239 - Coeurs à la dérive
Vendredi..... 27 août 2010
Je sais que Pascal a été chez ses parents pour annuler et les avertir que je ne serais pas présente à leurs dîner. Aucune idée comment ils ont pris la chose, mais c’était encore une raison pour que ses parents me trouvent antipatique et dédaigneuse. Je me demande si Pascal leur avait donné la vraie raison ou inventé une excuse quelconque???
21h30, il sonnait à ma porte. Je dormais et je n’ai rien entendu, mais JD l’a laissé entrer. Pascal est venu se coucher à côté de moi et m’a serrée contre lui. Je sais qu’à un moment donné, je me suis sentie en sécurité et bien, mais quant je me suis réveillée vers 22h30... J’ai sursauté parce que pendant une demi seconde, j’ai eu peur que ce soit cet idiot de JD, puis une odeur familière de l’after-shave et du champoing de Pascal ont chatouillés mon petit nez. Après la 1ère le sentiment de bien-être ma laissée, je ne ressentais que de la colère.
Je ne pouvais pas me disputer avec lui devant JD. Ça m’énervait qu’il ait osé de pointer chez moi sachant que je n’étais pas seule. Alors on est sorti discuter ailleurs, je le voulais hors de chez moi... Loin.
- Tu m’énerve à un point que tu ne peux même pas imaginer! Je sais pas, tu... (je n’arrivais pas à parler de la grossesse de Jess) C’est avant que tu aurai dû faire tout ça, avant, au lieu de me laisser sans nouvelle comme une conne. Là t’es à contre courant, je comprends pas. Tu dis que t’étais perdu, que tu savais pas où t’en étais, mais, il me semble qu’à ce moment là, en attendant de décider quoi que ce soit, il me semble plutôt que tu aurai essayé de passer le plus de temps possible avec moi, et pas le contraire! Au lieu de ça, tu m’as rejetté, pas de nouvelles... Je comprends pas. Par contre, tu as tout le temps du monde pour Caro! Faut pas que la petite chérie soit mal... Moi tu t’en fou pas mal... Et maintenant, ça c’est quoi? Pourquoi tu es venu chez moi? Maintenant, tu veux faire le pieds de grue, quant tu as pu m’effacer ces derniers jours? Pourquoi? Tu crois parce que tu m’as raconté pour ta femme, ça te donne le droit de m’emmerder maintenant?
- Tu ne m’en aurai pas voulu d’avoir passé ces derniers jours avec toi sans rien te dire? Ou au contraire tu m’en aurai voulu encore pire que maintenant?
Sa question m’a coupé la chique. Je détestais quant il avait raison, surtout quant j’étais si mal. J’avais besoin de lui en faire baver pour faire passer la pilule. Je ne voulais pas lui répondre. Inutile, il me connaissait assez bien pour savoir que j’aurai été encore plus furieuse, alors j’ai explosé pour autre chose; le fait de l’avoir vu en compagnie de Caro. Pourquoi? Est-ce qu’elle comptait plus que moi?
Pascal m’écoutait, et je crois qu’il ne savait pas quoi dire. Les seuls mots qu’il savait baragouiner de temps à autre, ce n’était que pour dire qu’il était désolé.
Pascal avait eu peur de me le dire parce qu’il ne voulait pas qu’on passe notre temps à nous prendre la tête jusqu’à son départ pour l’allemagne, alors, il avait même penser me le cacher.
- Je ne veux pas te parler !
C’était une constatation. En fait, je ne savais pas non pus où j’en étais, et j’avais peur de flancher à force, d’oublier ma colère et ensuite de me sentir déprimée et vide. Je ne voulais pas non plus dire quelque chose que je risquais de regretter direct après, alors je ne voulais juste pas lui parler, juste pas le voir. Je voulais qu’il s’en aille, qu’il disparaisse tout simplement de ma vue.
