194 - Le Grand Saut ;)
Samedi... Passé la journée à trembler de trac...
Bien sûr, j'imaginais tout ce qui pourrait aller de travers. J'avais une boule à l'estomac et dans la gorge. Insoutenable. Plus le temps passait et me rapprochait de la fin de journée, plus la boule grossissait. J'avais froid et pourtant il faisait une châleur d'enfer.
Je ne pouvais rien avaler, et pourtant va bien falloir que je mange quelque chose, parce qu'avant de sortir, je sais que je prendrais un petit verre, et si j'ai rien dans le ventre, je vais avoir la tête qui tourne. Je ne pouvais quand même pas demander à mon pote de m'accompagner chez Pascal... la honte. Non, il fallait que je conduise, donc, fallait que je mange. Mais, rien à faire, je ne pouvais rien avaler du tout. Je vais sûrement avoir la nausée si je fume une cigarette de plus... Je me suis donc fais un toast et je me suis forcée à le manger sans rien. Dègue.
Toute la journée n'a été qu'une longue et minutieuse préparation. Les cheveux, re-lavés, brushing. Fais mes ongles, pieds et mains. Le plus long à été de choisir les vêtements et les chaussures. Les chaussures qu'on peut enlever très facilement d'un petit coup de pied, pas de lacets, pas de boutons à pression et pas fermées... j'avais pas fait les ongles des pieds pour rien! Et les vêtements... ha la la... c'est le pire... Essayage et encore essayage. Opté pour robe ou jupe. Pas question de mettre un pantalon qui va être compliqué à enlever ou qui risque de casser l'ambiance au cas où ! Et ce soir, pas de slibar GM (grand-mère).
J'ai reçu quelques messages de Thomas, j'y répondais sporadiquement. Puis j'ai réalisé que si je voulais avoir une idée de qui fait quoi de sa bande ce soir, il fallait que j'en profite. Donc il fallait que je lui réponde et tirer le maximum de renseignements.
Thomas et les autres se retrouvaient à leur endroit habituel. Thomas me dit que Pascal n'avait pas trop envi de sortir, mais après que Thomas ait lourdement insisté, Pascal a décidé de les rejoindre un peu plus tard en boîte.
Pascal de son côté m'a dit aussi qu'il n'avait pas envi de sortir, mais il avait fini par accepter de les rejoindre plus tard. Il m'a demandé ce que je faisais ce soir? J'ai dit que je sortirais aussi mais plus tard rejoindre la bande. Je ne savais pas encore où on allait. Il m'a répondu, mdr.. je pense que c'est comme nous, puis finalement on fait toujours les mêmes choses. Puis extraordianaire, il m'a demandé si je voulais aller prendre un verre que les 2 avant d'aller rejoindre nos groupes respectifs?
Hiiiipiii... mais je savais pas quoi répondre. Je pouvais pas lui dire que j'avais passé la journée à me préparer pour lui faire une surprise alors je préférais qu'il reste bien gentiment chez lui pour être surpris! Bon, je pouvais dire oui et lui dire que je passe poser ma voiture chez lui... un peu cavalier et très genre pote... alors non... Si je n'avais pas plannifier autre chose j'aurai sauté sur l'occas et j'aurai dit OUI, oui oui oui. Mince... Finalement, j'ai proposé de lui envoyer un petit message plus tard après être aller manger avec une copine? (pas vrai du tout, juste besoin de temps pour me préparer) Il m'a réppondu "Super... j'attends ton message alors". J'ai quand même demandé jusqu'à quel heure je pouvais lui lançé un message au cas où il sortait? Pascal me dit qu'il attendra mon message, qu'on irait d'abord prendre un verre ensemble, qu'il verrait s'il sort ou non après... Cool.. parfait... J'ai embrassé mon natel de joie. Les choses se passaient très bien.
18h... J'ai pris le temps de m'habiller tranquillement. La boule dans la gorge m'étouffait presque.... Une fois habillée, après plusieurs changements de dernières minutes, j'ai pris le soin de me maquiller un peu. Très légèrement, un maquillage naturel, qui prend encore plus de temps qu'un maquillage soirée. J'avais les mains qui tremblaient et la nausée. Le trac avait envahi tout mon corps, la tête avec.
