223/14 - Calme olympien
Lundi, 11 Août 2014 - 223/14 - Calme olympien
C’est fou, chaque fois que j’essaie de m’éloigner de Pascal, on dirait qu’il le sent, et… argh, il fait tout pour me faire changer d’avis. Dimanche, ok c’était son anniversaire, mais sa femme était là, donc, je ne m’attendais pas à avoir des nouvelles. Et hier en fin de journée, paf, un petit message. Pour me faire penser à lui? Grhhh, ça a marché! Après, c’était carrément impossible de ne pas me demander ce qu’il faisait, de penser à son sourire, ses yeux rieurs, et tout le reste.
Puis, Pascal s’est pointé chez moi vers 21h. Il doit certainement sentir quant je m’éloigne. Je ne comprends pas! Quant sa femme n’est pas là, je n’ai parfois pas de nouvelles pendant plusieurs jours. Et alors quant elle est là, il débarque chez moi! Pourquoi? Pour l’emmerder? La rendre jalouse? M’attirer ses foudres? Franchement, je ne pige pas!
D’abord, il m’a appelé au téléphone. Inutile de dire que j’avais enfilé un de mes trainings pourri, troué par endroit, de grosses chaussettes roses bonbons, un t-shirt informe tâché, rose-bleu. Bref, pas top, mais c’est ma tenue standard à la maison. Pas peur de me tâcher quant je fais de la peinture, ou du bricolage. Je ne sais pas pourquoi je me lève presque toujours quand il m’appelle. Je n’arrive pas à rester allongé dans mon canapé, les pieds sur la table. Va comprendre!
Donc, je me suis levée, et je marchais à travers l’appart tout en lui parlant. Heureusement, quant il m’a demandé ce que je faisais, je lui ai demandé pourquoi. Pascal voulait me voir. Parce qu’on ne s’était pas beaucoup vu à la soirée hier, et que je lui manquais.
Alors là, même si j’étais toute seule j’ai rougi de plaisir. Et, vu ma tenue, j’aurai inventé que je n’étais pas à la maison, pour me donner 1 ou 2h pour me préparer, et au cas où ranger mon appart. Surtout débarrasser ma chambre des bouquins qui traînent par terre, des soutiens-gorges qui traîne sur la chaise près du lit, etc.
Mais aussi, je crois que je ne l’ai pas pris au sérieux, parce que je pensais qu’il était obligé de rester chez lui, puisque Jess était là. Donc, je n’ai eu aucune peine à lui dire qu’il me manquait aussi, et que j’aurai aimé aussi le voir. Je ne prenais aucun risque… Man! Est-ce qu’il joue avec mes sentiments?
Alors, Pascal m’a demandé de regarder par la fenêtre. Glups, et il était là! Pascal était là, juste devant mes fenêtres!
J’habite au premier, mais on peut voir chez moi depuis le chemin qui mène au parking couvert. J’ai perdu mes couleurs. Dans ma tête, ça tournait à toute vitesse; si je vais me changer, il s’en rendra compte. Je pourrais peut-être juste virer le bas, mais… je n’aurai pas le temps… Rhhh, la poisse!
Merde, qu’est-ce qu’il foutait ici? Pourquoi? Ou était donc Jess? Mais, je n’avais pas trop le temps de me poser des questions, il fallait que je me précipite, au moins changer mon bas de training! Voir si j’ai une tête potable, et tout ça en 3 secondes, avant qu’il ne sonne à ma porte.
J’étais hors d’haleine quant j’ai ouvert ma porte. Dès que je suis face à lui, mon coeur s'affole et fait des cabrioles; “Arhhh mince, comme je l’aime… ”, c’est la seule chose qui me passe par la tête! Mon coeur va finir par lâcher un jour. Oh, je crois qu’il s’est douté de ma course poursuite avant de lui ouvrir, mais il n’a rien dit.
C’était la première fois qu’il entrait chez moi. Ça lui a plut. Pour une fois, peut-être parce que le salon est spacieux, je me suis sentie à l’étroit, à l’aise de l’accueillir chez moi. Il l’a trouvé tout de suite chouette. Je lui ai fait faire le tour. C’était rapide, il n’y a que 3 pièces. Puis, son sourire s’est effacé. Il a pensé au fait que Steven était venu là avant lui. Il me l’a dit.
Pascal m’a prise dans ses bras et m’a serré très fort. Encore une fois, Pascal a dit que je lui manquais. Pourquoi maintenant?
Bien sûr, j’ai voulu savoir comment cela se fait qu’il soit venu ici, alors que sa femme est à la maison?! Pascal se doutait que j’allais m’imaginer des choses, mais il n’y avait rien entre eux, à part une grande affection. Qu’il me l’avait déjà dit à plusieurs reprises, mais je n’avais pas l’air de le croire. Pour me le prouver, il pouvait même dormir là si je le voulais, ou on pouvait même aller chez lui, Jess ne trouverait rien à redire.
Mouais… je n’allais quand même pas m’imposer chez lui! Le sujet était clos.
Je me suis lovée dans ses bras et on a bavardé et regardé la télé. Après, il n’avait pas envi de rentrer, mais il ne voulait pas dormir dans mon lit. Il s’imaginait encore que Steven y avait passé avant lui, et ça le perturbait. Bizarrement, il ne semblait plus aussi fâché. Moi, j'en perds mon latin!!! Glups. Je n’ai pas insisté, mais je ne l’avais pas invité à rester non plus.
J’ai préféré qu’on change de sujet. Demain, j’avais du boulot, et je devais me lever relativement tôt, alors je ne pouvais pas rester debout toute la nuit, lui non plus d’ailleurs. Il a commencé à me faire des câlins de plus en plus… chaud. Trop tard de toute façon pour aller plus loin.
Pascal est rentré, et même après son départ, j’avais le coeur et le corps en folie!
Lundi... Je viens seulement de rentrer de chez ma frangine… Corrections de courriels. Impossible de lui dire non. Mais, je me suis surprise à penser que je devrais m'épargner ces dîners du lundi, parce qu'on me chope toujours pour faire du bureau.
J’ai encore des traductions français-anglais à faire pour Nadine avant de me coucher. Demain matin, je me lève à 7h et j'aurai une longue journée de boulot de secrétariat… Je suis éreintée!
J'ai failli perdre mon calme olympien à plusieurs reprises ce soir. Ouf, j'ai réussi à me contenir. Mais, ça n'avançait pas, et je voulais rentrer, impossible d'avancer d'un paragraphe, sans que ma soeur disparaisse, pour s'occuper de sa SwissBox, de son ménage. Entre temps, j'avais rangé toute la cuisine, alors je piaffais un peu.
Grace au ciel, parce que j'adore ma frangine, j'ai réussi à sourire et ne pas montrer mon impatience. Je voulais juste rentrer chez moi.