230/2012 - Comme la 1ère fois... (2)
Samedi, 18 Août 2012 - (230/2012) - Comme la 1ère fois (2)
Difficile de ne pas le toucher tout le temps, ça faisait tellement longtemps qu’on ne s’était pas vu. Au lieu de dormir, on a discuté, fait l’amour encore, rigolé, bouffer dans le lit, bref, on s’est amusé quant on a dû secouer les draps pour ne pas dormir sur un tas de miettes.
Pascal avait dit qu’il devait rentrer… mais on n’en a plus reparlé. Il est resté avec moi. Je l'adore!
Samedi matin, après un rapide déjeuner, Pascal a dû rentrer. Il savait qu’il aurait des problèmes avec sa femme, mais il était prêt à les assumer. On avait discuté hier soir à ce sujet. Pascal voulait lui dire la vérité, la mettre au courant, moi non. Il estimait qu’elle avait le droit de savoir.

A plat ventre sur le lit, on avait discutaillé en machoûllant nos chips entre les câlins. Même si c'était une discussion sérieuse, on parlait sans se prendre la tête. J'avais remarqué que quant on mentionnait sa femme, Pascal me bisoutait moins. Peut-être normal, son fantôme se trouvait dans la chambre avec nous du coup!
- C’est faux! C’est toi qui a besoin de lui dire pour rejeter la responsabilité dessus. Ou pour te donner bonne conscience, genre; je ne t’ai pas menti, alors tu dois accepter!
- Je suis pas d’accord, Jane, elle a le droit de savoir
- Si tu veux la blesser ou lui faire du mal, vas-y, dis lui, mais si tu tiens à elle, alors tu gardes tout ça pour toi.
Comment lui expliquer? Comment lui faire comprendre que ce n’était pas cool de lui dire la vérité, ça ne ferait que la blesser.
- Ecoute… Si tu as invie qu’elle se torde de questions, qu’elle s’inquiète et se torture chaque fois que tu disparaît de la maison, alors te gêne pas, vas-y je te dis! Ensuite, puisqu’elle te fera sans arrêt des scènes, ben, ce sera en plus de sa faute! C’est vache.
- Tu ne la connais pas, elle va me harceler jusqu’à ce que je crache le morceau! Je pourrais peut-être juste lui dire que je vois quelqu’un, sans dire que c’est toi, comme ça, elle me laisse tranquille?
- Non. Rien que de savoir que tu voies quelqu’un la fera souffrir. Jeeez, tu ne connais pas les femmes ou quoi?
- Je comprends pas que tu essaies de la protéger après qu’elle t’aie agressé!
- Bah, c’est parce qu’elle n’a pas tout à fait tord… Elle sait bien que je suis amoureuse de son mari…
- Ha! Alors… Comme ça t’es folle de moi…
Pascal m’a renversé sur le lit. Hum, tellement masculin ça, ils sont très vite distrait et pense tout de suite à la bagatelle!
- Change pas de sujet, c’est une discussion sérieuse voyons!
- Mais… Je suis totalement sérieux!
Tu parles! Il avait les yeux brillants, remplis de coquineries, et la discussion ne l’intéressait tout à coup plus du tout. Pascal avait bien d’autres idées en tête. Bah, j’ai cédé. Il était trop mignon et savait être convaincant de milles petites manières.
Ça lui faisait plaisir mon petit cadeau d’anniversaire l’empêche. On peut pas dire que ça me surprenait vraiment. L’air de rien, c’est plutôt facile de faire plaisir à un mec finalement.
Le fameux vendredi, ils avaient fêté son anniversaire au bord du lac, et quant j’ai insisté pour le voir ce soir là, Pascal avait pensé que c’était pour ça, et lui faire une surprise. D'ailleurs, il avait pensé que je serais là avec les autres. Il pouvait difficilement planter sa femme ce soir là et tous ses amis qui étaient là pour lui. Mais comme il avait envi de le fêter aussi avec moi, il l’a quand même fait.
Comment lui dire que j’avais… oublié! Impossible.
Ce jour là, je m’étais coupé les cheveux, et Pascal avait pensé que c’était pour lui. Il pensait que j’avais une surprise pour lui, et pensait que ce soit là, ben, on allait faire l’amour. Il a très vite compris que je n’étais pas encore prête. Il m’a taquinée en me disant que j’avais été vache de ne pas lui souhaiter bon anniversaire ce vendredi là. Il n’avait pas voulu me le rappeler, parce qu’il aurait eu l’impression de faire pression pour arriver à ses fins. Puis, si j’avais cédé après ça, il aurait pensé que je me forçais pour lui faire plaisir. Ça ne lui aurait pas plut, ni fait plaisir.