Vers les 21h30, j'étais pratiquement prête. J'ai sorti le chien en me rongeant les ongles. Presque failli fiche en l'air le vernis que j'avais pris tellement de temps à mettre. Fallait que j'arrête ça! De retour à la maison, il faisait nuit.
Je pensais attendre encore une heure avant de me pointer chez Pascal. Pas trop tard, pour éviter qu'il ne soit sorti ou déjà couché. Pas plus tôt parce que Thomas risquait d'être encore là. Changé d'avis mille fois; j'y vais, j'y vais pas...
ARFFF... J'avais les flopettes et les jambes en cotons.
Planqué ma voiture dans un coin discret près de chez Pascal. Fallait pas que Thomas tombe sur ma voiture même par hasard. Il faisait nuit maintenant mais merci à la lune, elle éclairait assez le chemin qui conduit à la villa où habite les 2 garçons. J'ai jeté un oeil rapide, ouf, Thomas était déjà sorti comme le supposait son message.
Il y avait de la lumière chez Pascal.
J'ai vérifé qu'il n'était pas en train de traîner à l'extérieur, surtout ne pas me faire prendre. Fallait que je sois sûre qu'il était chez lui et seul. Poisse, il n'était pas seul, je voyais une autre silhouette. Je me suis approchée le plus discrètement du monde, la porte était ouverte sur sa terrasse, j'avais le coeur qui battait la chamade dans ma gorge. J'avais des crampes à marcher sur la pointe des pieds. Fallait que je fasse attention que lui et son invité ne soit pas dehors, que ses voisins ne me voient pas et appelle les flics... J'aurai l'air maligne si je me faisais arrêter sous son nez... Ce serait la honte totale.
Bon,je dois dire que je déteste écouter aux portes. C'est pas joli-joli et il y a bien des choses qu'on préfère ne pas savoir. Et je détesterai qu'on me fasse le même coup.
La soirée du samedi s'annonçait mal...
Paul conseillait de faire attention avec Sophie et... avec moi! Barbie s'appelait donc Sophie ... hum! Paul semblait penser que Barbie ne considérait pas Pascal que comme un simple ami (moi non plus). Pascal a semblé amusé. Cachée dans mes buissons, avec toutes ces bestioles grouillantes, beurk, je regrettais de ne pas avoir mis des pantalons. Je ne pouvais pas bouger des masses, j'étais bien trop près d'eux, alors j'éviter d'y penser.
Pascal pensait qu'il n'y avait aucun risque, qu'elle ne ferait pas un truc pareil à Jess (Jess? Qui c'est ça?)
En parlant de moi, Paul a dit "Cette autre fille". Il m'a désigné comme "cette autre fille" pfff ! Voilà ce qu'on récolte à traîner ses oreilles où il ne faut pas!! Pascal; Jane? (que je laisserai à Jane); Jane! Oui Jane. Selon notre cher ami, je ne pouvais que causer des ennuis, avec Thomas et Jess! (peut-être que Jess était un de leur copain, aucune idée) Que cela risquait de lui causer des problèmes avec Jess et Thomas (Encore ce-cette Jess!), que ça n'en valait pas la peine. Pascal n'a rien dit.
Puis Paul lui a demandé s'il était passé quelque chose avec Barbie. Si mes cheveux ont frisés, ça n'a duré qu'une seconde.
Pascal à surssauté et pouffé;
"Phahh, t'es pas bien ou quoi? Sûrement pas!"
Hhhha! Rassurée (du coup, je l'aime bien Barbie) . Voilà une question que je n'aurai pas besoin de lui poser! Quoique... Paul et Thomas m'avait vue partir le lendemain matin du 1er soir où je m'étais endormie chez Pascal. Notre chaste nuit.
Paul;
"Et avec... Jane"
Pascal a hésité avant de répondre;
"Elle est sympa. Je l'aime bien."
Paul lui a fait remarqué le changement d'attitude de Thomas depuis. Sa manière d'éviter de parler de moi devant Pascal. La curiosité aussi pour savoir si on se voyait. Pascal avait menti à Thomas ne sachant pas qu'il m'avait vue quitter son appart
aux aurores! Ils ont continués à discuter des histoires de nanas. Je pensais qu'il n'y avait que les filles pour faire ça... Ben non. Drôlement intéressant. Mais je n'étais pas très à l'aise d'être là à les écouter. La suite allait me mettre encore plus mal à l'aise...
