184/2015 - Préparations (2)
Vendredi - 3 juillet 2015 - 184/2015 - Préparations (2)
30 minutes après avoir raccroché, Pascal me rappelait pour me dire que ce serait bien si je venais dormir, comme ça, je m’installe et je serais déjà sur place pour samedi. Bonne idée, mais je pouvais pas. Je n’étais pas habillée pour le voir.
- Bon, si jamais, je laisse un mot à la femme de ménage. Elle sera là entre 11h et 15h, ok? Tu peux venir sans autre d’accord? Je te retrouve à la maison en rentrant? Bon, tu sais qu’on prépare le jardin pour le soir, donc, je ne serais pas beaucoup avec toi.. enfin, jusqu’au moment de se coucher!
Il avait dit ça en riant. Moi aussi ça m’a fait rire. Le ton pleins de sous-entendus, il était content de sa petite blague.
- Bon, je viendrais plutôt dans la soirée, tant pis si tu me délaisses...
Ma petite blague l’a aussi fait rire. Avant de raccrocher, il m’a dit qu’il se réjouissait. Quant je pense que l’autre croyait qu’on était fâché à cause d’elle, ou que je croyais qu’ils étaient fâchés. Je me demande si elle sera là samedi? J’espère que Pascal me montrera que je compte moi aussi, tout autant que sa femme ou que Manuella.
J’en étais là de mes réflexions, entre l’excitation et l’anticipation de cette soirée, quant Pascal a rappelé pour me dire que Jess serait là. Elle désirait fêter la fête nationale avec ses amis et sa famille. D’abord contente de l’avoir encore au bout du fils, la nouvelle de la présence de sa femme m’a coupé la chique. Mon silence n’a pas passé inaperçu, mais Pascal essayait de plaisanter sur cette nouvelle inattendue. J’ai pas aimé.
- Ben, je viens pas. Je crois que je préfère autant aller sauter du pont Bessière ou avaler un bol de vis.
- Arrête tes conneries.
- Ça veut dire que tu ne veux plus que je vienne dormir et m’installer pour demain.
- Ben...
- Oui, je vois. Non, ce sera sans moi. De toute façon, je ne pense pas que je manquerais à qui que ce soit, et en tous cas pas à toi. Amusez-vous bien.
J’ai raccroché. Il n’y avait pas grand chose à dire de plus. Sous le coup de la rage, j’ai balancé mon natel, avant de me rappeler qu’il était tout neuf, puisque je venais de le faire remplacer parce que j’avais cassé l’écran du précédent. En atterrissant sur le canapé, il a sonné. C’était Pascal. J’ai failli ne pas répondre, puis je me suis trouvée puérile. Autant lui expliquer pourquoi ça m’énervait.
Pascal n’avait pas aimé que je raccroche sans lui expliquer pourquoi je ne voulais pas venir, c’était notre anniversaire après tout. J’ai été surprise qu’il s’en rappelle, alors j’ai été attendrie par sa réflexion. En général, les mecs ne pensent pas à ce genre de chose.
Je lui ai donc dis que je n’avais pas encore digéré le week-end passé. Je lui ai expliqué ce que je pensais et ce qu’elle avait dit à Caroline. Que s’il ne me croyait pas, il n’avait qu’à demander à Caro. Il lui avait montré qu’il tenait plus à elle qu’à moi, parce qu’il n’avait pas hésité à me laisser tomber pour lui faire plaisir. Ce qui m’avait énervée et déçue, c’est qu’il ait marché dans sa combine.
Pascal n’avait pas réalisé. Il n’avait pas pensé qu’elle aurait pu en tirer ce genre de conclusion. Lui aussi voulait qu’ils passent du temps ensemble et parler. Il n’avait pas imaginer qu’elle penserait qu’il m’avait laissé de côté pour elle. Ce n’était pas le cas. Je sentais qu’il était furieux même s’il restait calme au téléphone. Du coup, il insistait pour que je vienne dormir à la maison quand même.
Hum, ne serait-ce pas plus simple si Jess dormait chez son frère, ou chez ses parents???
- Ça va encore faire des histoires Jane. Autant se débrouiller sur le moment, alors viens comme on l’avait prévu. On lui expliquera ensemble le pourquoi du comment, ok?
- Pace, je ne veux pas commencer la soirée en me prenant la tête avec ta femme, ou en la terminant en se disputant ton lit!
Il a eu une sorte de sursaut;
- Quoi? Vous disputer mon lit, c’est quoi comme expression?
- Ben c’est ça. Je ne me vois pas partir avec mon sac sous le bras en fin de soirée, ou dormant dans une tente parce que ta femme pense que je n’ai rien à faire là.
Bref, pour Pascal, si Jess ne veut pas dormir chez les parents, alors, on aura qu’à prendre la chambre à l’étage, chez Thomas. Tout ça me semblait mal parti pour passer une bonne soirée. Je lui ai dis qu’il me fallait réfléchir, que je l’appellerais demain. Il n’a rien voulu savoir. Pascal voulait que je sois là, et il n’y avait pas à discuter.
C'était son problème, pas le mien s'il était fatigué vendredi au boulot, je n'avais pas pitié. On aurait pu discuter de tout ça beaucoup plus tôt, pour ça, il n'avait pas à traîner ailleurs avant!
Vendredi soir, j'ai donc été chez Pascal. Il était occupé dans le jardin avec les garçons. Pfff, Jess arrivait en milieu de soirée, je sens que ça va chauffer! Je n'ai pas voulu m'installer comme il le souhaitait, je préférais attendre. En shorts, à torses nus, les garçons se démenaient pour tout installer. Se concertait sur tel ou tel emplacement. Je m'étais installée sur la terrasse pour lire. Il faisait une chaleur mortelle, mais heureusement, il y avait une petite brise fraiche en soirée qui venait du lac.
Quant Jess est arrivée, il était plus de 23h. Elle a semblé surprise de me voir, mais semblait aussi très sûre d'elle. Légèrement énervant. Intérieurement, c'était la petite panique; je me demande comment Pascal allait régler la situation.
Elle est entrée en territoire conquis, a été déposer ses affaires, non pas dans la chambre d'amis, mais dans la chambre à Pascal. Ouais, c'était aussi la sienne avant. Que dire. J'ai fait celle qui ne voyait rien. Je sais qu'elle m'observait pour voir ce que je pensais ou ressentais. Je n'allais pas lui faire ce plaisir. Mon attaque de panique était la mienne, et mon secret.
Pascal venait parfois jusque sur le balcon pour s'asseoir sur la balancelle et boire une goutte d'eau avant de retourner bosser. Mais, il ne le faisait pas que pour moi, il allait aussi vers sa femme qui s'installait tranquillement et ostensiblement. Il n'a rien dit, et ça m'a un peu énervée.
Je me demandais ce que je foutais là. Le mieux serait que je m'en aille. Mais, après avoir passé plusieurs heures à lire sur la terrasse, alors qu'il était clair que Pascal était occupé, j'aurai l'air un peu conne et plier baguage et partir tout à coup. Jess aurait l'air d'avoir gagné! Alors j'ai campé sur ma position.
Vers minuit, les garçons avaient bien avancés, et ils ont décidés de finir demain dans la journée. Est-ce qu'ils savaient qu'il allait faire aussi chaud que sur Jupiter? Ils vont mourrir de chaud! Ils ont pris un dernier verre sur la terrasse avant de rentrer. Rires, blagues, bonne humeur. Nous nous étions joint, Jess et moi, à l'équipe pour partager ce moment sympa.
Les choses sérieuses allaient se décider après le départ de tout le monde... On peut dire que le 4 juillet commençait mal!