186/14 - Comme moi 6 ans plus tôt…
Samedi, 5 Juillet 2014 - 186/14 - Comme moi 6 ans plus tôt…
Samedi - (de minuit à 3h du matin)
Pascal ne semblait pas vouloir de moi ici ce soir, il me l’avait clairement fait comprendre. De plus, je m’ennuyais comme un rat mort. Alors, je n’avais plus qu’à rentrer. Avais-je le droit de lui demander de m’expliquer ce que signifiait son baiser? Avais-je le droit de lui imposer ma présence? De m’imposer chez lui?
Je crois que j’avais besoin de comprendre. Je voulais savoir. Lui parler ici, ce n’était tout simplement pas possible.
Je pouvais tenter ma chance en allant l’attendre chez lui? S’il ne rentrait pas? Et s’il rentrait avec une fille? J’aurai l’air maligne! Que faire? Le prévenir? La dernière fois, il n’avait pas eu l’air très heureux de me voir!
Les nerfs à vifs, tremblante, j’ai voulu regagner le salon où se déroulait les festivités, par hasard j’ai regardé en direction de l’entrée en entendant la porte s’ouvrir et des voix. C’était Maud et Elodie. Ok, ça m’a coupé net. Je n’avais plus aucune envie d’aller me torturer à voir Pascal entouré de toutes ces bonnes femmes, et surtout pas de Maud et Elodie.
J’ai quitté le Casino sans avertir qui que ce soit. J’étais trop mal et trop perturbée pour ça. Je savais où était parquée sa voiture, la mienne n’était pas loin. Assise derrière mon volant, j’ai hésité à partir. Etait-ce une bonne idée, ou au contraire, aurais-je dû rester? Mince, mais qu’est-ce qu’il attendait de moi?
J’ai carrément perdu la notion du temps, je ne m’en suis rendue compte en voyant Pascal se diriger vers sa voiture. Et il n’était pas seul. Il était avec Elodie. Il avait le bras autour d’elle, protecteur. Couplé. Un couple d’amoureux.
Mon coeur est partie en chute libre. J’imagine que Pascal n’avait pas l’intention de rentrer chez lui ce soir. Je me suis sentie hyper blessée. En ce soir d’anniversaire, Pascal rentrait avec une autre femme. Une qui avait pris ma place, sans trop de difficulté. Et ce soir, qui aurait dû être notre soir, il partait au bras d’une autre, transformant ce jour en un jour funeste. Ce sera le pire souvenir.
En larmes, le coeur brisé, j’ai pris le chemin du retour pour rentrer chez moi. Je voyais la route à travers mes larmes, tout était flou. J’ai dû m’arrêter avant de m’envoyer valser dans le caniveau. Comme Pascal ne rentrerait pas chez lui, puisqu’il était chez Elodie, je pouvais bien aller chez lui. Etre entourée des affaires de Pascal, était la seule façon de sentir sa présence, même si j’étais malheureuse comme les pierres.
Je le voyais encore, le sourire aux lèvres, les yeux plantés dans ceux d’Elodie, son bras autour de sa taille, alors qu’ils se dirigeaient vers sa voiture. Je crevais d’envie, j’aurai tant voulu être à sa place. J’étais mortifiée de voir comme on est que dalle dans la vie de quelqu’un d’autre. On n’existe plus en une seconde. Mais alors… pourquoi m’avait-il embrassée??
J’ai eu juste le temps de me faufiler chez Pascal avant d’entre une voiture s’engager dans le chemin de la maison. C’était Thomas. Aucun besoin de lumière, heureusement. Je connaissais la maison, et malgré le sale temps pourri, j’y voyais assez. Je me suis couchée en position foetal sur son lit. Il y avait son odeur sur son coussin, alors je l’ai serré dans mes bras. Et j’ai pleuré.
J’ai pleuré de savoir qu’une autre était serrée contre lui, qu’il avait oublié jusqu’à mon nom dans les bras d’une autre. J’imaginais ses cheveux blonds étalés sur son torse et j’ai ressenti comme une morsure dans la poitrine. Impossible d’arrêter le flot. Je ne pensais pourtant plus avoir de larmes.
Tellement occupée à me vider de mes larmes, la tête plongée dans son coussin pour ne pas trahir ma présence, que je n’ai pas entendu sa voiture se garer devant la maison. Quant on pleure, même en silence, ça fait un tel bruit dans la tête, qu’on entend rien d’autre. Ciel, heureusement que j’avais presque fermé la porte! La lumière du salon m’a fait sursauté. J’ai plongé par terre, ramasser mon sac, mes chaussures que j’avais laissé traîné près de la porte, et je me suis planquée derrière les rideaux.
Inutile. Thomas l’avait vu partir avec Elodie, alors il était plutôt surpris de le voir rentrer. Tout comme moi, il avait pensé que Pascal passerait la nuit chez elle. Pascal lui a retourné la question, surpris de ne pas voir sa copine. Mais bon, Thomas ne les invitait que très rarement chez lui, il préférait aller chez elles, et pouvait rentrer quant il le voulait. Donc, quasiment toujours et tout seul. Il n’aimait pas dormir ailleurs que chez lui.
J’ai eu le coeur serré en entendant de la lassitude dans la voix de Pascal. Pourtant, quelques instant plus tôt, je l’avais vu tout sourire avec Elodie. Pascal avait l'air tout amoureux, même l’air heureux. Comment se fait-il qu’il soit rentré seul?
J’ai osé sortir de ma cachette pour oser un oeil à travers l’ouverture de la porte. Ciel, ce qu’il était mignon. J’en ai toujours le souffle coupé. J’aimais sa manière de se tenir, ses mouvements, sa façon de pencher la tête, de sourire des yeux, ou sa petite fossette… arfff, je suis toujours raide dingue de lui!
Pascal expliquait à Thomas qu’il n’avait jamais eu l’intention de dormir chez elle, et surtout pas ce soir. Comme lui, il avait eu envi de rentrer. Puis, à mon grand désarroi, il lui a dit qu’il avait invité Maud à passer chez lui, puis au dernier moment, il avait changé d’avis. C’était aussi une des raisons qui l’avait fait accepté de raccompagner Elodie. Ça lui évitait de perdre du temps en explications avec Maud, qui comprendrait en le voyant partir avec Elodie.
Malgré ça, elle l’avait bombardé de messages, lui demandant de trouver une excuse et de la rejoindre. Thomas a lâché “salope” et il a rigolé. Il ne comprenait pas comment elle pouvait faire ça à sa, soi-disant, meilleure copine.
Quelqu’un a sonné à sa porte. Pascal a sursauté en grimaçant. Thomas a failli pouffé de rire. Ils pensaient tous deux, et moi aussi, qu’il s’agissait de Maud. Mais non, c’était madame la minaudeuse! Un sourire ironique aux lèvres, Thomas s’est éclipsé à l’étage, sans prendre la peine de la saluer. Laissant Pascal se débrouiller avec sa visiteuse nocturne.
Il y 6 ans, c’était moi... C'était moi qui suit venue sonner à sa porte… le même soir, 6ans plus tôt… Allait-il aussi tomber amoureux d’elle??