C'était simple, Pascal faisait tout pour m'éviter, pour pas que je me fasse des idées (aoutch... là j'avais envie de m'évanouir). J'avais les larmes aux yeux. Pascal m'évitait. Il ne sortait pas pour ne pas me croiser. Il savait que je me faisais des idées. Donc, il savait que je craquais complètement. Il a dit "Vaut mieux que je l'évite pour l'instant"... Vaut mieux? Et moi qui pensait maîtriser, que cela ne se voyait pas! L'idée d'être cachée dans les buissons pour voir un type qui n'avait pas envi de me voir... Lamentable et le comble du ridicule. J'étais déprimée d'un coup. Pas question de me pointer chez lui, intérieurement il devait rire. Non, je ne pouvais pas me pointer chez lui.
Paul insistait pour que Pascal sorte avec eux. Il semblait prêt à partir, ENFIN. Je priais pour que Pascal n'accepte pas de sortir. C'était un horrible cauchemar que de l'imaginer avec une autre. Je connaissais ses manières, je connaissais le goût de ses baisers, la tendresse de ses gestes. Je jalousais celle qui aurait la chance de passer la soirée dans ses bras. Toute cette préparation toute la journée était pour rien. Pascal m'avait dit dans un de ces messages qu'il n'avait pas l'intention de sortir. Il avait du boulot. Je priais pour qu'il ne change pas d'avis.
J'avais la boule à l'estomac
Je m'étais sentie soulagée par la réaction de Pascal quant Paul lui a demandé s'il s'était passé quelque chose avec Barbie. Mais le devrais-je? Pascal a menti quant Paul lui a demandé s'il s'était passé quelque chose entre "nous"! Il pouvait donc, avoir menti aussi à propos de Barbie. Crap. J'avais la tête à l'enver. En plus, il n'avait pas envi de me revoir. J'étais triste, je me sentais comme un morçeau de plomb au fond d'un verre. Pascal n'avait pas menti, par contre, en disant qu'on avait juste passé la nuit à discuter, il y a 2 semaines, puis on s'était endormi...
Puis enfin Paul est parti... Je transpirais... Mes pieds restaient ancré dans le sol. J'étais devenu une des plantes du jardin, terrifiée à l'idée que quelqu'un m'aperçoit sortant des fourrés. La porte d'entrée de chez Pascal était encore grande ouverte. Je n'osais toujours pas bouger. J'avais une peur bleu.
Il fallait que je sorte de ma cachette... juste un pied... juste faire un pas... Niet. Mes pieds refusaient d'obéir. La boule à l'estomac, je suis restée dans ma cachette un long moment hésitante. Je n'avais pas le courage de bouger. Puis Pascal est sorti sur la terrasse. Je ne l'avais pas remarqué tout de suite. Mon Dieu si j'avais bougé... oh la la, je serais morte sur place. Il buvait je ne sais quoi en regardant le lac. Il était tellement mignon avec sa chemise ouverte sur un short bermuda pleines de poches. Il a passé la main dans ses cheveux courts et il a regardé autour de lui, dans ma direction. J'étais si près, que je n'osais plus respirer et fermé les yeux. J'avais l'impression qu'il aurait pu m'entendre ou me voir. Comme un enfant, j'ai dû penser qu'en fermant les yeux, il ne me verrait pas. S'il me voyait, je suis morte... de honte. Heureusement que je ne m'étais pas habillée en blanc! J'avais des crampes. Puis enfin, il est retourné à l'intérieur et a fermé la porte. Je me suis enfuie...
Pascal n'avait pas envi de me voir, alors j'allais lui éviter ce supplice! J'étais down. J'ai fillé à ma voiture où je pouvais me laisser aller en paix. Après avoir soulagé ma tristesse avec des larmes, j'ai lu les messages en attente. Il y en avait plusieurs de mes potes, de Thomas et Pascal. J'ai hésité à effacer ceux de Pascal sans les lire. Après tout, qu'aurait-il à me dire à part quelques banalités. Thomas me relançait pour le rejoindre, me disant où il se trouvait à chaque instant. C'était chou. Je commençais à l'apprècier de plus en plus... Peut-être la déception?!
