s’il n’y a rien à faire pour qu’il aille mieux. Pascal disait qu’il se sentait bête de ne pas savoir quoi faire, et qu’il passait son temps à tourner en rond dans sa tête à se demander s’il devait débarquer sans autre ou pas, et ça l’a fait chier que Thomas ait osé le faire et que lui non. Du coup, je n’ai pas osé lui dire que j’étais là l’autre fois quant il avait passé, ça l’aurait peiné.
Il avait envie de passer la soirée avec moi, même si c’était pour l’ignorer. Il n’a pas osé me dire que je l’avais bien fait avec Thomas, alors pourquoi pas lui. Même s’il ne l’a pas dit, ça résonnait à fond à son ton et la manière qu’il formait ses phrases. J’ai prétendu que je devais aller chez ma frangine. Foutu. Ce n’était pas vrai, j’allais juste m’enfermer tranquillement chez moi.
Je crois que je me sentais mal quant je suis avec lui, parce que j'ai honte de ce côté de moi que je lui montre... Et aussi parce que je déteste me montrer si faible!