20 -- Déprime...
Layne, en tous cas lui, quant il se lève, c’est pour tout le monde. Il n’a pas la discrétion de Pascal, et me faire réveiller si tôt, arffff, ça me gaaaaave! Patricia, forcément était aussi réveillée. Elle s’est levée pour prendre le café avec lui. Avec le bruit, j’ai rampé à mon tour jusqu’à la machine à café. Sans café dans le sang, je suis inutile. De vrais pinsons ces 2 là, le matin, iiiiak.
Déjà ébouriffée, Layne m'a ébouriffée encore plus, amusé par, ce que j’appelle moi, “ma gueule de bois”, pourtant sans alcool. C’est juste que je me sens comme un bout de bois le matin. Ça a eu pour effet de mélanger mes cellules grises. Il essayait de m'arracher quelques mots. Peine perdue le matin.
Après son départ, j’avais envie de re-ramper dans mon lit, mais... pas possible! Impossible de travailler la journée avec Pat dans les pattes! Je sais pas, elle parle tout le temps... Moi, j’aime le silence, les mouches qui volent sur le dos et touti quanti... Hehhhh! Gros soupir. J’ai pris la fuite dans l’après-midi avec Maxou et on a été faire un tour en forêt.
J’en ai profité pour appeler Pascal. Trop envie d’entendre sa voix.
En arrivant chez moi, il avait effectivement vu la voiture de Layne, donc il n’est pas monté. En me taquinant, il a dit qu’il avait hésité une minute quand même, il aurait aimé savoir comment je m’en serais sortie. Très drôle. Piquée, je lui ai dit que je m’en serais sûrement sortie aussi bien que lui dimanche soir. Hein, hein, hein! Il a changé de sujet. Je pense que c’était encore un sujet un peu chaud.
J’avais envie de le voir ce soir, mais il m’a appris que Caro l’avait invité au cinéma, et que ce devait être la xème invitation. Il ne pouvait pas toujours refuser non plus. Arrrrrrgh. Au ciné... non de non!
Comme moi, elle savait que Jess n’était pas dans les parages. J’avais le coeur qui battait la mesure des secondes et des millièmes de secondes et je commençais même à trembler. Pascal l’a immédiatement entendu dans ma voix. Pourtant je ne voulais pas qu’il s’en aperçoive et je faisais tout pour masquer ma déception.
Je voulais demander si je pouvais l’accompagner, mais ça aurait fait un peu jalouse. Je ne pouvais pas être tout le temps là pour lui éviter toutes les tentations du monde... Je ne pouvais non plus pas l’enfermer dans une cage et l’empêcher de voir des amis. Et Caroline faisait parti de ses... grrrr... amis.
Pascal m’avait laissé une clef pour que je puisse rentrer chez lui si j’en avais envie. Il aurait aimé me voir quand même. Ou est-ce qu’il disait ça pour me rassurer me sentant au bord de la crise de larmes? Le film finissait vers les 23h, alors il me proposait de se retrouver chez lui... Je sais pas! Je risquais de me mettre à calculer le temps qu’il lui faudrait pour quitter le cinéma, et il s’en rendait peut-être pas compte, me sentant si déçue, mais ce sera pas sympa s’il n’allait pas prendre un verre avec elle après. Je risquais de finir à ras la moquette en l’attendant. Je ne voudrais sûrement pas qu’il m’approche ensuite. Qu’est-ce que j’suis nulle!
Bien sûr que j’avais envie de le voir, mais en même temps, trop peur qu’il remarque mon manque d’assurance et toutes les différentes teintes de peurs que j’aurai traversé avant qu’il ne rentre. Et le voilà qui insiste et moi qui ne sait même pas ce que j’allais faire.
Ahhh, au cinéma... Maligne! Dans le noir, les mains qui se cherchent, les doigts qui se croisent. MERDE. J’étais jalouse! Jalouse de tous ces moments qu’elle passera avec lui et pas moi. Entendre sa voix, pas moi. Marché à côté de lui, l’entendre rire, voir ses beaux yeux verts sourires, le toucher et moi... pas. Ahhhhh, souffrance extrême. Je me déteste.