Difficile de résister, alors j'ai lu les messages de Pascal. Ce n'était que des banalités. Pourtant, le ton avait légèrement changer dans les derniers messages qu'il a envoyé pendant que je me vidais de ma tristesse, après le départ de Paul. Tiens, tiens! Evidemment, de mon côté, je devais rester égal à moi-même, je n'étais pas censée savoir ce qu'ils s'étaient dit. Difficile.
En gros;
En fait, il a appris que j'allais rejoindre Thomas (par Thomas sans doute). Il disait que c'était tout aussi bien (grrrr). Il crevait d'envi de me voir, mais ce n'était pas très raisonnable. Il n'en avait pas le droit (hein???). Il fallait qu'on parle. Que si on avait pu se voir se soir, il avait quelque chose à me dire. Qu'il était préférable d'éviter de se retrouver chez l'un ou l'autre. Qu'il me suppliait de ne pas débarquer chez lui comme l'autre fois, c'était mieux pas (glups) Que ce qui s'était passé était une erreur, que c'était de sa faute. Qu'on aurait pas dû. Qu'il expliquera, mais il ne pouvait pas le faire par textos, comme ça...
En lisant ses messages (3x), j'avais de la peine à penser qu'il n'avait pas envi de me voir. Il disait crever d'envi de me voir? et même celle où il parlait d'erreur me faisait penser qu'il tenait quand même un peu à moi... Ou je me faisais des idées!!! J'étais moins triste. Tendue, toujours une boule à l'estomac et dans la gorge mais moins triste.
Aucune idée du temps où je suis restée assise sans bouger à me demander si je devrais l'appeler et qu'on se voit ou non. A mesurer mon envie de le voir, d'aller chez lui même s'il avait insisté pour que je ne le fasse pas. Puis je crois, que la raison a perdu. Irrésonnable, j'ai décidé d'aller sonner chez lui quand même. Je me serais tapée la tête contre les mûrs. J'avais les palpitations, les jambes flajolantes, mais j'avais trop envie de le voir. C'était stupide, je me le suis répétée non-stop jusque devant sa porte. Je n'ai même pas penser vérifier s'il était seul. J'ai marché vite. J'avais peur de changer d'avis à mi-chemin ou de détaller au dernier moment paralysée par la frousse. J'avais le trouillomètre à zéro, mais j'y étais.
J'étais essouflée, terrifiée... Mais tant pis. Je ne pouvais pas passer encore une semaine dans le doute et du rire aux larmes. Non, il fallait que je sache tout court.
Pascal parlait au téléphone quant il a ouvert. Ca lui a coupé la parole quelques secondes, et il a dit: "Je te rappellerai". Le claquement de la fermeture de son natel, puis le silence. Encore une fois, j'avais oublié de préparer ce que j'allais dire... Il a eu une sorte de grimace en chuchotant en anglais, la mâchoire contractée "que je ne devrais pas être là" suivi d'un soupir. Il me dévisageait. Glups et re-glups, chute vertigineuse de mon courage dans les tongues.
Je n'aurai pas dû venir...
Comme la 1ère fois, on ne parlait pas. Une chose étrange que j'ai remarqué avec Pascal, on avait pas vraiment besoin de parler. On se conprenait. Il devinait ce que je pensais ou ce que je voulais. J'aurai aimé que ce soit pareil de mon côté. Il a encore répété que je ne devrais pas être là en secouant la tête. Et je regrettais d'être là à vrai dire. Si j'avais été un personnage de dessins animés, je serais parti en courant, plus vite que "Bip-Bip".
Et aoutch, les larmes commençaient à monter, il fallait que je m'en aille avant de m'éffondrer. J'avais à peine fait un pas en arrière que Pascal m'a attrapé par le bras. Alors... il n'avait pas vraiment envi que je parte... quelques secondes de joie intense et d'espoir... Il a rapidement vérifié aux alentours en me tirant à l'intérieur. J'étais soulagée... je crois. Lentement, il a passé une main dans mes cheveux courts et souri. Mon coeur était comme un baromètre. Quant il a souri, c'est devenu moins lourd, plus léger. Puis on s'est embrassé.
Je crois que c'est ce que j'adore chez lui, pas de paroles inutiles. Pas de blablas dans lequel on s'enlisent à essayer d'expliquer le pourquoi du comment. Pourquoi j'étais venue quand même? Evident. Ce que je voulais? Evident.
Je nageais une fois de plus sur mon petit nuage de cotons paradisiaques
