49 - La tête dans le sable

Publié le par JaneDo


Quelle poisse! Pourquoi j’étais venue à la montagne moi? Ha oui; pour me reposer! Ben, c’était plutôt mal parti. Justement parce que c’était avec Brian, et que Pascal n’allait pas apprécier du tout. Bon... je pouvais toujours ne rien lui dire, faudra juste que je m’assure qu’il ne l’apprendra jamais!

Je n’avais rien dit à Patricia, Brian ne parlera sûrement pas même sous la torture. Quoique!?! Sa copine du moment, une fois hors cadre, n’aura jamais l’occas de parler. Tout semblait bon. Alors pourquoi est-ce que je n’arrivais pas à me détendre, ni à me sentir tranquille?

Bah, fallait que je pense à autre chose. De toute façon, au pire, je n’étais pas seule avec lui, il y avait cette fille.

Ou, plus raisonnable; je lui le dis et ce sera fait, et basta avec ça. Ou encore, je n’ai plus qu’à redescendre à Lausanne et on en parle plus. Mais je n’avais pas envie de me faire manipuler même inconsciemment et à distance, mince alors, j’avais quand même le droit de faire ce que je voulais. Ou... est-ce que je pousse un peu trop le bouchon? Et en plus, j’étais toujours furax.

Il n’y avait rien à faire, j’avais beau me résonner dans tous les sens, à me faire une liste de toutes les raisons du monde pour ne plus être au bord de l’explosion de colère... Rien. Le jour J avait été saboté, rien à faire pour faire reculer le temps. Je n’avais pourtant aucune raison de lui en vouloir, à sa place, j’aurai fait pareil. Mais c’était loupé raté et ça me faisait mal jusqu’à la pointe des cheveux. D’y penser me donnait des boutons et l’envie de pleurer et je déteste pleurer, surtout si je ne l’ai pas programmé.

Pascal voulait qu’on en parle, que ça ne servait à rien de se cacher la tête dans le sable et attendre. Attendre quoi? Que je ne sois plus fâchée? Aucune chance si on ne se parle pas. Je lui ai expliqué que j’avais peur de dire des choses que je ne pensais peut-être pas sur le coup de la colère, alors je préférais prendre le temps. Il comprenait mais, il pensait que c’était mieux d’affronter la colère de l’un comme de l’autre... Iaaah, il était aussi fâché à cause de ma petite escapade avec Brian, et même là au téléphone, quant il y pensait ça lui donnait envi de péter un câble. Mais, on peut faire ce qu’on veut, ce qui est fait est fait, on ne peut plus rien y changer. Tout ce qu’on peut faire, c’est d’en parler franchement. De tout garder à l’intérieur ne nous ferait pas aller mieux de toute façon.

Hum... mais ouais, mais je suis avec Brian... encore! Était-ce quelque part, parce que ça allait le faire enrager autant que moi ça m’avait fait enrager qu’il n’ait pas trouvé le moyen de se libérer? Je n’en savais rien. Pire, il avait raison, fallait peut-être crever l'abcès puis voilà! Mais pour le “en parler franchement”, je crois que là, je n’y arriverais pas!

Pour finir à court d’arguments et d’excuse, j’ai accepté de le voir jeudi. Donc, je quitterai le chalet pour retourner à Lausanne. Pffff...

Brian a su que j’avais parlé avec Pascal en voyant ma tête. Je lui ai expliqué ce que je ressentais et que je n’arrivais pas à me calmer. Évidemment, même lui m’avait envoyé des fleurs pour la St-Valentin et aurait pris le temps pour qu’on passe la soirée ensemble. Brian savait que pour certains, ce n’était pas très important, on pouvait toujours fêter notre propre fête des amoureux à une autre date et qu’il trouvait un peu enfantin que je me bloque sur le 14. Dis comme ça, ça avait l’air raisonnable et simple. Mais... alors je pouvais très bien raté tous les anniversaires, et les fêter à une autre date aussi..  Ça l’a fait mourir de rire. Il m’a demandé si je l’aimais vraiment? Si oui, alors, je devais comprendre, que là, je le punissais par la faute à Jess et que l’air de rien, je jouais son jeu. Elle n’aurait pas espéré mieux que nous voir nous fâcher pour une futilité pareille. Que je pouvais aussi bien saucissonner Pascal et lui le livrer dans un papier cadeau et avec un beau petit ruban. Grrr... Zut de chez Zut-Land, Brian avait raison. Ça arrangerait bien ses affaires à celle-là!

La copine à Brian était sortie faire du shopping.

Je n’avais aucune idée de ce qu’elle pouvait espérer trouver dans une station, mais bon, chacun son truc! Brian n’avait pas voulu l’accompagner. Il avait senti mon besoin de parler. Après m’avoir remonté le moral avec des paroles aussi censées, on a fini par s’endormir dans le canapé niché dans les bras l’un de l’autre. En rentrant, sa copine nous a réveillé.

Je suis montée préparer mes affaires pour partir le lendemain et je les ai entendu se disputer.

Wowh, ça commençait bien leur histoire! Et Brian qui avait horreur des prises de têtes!!! J’ai attendu que l’orage se calme avant de redescendre, je ne voulais pas me retrouver en pleine tempête, ni devoir prendre parti. Après tout, Brian était mon meilleur ami, et j’aurai, de toute façon, pris son parti, même s’il avait tord, quitte à en débattre avec lui après.

Sa copine s’était retranchée dans leur chambre et ne voulait pas sortir manger. J’ai proposé à Brian alors, de faire à manger au chalet, mais il n’y tenait pas et m’a appris que j’étais à l’origine de la colère de sa copine.

Elle ne comprenait pas notre amitié, et était super fâchée parce qu’il n’ait pas voulu l’accompagner pour finalement se retrouver endormi, enlacés, comme des amoureux, sur le canapé, avec une fille, qui n’était soit disant qu’une amie. Alors elle a voulu savoir où commençait et où s’arrêtait notre amitié. Brian lui avait dit qu’on se connaissait depuis longtemps (hum... 2 ou 3 ans qu’on se fréquentait vraiment, même si je le connaissait depuis plus longtemps que ça). Puis, ça l’avait énervé, alors il lui avait dit que de toute manière, ça ne la regardait pas et qu’il faisait ce qu’il voulait si ça ne lui plaisait pas, c’était la même chose.

J’ai proposé d’aller lui parler, mais il a refusé. Il préférait qu’on aille manger dehors, si elle voulait continuer à faire la tête, grand bien lui fasse. Je me sentais un peu en faute, et je suis sûre que j’aurai réussi à la raisonner, mais Brian n’y tenait pas plus que ça. Il trouvait qu’elle était un peu gonflée, ils sortaient ensemble depuis même pas une semaine et elle lui faisait déjà une scène.

A la décharge de sa copine, j’aurai moyennement apprécié de trouver mon mec enroulé avec une, soi-disant copine sur le canapé. Pour cause, je me suis imaginée trouver Pascal comme ça avec Caroline et j’avais les vapeurs. No way que j’aurai pris ça bien. J’aurai peut-être pas fait de scène, mais la digestion aurait été problématique!

J’ai voulu profiter de l’occasion pour rentrer chez moi, mais brian pensait que ça lui ferait croire que c’était à cause d’elle. Je ne tenais pas à être une épine dans son pied.

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La tête dans le sable  (49-18fév09-mer)

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