Donc, ce soir, il a bien pensé que je lui préparais quelque chose comme ça, une petite surprise. L’autre soir, il a pensé que j’étais mal à l’aise, alors j’avais préféré ne rien dire, ne pas mentionner son anniversaire, et il n’avait pas voulu me stresser. Mais ce soir, il avait pensé, souhaité que c’était la bonne, et quant il a vu les bougies, il a su.
Hum… S’il savait! J’avais honte!
Après son départ, j’ai tout rangé et je suis rentrée aussi. Pascal passait me chercher plus tard, on avait prévu d’aller manger en amoureux, puis de revenir à l’appart, chez Michael. Il passait la journée avec sa femme. M’en fiche, je le verrais ce soir s’il le peut. Notre petite soirée ensemble m’avait rassurée et comblée, alors je suis parée pour tout accepter.
J’ai passé une partie de l’après-midi sur le balcon à me faire bronzer. Quant j’avais trop chaud, je me cachais à l’intérieur pour peindre. En prévoyance de ce soir, j’ai aussi fait une petite sieste et pris un long bain. Le soir, je n’attendais plus que l’appel de l’élu de mon coeur pour sauter dans les vêtements que j’avais prévu de mettre ce soir.
En attendant, je me larvais sur le canapé à lire avec la télé comme compagnie de fond.
- Hey! C’est moi… Ecoute, je… On… Je vais manger avec Jess et des amis, après on sort un peu. Tu veux venir nous rejoindre? Je t’appelle dès que je sais où on va? Ou, dès que je ramène Jess, je ne sais pas, je pense vers minuit… Je passe te prendre après?
- Ôfff, c’est égal chou… Minuit ça m va aussi. Mais, t’es sûr? Ça c’est bien passé quant t’es rentré?
- Thiiiiih, pas trop… Faut que je m’habitude à racheter de la vaisselle chaque semaine c’est tout!
J’aurai peut-être pas dû, mais de la manière qu’il a dit ça, ça m’a fait rire!
- Bon alors? Tu veux faire comment ce soir? Tu me rejoins et on rentre ensemble, ou je passe te chercher plus tard?
- Ben, je préfère que tu passes me prendre! Mais, Pascal… Tu va pas t’attirer encore des ennuis?
- Si! Mais, tu veux qu’on fasse quoi? Je préfère ne pas parler de ça au téléphone. Elle sait que je ne rentre pas ce soir.
- Oh! Alors faudra faire extra attention. Bon, je prendrais ma voiture.
- On se retrouve comme la dernière fois?
Je savais ce qu’il voulait dire; je devais l’attendre au parking face au Mövempick, on ira chez Michael avec une seule voiture. Inutile d’éveiller les soupçons en parquant ma voiture dans les environs du domicile de Michael. Mince, maintenant que Thomas savait où disparaissait Pascal, est-ce qu’il saura tenir sa langue? Baf, je suis sûre qu’ils en ont parlés tous les deux, il n’avait pas de raison que je me fasse du soucis.
Pascal m’a lancé un message en quittant le bar pour ramener sa femme. Je crois qu’il se faisait des illusions s’il pensait juste la déposer et partir. Jess a fait tout ce qu’elle a pu pour ne pas le laisser partir. Il aurait dû y penser et la laisser prendre sa propre voiture. Je m’en doutais un peu, je me suis habillée, mais je ne quitterais pas la maison avant son appel pour me dire qu’il était en route.
Et comme je l’avais imaginé, il n’a pas pu venir me rejoindre…
Dimanche, vers les 1h du matin, il a appelé pour me dire que c’était mal barré, qu’il ne pourrait peut-être pas partir. Il était embarrassé, mal à l’aise, s’excusant à tout bout de champs, gêné de devoir encore une fois me laisser tomber. Je ne lui en voulais pas, je comprenais. Je lui ai rappelé d’effacer cet appel avant de retourner auprès de sa femme, parce qu’elle voudra certainement voir à qui il avait eu besoin de téléphoner à cette heure-ci. Il a promis de m’appeler s’il avait la possibilité, mais je n’y comptais pas trop.
En fait, je m’y attendais un peu. Il pensait quoi? Dire à sa femme qu’il allait dormir ailleurs, sous-entendu chez ou avec une autre, et il pensait qu’elle allait simplement lui souhaiter une bonne soirée et le laisser aller? Ha les hommes!
Après les disputes, les larmes, les consolations et les excuses, Pascal a appelé une dernière fois avant d’aller se coucher. C’était 3h du matin. Il ne pouvait décemment pas la laisser dans cet état. Je comprenais très bien. Désoeuvrée, j’avais été me balader du côté de chez lui, je les ai vu se disputer, les pleurs de sa femme, je l’ai vue s’agripper à lui, les ai vu se prendre dans les bras… Ça m’a fait mal au coeur… Et pourtant, je le voulais, lui, moi aussi.
J’aurai préféré ne jamais la connaître...