194/2013 - Bien avec Thomas

Publié le par JaneDo


Samedi, 13 juillet 2013   - 194/2013 - Mauvais tour de passe-passe!

Dire que j’avais décidé de ne pas dormir chez Thomas pour ne pas compliquer les choses avec Pascal… Pour ne pas le perturber, lui montrer que j’étais toujours libre d’être avec lui. Et lui qu’est-ce qu’il fait? Dès que je tourne le dos, il court chez Elodie. S’il n’avait pas envi d’être seul, pourquoi ne m’a-t-il pas proposé quelque chose? J’étais plus blessée que furax. Et je pleurais comme une mauviette.

Au milieu de ma rivière de larmes, j’ai pensé que je pouvais retourner vers Thomas, alors il fallait que j’arrête de pleurer. Pourtant, c’était difficile de quitter le lieux du crime. J’avais au fond de moi l’espoir de le voir passer l’entrée. Ressortir. Mais, aux fenêtres de la louise, il n’y avait pas de lumière, et la voiture de Pascal était toujours là. Ça ne voulait dire qu’une chose… Ils sont déjà couchés!

Au bord de l’anéantissement, le coeur au bord de l’explosion, je savais que je ne trouverais pas le sommeil, si je rentrais chez moi. Je tremblais tellement que j’ai eu de la peine à appeler Thomas. Rhhh, il ne répondait pas. Flûte. Hum! La grosse différence, entre Pascal et Thomas, c’est que là, j’osais retournais sur mes pas pour aller vers Thomas. Avec Pascal, je n’aurai jamais osé sans un mot de sa part.

J’ai donc fait demi-tour. Thomas était toujours au bord du lac avec des copains. Les derniers traînards. Il a été très surpris de me voir. Pour me venger, me faire du bien, lui faire plaisir, ou tout à la fois, j’ai dis qu’il m’avait manqué dès que j’avais pris la route. Je me foutais que tout le monde m’ait entendu. Thomas a voulu fiche toute la clique à la porte, mais je l’en ai dissuadé. J’étais bien avec Thomas, avec du monde ou pas.

En voyant mes yeux rouges, il a cru que j’étais crevée, alors j’ai joué le jeu. J’ai baillé à m’en décrocher la mâchoire, bu quelques cafés, parce que j’en avais envie, et me suis montrée crevée. La tête posée sur son épaule, je les ai écouté bavarder, rigolé de leurs blagues. Un moment donné, ils ont parlé boulot, et le nom de Pascal a été prononcé. Ça m’a fait sursauté. Apparemment, la semaine prochaine, Pascal partait quelques jours. Après l’Allemagne, la Suède, retour. Bien!

Pascal est rentré en fin de matinée. Il est monté chez Thomas. Je pense qu’il a dû être surpris de voir ma voiture devant la maison. Je suis bien contente.

Après lui avoir fait la bise, je me suis éclipsée. Au regard qu’on a échangé, j’espère qu’il a deviné que je ne voulais pas lui parler. Pascal a dû croire que j’étais juste passée pour déjeuner avec Thomas. Thomas s’est fait le plaisir de lui dire que j’étais revenue hier soir. Que j’avais passé la nuit chez lui. Quant j’ai réapparu, j’ai bien remarqué l'air contrarié de Pascal.

Non mais, à quoi il s’attendait? Que je sois rentrée et qu’il pouvait s’amuser tranquille? Ben non! Comme toi, j’ai des "change of heart". Et, bien fait pour ta tête!

Thomas allait faire du vélo avec des potes samedi après-midi. Apparemment, Pascal était rentré parce qu’il allait avec eux. J’en ai profité pour rentrer chez moi et me détendre. J’avais prévu des petits plaisirs perso, comme me larver dans un bain avec un bon livre, me faire les cheveux, etc. Etant donné ce qui s’était passé hier soir, inutile d’espérer quoi que ce soit de Pascal, donc, j’allais préparer quelques affaires et je dormirai chez Thomas ou sur le bateau.

En effet, on avait prévu de passé la soirée sur le bateau. En fin de journée, j’avais proposé à Thomas d’aller faire les courses à sa place. Petit rire. L’empêche ça faisait très “couple”; faire les courses à sa place!

Après le vélo, un petit verre entre potes, Thomas a ramené le bateau sur le ponton au bout de leur propriété. Il n’y avait plus qu’à décharger ma voiture.

Pascal a proposé de me donner un coup de main pendant que Thomas prenait sa douche. Lui avait déjà pris la sienne. Je n’avais pas l’intention de me flinguer le dos. J’avais déjà fait porter tout dans ma voiture, je n’allais pas m’amuser à les en sortir. C’est un travail pour les mecs.

Je crois que Pascal a essayé de me culpabilisé, ou un truc du genre... Manquait plus que ça! Il est quand même gonflé là...

Assis tous les 2 sur la terrasse à attendre Thomas, c’est Pascal qui a lancé la discussion. Moi, je buvais mon café et je n’avais pas l’intention de faire d’efforts pour lui parler. Rien que de le savoir assis là, tout près, me faisait du mal.

Des tas d’images, de pensées, toutes tristes, dansaient dans ma tête. Et ça me donnait envie de pleurer.

Pascal a sorti une remarque du genre; “On dirait que tu passes beaucoup de temps avec Thomas...”. Je n’ai rien répondu, j’ai juste fait oui de la tête. Comme il n’obtenait probablement pas de répondant de ma part, il a encore continué en disant qu’il avait l’impression que je dormais souvent là. Là non plus, je n’ai pas répondu. A quoi bon.

Si je répondais à ça, je risquais de me mettre à lui reprocher de passer lui aussi pas mal de nuits chez Elodie. Et je ne voulais pas la mentionner. Pour moi, elle n’existait pas. Je me suis sentie super soulagée de voir Caroline traverser le jardin pour venir à notre rencontre. Elle s’est posée sur la balançoire à côté de moi. Je lui ai souri. Elle a tout de suite sentie qu’elle était la bienvenue.

Paul est arrivé peu après. Pendant que les garçons transvasaient les courses sur le bateau, Caro et moi sommes restées sur la terrasse à les regarder en bavardant.

Caroline avait aussi suivi Pascal à plusieurs reprises pendant la semaine. Il avait presque dormi tous les soirs chez Elodie. La petite larme qui brillait au coin de ses yeux, m’ont fait savoir qu’elle ressentait la même chose que moi. On s’est mise à comploter pour savoir quoi faire. Les copains arrivaient par vague, et la crainte que quelqu’un surprenne notre conversation a coupé court à nos réflexions. On a préféré se donner rendez-vous chez elle pour discuter plus tranquillement.

J’espérais seulement ne pas avoir à supporter Elodie ce soir aussi… Mais c’était peut-être un peu trop espérer?


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