Du coup, j’avais 36 milles questions qui me trottaient dans la tête. Je me rendais compte que si j’étais sa nana, je serais morte d’angoisse chaque fois qu’il ferait quelque chose sans moi... Grrr... Je l’aimais TROP.
Je le trouvais trop beau, trop cool, trop sexy, trop adorable, trop bien foutu, trop tout... Je me préparais bien des chagrins, bien des moments de folle angoisse. J’étais trop mal barré. Si je continuais comme ça, il me sera impossible de devenir sa moitié. Je ne supporterais jamais. Iak, je deviendrais une de ces horrible pouffiasse qui ne peut pas respirer sans sa moitié. Trop nulle.
Très triste quand même, je lui ai dis qu’on se verrait mercredi.
J’ai appris que Thomas était à la maison. Gros gros rhume. C’était drôle, je n’avais jamais imaginé que Thomas était du genre à être malade. J’irai sûrement lui faire une petite visite amicale.
Pour finir, c’est lui qui m’a proposé de l’accompagner ce soir au ciné avec Caro! Non. Même si je crevais d’envie de dire oui, je ne voulais montrer tellement de manque de confiance en lui, en moi, en nous. Bref non.
Après avoir versé quelques larmes de stress, je suis rentrée, décidée à me concentrer un peu plus sur moi-même et peut-être éventuellement sur Layne. Ça me sortirais Pascal de la tête. Je ne voulais pas commencer à laisser ma tête faire des dégâts en les imaginants intimement enlacés ou autres. Ni qu’il lui tenait la main pendant le film, et le reste, surtout pas non plus.
Zut, Layne m’a appelée. C’était toujours lui qui faisait le 1er pas. Encore lui. Je voulais réussir à le faire une fois en 1er. Il me reprochait assez de ne jamais penser à l’appeler.
C’était évident que Layne savait que Jess était absente et il voulait s’assurer que je ne voyais pas Pascal. Il voulait savoir si ce soir, je comptais aller chez lui ou si je jouais encore à l’infimière pour ma copine. J’avais pas la forme, alors je restais avec Pat. Il voulait savoir si je voulais qu’il passe plutôt chez moi. J’avais pas envie non plus. J’avais envie de rester seule pour me noyer dans mon chagrin. C’était nulle, parce que malgré la présence de Pat, pas très mobile, j’allais ne penser qu’à Pascal.
Après avoir mangé avec Pat, j’ai décidé de court-circuiter mon imagination et je suis partie chez Layne. Sur le chemin, je l’ai appelé. Il n’avait pas l’air trop ravi, même s’il essayait de me le cacher. Hum! Alors j’ai changé d’avis. Pas la peine de le déranger.
Je m’ennuyais ferme. Morte d’envie de courir à la sortie du cinéma pour regarder Pascal. Hum, ridicule, comme s’il était un tableau. Ce serait sûrement distrayant de foncer chez Layne. Non, je n’allais pas laisser mes idées bizarres prendre le dessus. Valait mieux rentrer sagement chez moi.
Surprise... Pascal m’attendait... Lui, il me fait carrément craquer!
Il fait toujours des choses inattendues qui me font fondre. Ça me rend juste raide dingue de lui. Il avait repoussé le cinéma au lendemain. Il avait senti que son rendez-vous me faisait de la peine, et il n’avait pas envie que j’ai de la peine. Pascal ne voulait pas que je me sente menacée par Caroline ou qui que ce soit d’autre. Il voulait profiter de tous les moments qu’on pouvait passer ensemble. Il s’ennuyait quant il n’était pas avec moi. Ben, moi aussi.
On a filé chez lui où je me suis faufilée discrètement.
J’étais un peu déprimée un peu plus tôt, alors je n’avais pas envie de parler. J’étais trop émotive et je risquais de fondre en larmes. Je préférais éviter. Pascal me serrait très fort, et je me suis sentie revivre petit à petit. Chaque millimètre de mon être tout entier revenait à la vie comme un désert qui avait manqué d’eau. C’était la folie furieuse, mais je ne me lassais jamais de lui et je l’aimais plus fort chaque jour. Plus le temps passait, plus c’était pire.
J’étais complètement dépendante de lui...
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Déprime... (20 jan09 -mar)