247/14 - Rien voir, rien entendre, rien savoir

Publié le par JaneDo


Jeudi, 4 septembre 2014 - 247/14 - Rien voir, rien entendre, rien savoir...

Parlé avec Akemi-sama pendant plus de 4h… Rire… On est pro là, top prête pour le prochain marathon téléphonique. J’ai une main libre, mais je ne sais pas l’utiliser, Pascal m’a montré x fois comment le connecté à mon téléphone, mais la leçon entre et sort de l’autre oreille. Pfff. D’habitude, je ne supporte pas de rester des heures plantée au téléphone, j’ai l’impression d’avoir un truc urgent à faire et que je ne fous rien.

Mais là, pas d’oreilles qui chauffent ou transpirent, pas vu le temps passé non plus. De vrais pipelettes hihihi. Trop rigolé.. c'était chouette.

Encore une fois, ça me ramène à Pascal, avec qui j’avais l’habitude de passer de longues heures, le soir, à papoter avant d’aller me coucher. Ça, c’était au début qu’on sortait ensemble, et que la présence de sa femme nous empêchait de nous voir aussi souvent qu’on le voulait. C’était toujours moi qui appelait. Je crois que je l’ai mal habitué.

J’ai promis à Akemi-sama de ne pas lui courir après ce soir. Si possible, de me concentrer sur autre chose et de rester tranquillement à la maison. Les premières heures, après un bon bain, pour enlever le poids de la fatigue de mes épaules, je me suis investie dans mon boulot, tout en donnant un coup de pinceau par-ci, par-là sur mes toiles en cours.

Mais à l’approche des 22h, je n’y tenais plus. J’avais du mal à me concentrer, et me demandais sans arrêt ce que Pascal pouvait bien fabriquer. Clairement, hum, je n’oserais pas pénétrer pour l’instant chez lui, c’était chaud la dernière fois. J’avais bien failli me faire prendre.

Avant de faire une connerie monstre, j’ai appelé Caro. Elle devait sûrement savoir ce qui se passait chez son voisin… En effet. D’après ses dires, Pascal n’était pas là, mais Elodie oui. Elle se baladait dans son appart comme si elle était chez elle. Elle lui préparait à manger. Une grosse main velue et froide m’a tordu les boyaux.  Comment? Le savait-il?

Apparemment, elle l’attendait son retour. L’estomac tordu, j’avais chaud. J’étais bouillante, angoissée. Une peur froide m’a terrassée lorsque qu’un pensée a traversé mon esprit; lui avait-il proposé d’habiter chez lui? Non, cela ne se pouvait pas.

Je me suis renseignée pour savoir si Thomas était chez lui. Non. Pourquoi aucune idée. Ou peut-être que si j’allais là-bas lui tordre le cou à la Elodie, je ne voulais pas que Thomas puisse intervenir. Tremblante, incertaine, j’ai essayé d’appeler Pascal, mais il ne répondait pas. J’ai voulu lui envoyer un message, mais que dire en quelques lignes???!

Complètement à la masse, à la limite de la folie furieuse, j’ai foncé chez lui. Je voulais voir de mes propres yeux. Caroline m’attendait. Ensemble, on s’est faufilée dans les buissons près de la maison. Pascal était rentré entretemps, et ils dînaient. Voir Pascal tendre la main par-dessus la table pour prendre sa main m’a révoltée.

Ni une, ni deux, je l’ai appelé. Cette fois, après avoir regardé son natel, il s’est dépêché de sortir pour me répondre. Elodie l’a regardé faire sans intervenir, ni même tenté de lui suivre. Je me suis éloignée de notre point d’observation, pour qu’il ne remarque pas la luminosité de mon natel dans les fourrés.

Sans détour, je lui ai demandé si je pouvais passer le voir, j’avais besoin de lui parler. Pascal chuchotait, ce qui m’a mise les nerfs à fleur de peau. D’habitude, enfin par le passé, il se serait immédiatement débarrasser de la Louise, qui qu’elle soit, pour me consacrer un peu de temps, mais là, il disait ne pas pouvoir ce soir, mais qu’on pouvait se voir demain.

Alors, peut-être qu’Elodie ne s’était pas installée chez lui…

Et demain, c’était vendredi, donc, je pouvais peut-être rester avec lui… Tout de même, j’étais désespérée, furieuse, tremblante et je voulais être à la place d’Elodie. En fait, j’étais furieuse de la voir chez lui, furieuse de la voir se comporter comme si elle était chez elle. Je lui en voulais d'avoir permis à Elodie de foutimasser chez lui.

Mais je ne pouvais rien faire. J’avais beau insister, Pascal n’avait pas envi de me voir ce soir, ça c’était clair. Et je ne pense pas que ça aurait arrangé mes affaires si je me pointais chez lui, malgré son refus. A cours d’air dans les poumons, brulante de fièvre, j’ai dû me rendre à l’évidence que ce soir, je ne le verrais pas.

Encore plus mal, plus déprimée qu’avant de venir jusqu’ici, devant sa porte, j’ai dû me résoudre à rentrer. Parce que passer la soirée à les regarder folâtrer, n’était pas une option; je friserais la folie. Ou… je risquais de débouler chez lui et me couvrir de ridicule.

Caroline a voulu que je reste prendre un café avant de repartir, mais, je savais que les larmes étaient sur le point de débarquer, et je préférais être seule pour me laisser aller et pleurer de tout mon saoul. j’étais plus que déprimée… Parfois, il est préférable de ne rien savoir, de ne rien voir et ne rien entendre!


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