- J’avais peur que tu décide que tu ne voulais plus me voir...
- Comme j’avais peur ces derniers jours que tu ne veuilles plus me voir? Ben, on n’y peut rien hein! Super manière de montrer qu’on aime quelqu’un... Les ignorer?
- Qu’est-ce que je peux faire pour que tu me pardonne?
- Ta femme est toujours enceinte?
- Jane...
- Ben voilà mon cœur, on en est toujours au même point, c’est tout ce qu’on a!
Super, on était en train de se prendre la tête! Si seulement, il était parti comme je l’ai demandé, on ne serait pas en train d’essayer de se blesser.
- Va-t-en Pace... STP, va-t-en. Rentre chez toi, ou chez Caro, Marilou ou Dieu sait...
- Arrête avec ça.
- Va-t-en, dégage, disparaît...
Merde, j’avais été un peu trop loin. Je pouvais voir dans ses beaux yeux verts, que je l’avais blessé. Pascal a compris, il a juste fait oui de la tête et il est monté en voiture et via. J’ai regardé ses phares arrières s’éloigner jusqu’à prendre le dernier virage avant de disparaître de ma vue. C’est ce que je voulais, alors pourquoi je pleurais? Pourquoi seulement maintenant de le voir partir, me rendait si triste, tellement triste que j’avais envie de mourir sur place?
J’ai oublié le danger d’être plantée au milieu de la forêt en pleine nuit, la tête apuyée contre le volant, j’étais secouée par mes pleurs. Je ne me rendais même pas compte que je pleurais sans retenue, et qu’on aurait pu m’entendre. D’ailleurs, je crois que je m’en foutais.. Je me sentais hyper désespérée. Toute les fibres de mon corps, toute mon âme le rappelait, et pourtant, je savais que s’il revenait, on se prendrait encore la tête.
Je n’avais pas entendu Pascal revenir, ni s’approcher de la voiture... La honte... Il a ouvert et a essayé de me prendre dans ses bras et encore, je l’ai repoussé. Pascal m’a assuré que le laisser me toucher ne m'engageait à rien. Mais je ne voulais pas, si je le laisse m'approcher de trop prêt, j’allais fondre, tout oublier et le lendemain, je serais enragée contre moi-même.
Mais qu’est-ce que j’allais bien pourvoir faire??? Je n'arrivais pas à me décider à le quitter, mais je ne pouvais pas rester avec lui non plus? Je me sentais flouée, complètement perdue, anxieuse, malade et dans tout ça, quand même, je le voulais lui...
Pascal s’est accroupi un moment laissant la porte de la voiture ouverte. J’ai arrêté de pleurer parce que je me sentais stupide. Puis, il est venu s’asseoir à côté de moi dans ma voiture et on est resté là sans parler pendant des heures. C’était rassurant et j'avoue que ça me faisait du bien d’être prêt de lui sans parler. C’était apaisant. Quant je me suis sentie moins triste, je me suis décidée à rentrer. Pascal a juste attrapé ma main au passage. C’était un petit geste furtif, un petit geste de rien du tout, mais glups, ça m’a donné envie de me retourner et de lui sauter dans ses bras.
Pascal n’a pas osé me retenir. Cette fois, je suis partie la 1ère.
Purée, j’avais tellement envie de tout oublier et pouvoir juste aller vers lui, poser ma tête sur son torse et le respirer, me sentir en sureté, aimée, emprisonnée dans ses bras encore une fois. Juste un petit moment, juste quelques secondes. Même si j’étais dégoutée pour l’instant, je savais que je ne pourrais pas me détacher de lui, que je ne pourrais pas le lâcher. En plus, j’étais consciente que Pascal devait se sentir très mal, je ne savais pas lequel des 2 se sentait le pire.
L’enfer c’est que malgré tout, je l’aimais toujours...
