184/14 - Oreilles aux portes! (2)
Jeudi, 3 Juillet 2014 - 184/14 - Courses - Oreilles aux portes! (2)
Je voulais faire un saut chez Pascal. Toute l'après-midi, je n’avais fait que penser à ce qui s'était passé et aux raisons qui font que les choses se détériorent entre nous. Je n'avais pas été à la hauteur, et maintenant, je devais faire un effort pour m'excuser correctement. Je devais réussir à me faire pardonner.
Ce soir, Thomas avait invité deux copains à la maison et Pascal. Soirée mecs uniquement. Donc, j'avais une chance après, de pouvoir parler avec Pascal, puisqu'il ne traînera pas ailleurs.
J’ai donc filé chez Pascal alors qu’il était toujours chez Thomas. Aux environs de 23h, les 2 copains sont partis presque simultanément. Il ne restait que Thomas et Pascal.
Donc, je me suis installée sur le canapé, en attendant de voir Pascal descendre. J’entendais leurs voix, 10 minutes plus tard, j’ai compris que Pascal n’était pas pressé de descendre. Comment pouvait-il deviner que je l’attendais.
Prudemment, je me suis avancée vers les escaliers. J’entendais leurs voix, parce qu’ils avaient laissé les portes de séparation entre-ouvertes. Pascal et Thomas étaient sur la terrasse et causaient tranquillement. Ils parlaient “nanas”. Thomas posait pleins de questions. Apparemment, ses copains les avaient déjà posées, mais d’après Thomas, Pascal n’avait pas été complètement honnête.
Pascal ne voulait pas non plus lui répondre, il pensait que Thomas viendrait tout droit me raconter. Thomas a dû promettre pour que Pascal se mette à table! Hum, et je n’ai pas été trop ravie d’entendre ce que Pascal avait à dire…
C’était une discussion entre copains, et c’était mal de les écouter comme ça. Pour ma défense, ce n’était pas ce qui était prévu. Tout ce que je voulais, c’était parler à Pascal, me faire pardonner coûte que coûte. Pascal lui parlait d’une nouvelle qui travaillait dans le bâtiment à côté de la leur. Il la trouvait mignonne. Elle lui avait souri vendredi matin, quant ils se sont croisés à la boulangerie.
Mes cheveux se sont dressés direct sur mon crâne! Alors comme ça il regarde les filles qu’il croisait dans la rue!!!
Thomas a parlé de sa nouvelle copine. Il la trouvait un peu dérangée. Elle veut tout le temps le voir, veut savoir ce qu’il fait, avec qui. Bref, elle est un peu trop excessive. Cela fait à peine 2 semaines qu’ils se voient, et elle veut déjà qu’il amène des affaires chez elle. Bref, qu’il emménage avec elle. Elle n’admet pas qu’il passe presque tous les week-end avec ses copains plutôt qu’avec elle. Du coup, Thomas n’avait plus tellement envie de la revoir. Il cherchait le moyen de la plaquer sans qu’elle pète un câble.
Thomas a voulu savoir où Pascal en était avec Maud et Elodie. Est-ce qu’Elodie savait qu’il voyait aussi Maud? Thomas trouvait Maud aussi sexy, mais elle avait l’air d’être très compliquée, et sacrément peste. Même aussi sexy, Thomas trouvait Maud un peu trop salope à son goût. Une nana qui va après le petit copain de sa meilleure amie n’était qu’une grosse salope. Non, Elodie s’en doutait peut-être, mais ne savait rien avec certitude. Elle lui avait posé la question, mais il lui avait menti.
Thomas ne comprenait pas très bien pourquoi Pascal était fâché avec moi, et demandait ce que j’avais fait de si terrible.
Pascal avait de la peine à masquer sa fureur quant il parlait de Steven, et du fait que je l’avais invité à deux reprises chez moi. Cela s’entendait dans sa voix. Pascal était persuadé que j’avais couché avec Steven. Ce n’était pas vrai.
Ce qui m’a fait plaisir, mais aussi quelque peu blessée, c’est que Pascal disait tenir à moi, ne pas avoir envi qu’on se sépare, mais qu’en même temps, ça ne menait nul part. Il voulait s’éloigner, ne plus se sentir pris au piège. Comme si je l’emprisonnais? Oui, ça me faisait plaisir de savoir qu’il tenait encore à moi, mais de savoir qu’il cherchait à me larguer, que je disparaisse de sa vie, de son coeur, ça, ça me faisait plutôt mal.
Que faire? Il ne voulait pas me parler, c’est ce qu’il venait de dire à Thomas. Que chaque fois, il finissait par… craquer. C’était; “reculer pour mieux sauter”. Il a répéter que ça ne menait nul part. Il savait que si on était face à face, il me trouverait des excuses, qu’il croirait ou voudra croire à mes mensonges, mais que finalement, on se retrouverait au même point; sans issu. Que ça avait assez duré.
Pascal a dit qu'il allait devoir être dur, désagréable avec moi, que ça ne l’enchantait pas, mais il n’avait pas trop le choix. Alors, il m’évitait. Il a dit encore un truc qui m’a touchée; qu’il n’avait jamais été aussi bien avec quelqu’un, ne s’était jamais senti aussi complet, compris.
Pascal disait que j'avais une façon spéciale de le regarder parfois, et dans ses moments là, il avait l’impression d’être le seul homme sur cette terre qui comptait pour moi. Il ressentait beaucoup de nostalgie pour tout ce qu’on a vécu ensemble. Que j’étais quelqu’un qui avait beaucoup compté pour lui.
Avait… Il a dit avait… Dans le passé… Est-ce que je comptais toujours autant? Je n’en savait rien. Est-ce qu’il avait utilisé le passé à propos, ou par erreur?
Merde, j’avais le moral dans les pompes. Surtout quant il a encore mentionné que le fait de devoir me croiser demain, à la fête du 4 juillet l’embêtait. L’embêtait? Arf, non, j’avais le moral encore plus bas que seulement dans les pompes! Le coeur en berne, plus que déprimée, j’ai décidé qu’il valait mieux que je rentre chez moi. C’était inutile de vouloir lui parler, il ne voulait pas me voir. Valait mieux rester à distance, au lieu de vouloir le forcer à me parler.
Peut-être que demain soir, s’il se souvient que cela fera 6ans qu’on se fréquente, peut-être aura-t-il un petit pincement au coeur et qu’il regrettera tout ce qu’il a dit ce soir?