239/11 - Un autre corps chaud

Publié le par JaneDo

239/11 - Un autre corps chaud pour oublier que j'ai si froid
Samedi, 27 août 2011

Comme je ne répondais pas à ses messages, vers 19h, Thomas a commencé à me harceler par téléphone, pour finir, j’ai répondu. Il voulait m’inviter à dîner. Je n’avais toujours pas de nouvelles de Pascal, c’était étrange et ça me plombait les ailes. J’aime beaucoup Thomas, alors si je voulais que ce soit vraiment un ami, je me devais d’être un peu plus franche avec lui, alors je lui ai dit que je n’avais aucune envie de sortir, que j’étais déprimée. J’ai gardé pour moi ce que je crois être la raison de ma déprime.

  • Arrête... Si t’es déprimée, justement, reste pas enfermée chez toi, viens... Je passe te chercher dans 1h, t’as intérêt à être prête, sinon, je t’embarque tel quel, et tu sais que je blague pas!

Il rigolait, mais je savais qu'il ne blaguait pas.

  • Non, viens pas, je ne veux pas sortir, ça ne me dit vraiment rien du tout.

Thomas pensait qu’au contraire, c’était justement une bonne raison pour sortir et me changer les idées. J’étais pas d’accord. Il ne voulait pas raccrocher tant qu’il ne réussissait pas à me convaincre. Je lui ai pourtant dit que ça ne servait à rien.

Thomas avait un truc avec ses potes en début de soirée et aurait aimé que j’y aille avec lui... Alors là, sûrement pas!

Têtu, Thomas n’a pas baissé les bras, il a insisté. Comme je n’avais pas envie de sortir, il a proposé qu'on mange chez lui, on avait qu’à se faire livrer quelque chose. Il était d'accord que je vienne en training, puisque je n’avais pas envie de sortir, mais de prendre de quoi me changer, si d’aventure je changeais d’avis. Je ne voulais pas, alors il a menacé de débarquer.

  • Alors, j’arrive... Tu finira bien par m’ouvrir. Tu ne pourra pas me laisser planter derrière la porte indéternum!
  • Ok... Ok t’as gagné... Je viens, mais je t’averti, je n’ai pas l’intention de sortir!
  • Prend quand même de quoi te changer, on ne sait jamais!

Je n’avais pas l’intention de prendre quoi que ce soit pour me changer. Au pire, si tout à coup, par miracle, je changeais d’avis, je rentrerais me changer. Thomas avait rendez-vous avec ses potes, alors après tout, je pense que je serais rentrée vers 22 ou 23h au plus tard. Arf, j’avais vraiment pas la frite, pas envie du tout de quitter mon refuge à moi.

Thomas est un amour, il était... raffraichissant, de bonne humeur et il n’a pas fallu longtemps pour qu’il réussisse à me faire sourire sans que je sois obligée de me forcer. Finalement, c’était agréable d’être là. Sa présence, son bavardage, sa gentilesse me faisaient du bien. On a mis des plombes pour commander, on ne savait pas quoi choisir; chinois ou italien? La pizza a gagné!

Je savais que Thomas avait fait des films de son voyage à New York, j’aurai bien aimé les voir, mais il a refusé de me les montrer. Il ne voulait pas me déprimer plus. Donc, il y avait de quoi?

Après avoir mangé, on est sorti fumer sur la terrasse, il était déjà 22h30, et je savais que si je ne me décidais pas à partir, Thomas ne me ficherait pas dehors, donc... Thomas m’a pris ma cigarette des mains, a tiré une taffe avant de la balancer et il m’a entraîné à l’intérieur par la main. Dedans, à l’abris des regards, il m’a embrassée. Ouuuuh là, je crois que je devinais la suite, il fallait que je prenne la fuite illico presto, mais, c’était... si... Non, non, je ne pouvais pas. J’ai tenté de le repousser, mais il avait prévu mon geste, pourtant mes lèvres restaient accrochées aux siennes.

Non non non, je ne pouvais pas, pas avec lui, il était bien trop proche de Pascal, c’était trop risqué. Au prix d’un grand effort, j’ai réussi à me soustraire de son étreinte.

  • Jane, tu ne peux pas me laisser comme ça, pas dans cet état? Et je sais que tu en as envie aussi, reste...
  • Je dois... Tu sais bien si je reste, ce ne serait que parce que...
  • Oui, je sais... un autre corps chaud et parce que quelqu’un d’autre te manque... Je sais tout ça!
  • Oui, Pascal me manque, alors ce serait pas... et qu’est-ce que tu fais de ta copine au fait?
  • Tu veux vraiment parler de ça, là maintenant?

Pour tenter de me faire fléchir, il m’a encore embrassée en me tirant vers lui. C’était tendre et romantique, difficile de résister, mais j’ai préféré prendre la fuite. Je connaissais la chaleur de ses baisers, la sensation de ses mains sur mon corps, son regard, iaaaah, je ne devais pas penser à ça, ni laisser ma libido penser à ma place, je devais laisser ma raison prendre le relais.

Puis zut, à quoi je pensais... Pascal faisait quoi de son côté? Serait-il aussi raisonnable? J’en doute.

J’ai fait demi tour. Thomas avait raison, j’en avais envie, j’avais envie de le laisser me bercer dans ses bras. J’avais envie qu’il me fasse oublier le gouffre qui s’était creusé dans ma poitrine, la douleur des minutes qui passent sans nouvelles, qu’il me fasse perdre la tête et oublier Pascal ne serait-ce que quelques minutes, qu’il me fasse oublier que je souffrais.

Thomas était en train de se changer, il était à torse nu et de me voir revenir sur mes pas a fait briller une lueur de plaisir au fond de ses yeux. Son visage s’est illuminé d’un petit sourire et il a posé le t-shirt qu’il s’apprêtait à enfiler pour me tendre la main en guise d’invitation à le rejoindre.

Ce soir, Thomas n’allait pas rejoindre ses amis...

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239/11 - Un autre corps chaud - samedi, 27 août 2011

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