Vendredi, Pascal m'a laissé un message pour me dire qu'il serait chez lui toute la soirée, si je voulais, je pouvais passer, si je ne voulais pas parler, il l'acceptait aussi, qu'on pouvait bien passer la soirée à ne rien dire, etc. J'ai voulu lui rendre la monnaie de sa pièce et ne pas répondre, mais, je ne suis pas aussi dure, alors j'ai juste répondu; "Non merci". Il m'a renvoyé un message pour me dire que si je changeais d'avis, il serait là.
C'était un vrai supplice de le savoir à la maison, alors que je m'ennuyais de lui. Milles fois j'ai failli sauté dans ma voiture et courir le rejoindre, et milles fois, je me suis flagellé intérieurement pour ne pas le faire. Je ne suis pas sortie, pas le moral. Je ne voulais même pas aller le reluquer, de peur de finir par courir me jeter dans ses bras.
Si je faisais une connerie pareille, il n'y aura plus de limites aux conneries qu'il pourra faire, puisqu'après tout, je lui pardonne tout!
Vers les 23h, il a essayé de m'appeler, je n'ai pas répondu. Quant les sonneries ont cessés, j'étais triste et regrettais de n'avoir pas répondu. Puis, il a ressayé encore, cette fois, j'ai décroché, mais sans dire un mot. Pascal a compris que je ne voulais pas lui parler. Ah, tendre supplice d'entendre sa voix...
On est resté au téléphone plus d'1h, moi sans un mot, lui, il me racontait ce qu'il faisait; le film qu'il avait pensé regardé... De temps en temps, entre 2, il disait que je lui manquais, qu'il m'aimait et qu'il avait tellement envi de me voir, même si je ne voulais pas lui parler. Qu'il comprenait... Que les entrainements de basket avaient repris, qu'il y avait été, même s'il ne faisait plus partie de l'équipe, il pouvait encore s'entraîner avec eux. Que le basket allait lui manquer, comme la natation lui manquait, que je lui manquais encore plus. Qu'il s'excuse d'avoir été aussi stupide de m'avoir laissé sans nouvelles, de n'avoir pas oser me parler.
Il a dû se rendre compte que ce n'était pas la meilleure idée du monde de venir sur le sujet, parce que j'avais raccroché, mais ce n'était pas du tout pour ça. Je voulais lui demander de me jouer quelque chose, comme je ne voulais pas lui parler, je voulais lui envoyer un message. Je pense qu'il a dû flipper quant il a essayé aussitôt de m'appeler et que je ne répondais pas, mais je n'avais pas encore fini mon message. J'imaginais son soulagement quant il a reçu mon sms!
Pendant qu'il jouait, je me suis rendue compte que je me cherchais des tas d'excuse pour lui faire un "booty-call", mais j'étais encore trop fragile, trop accroc à lui pour aller jusque là...
Je l'adore vraiment à mort ce mec!Après le 4ème morceau, cela faisait déjà plus d'1h qu'on était au téléphone, pour ne pas avoir à lui parler, ni devoir ouvrir la bouche pour lui dire; bonne nuit, parce que je savais qu'il insisterait pour que j'aille le rejoindre, j'ai fait semblant de m'être endormie, mais je l'écoutais toujours... Il a jouer une dernière chanson, une qu'il avait composé pour ses potes avant de ne dire "bonne nuit" et de raccrocher.
- Jane? Tu dors? Je pense que oui... Jane, même si je ne te mérite pas, même si je suis le plus grand des idiots de la terre, je t'aime... Peut-être que j'arriverais à t'atteindre dans ton rêve et que tu entendra... I Love You Babe...
Je ne sais pas si Pascal a réussi à s'endormir tout de suite, il n'avait pas l'air de vouloir raccrocher, mais moi, calmée, parce que j'avais eu l'impression de passer la soirée avec lui, sans me mouiller, j'ai dormi comme une bébé!
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------ Cœurs à la dérive - (239) - ven.27.août.10 ------