248/14 - Plus bas que bas

Publié le par JaneDo


Vendredi, 5 septembre 2014 - 248/14 - Plus bas que bas

Pascal avait proposé qu’on se voit ce soir. J‘ai attendu son appel toute la journée. Rien. Ce serait montrer à quel point j’étais désespérée de lui envoyer un message pour lui rappeler sa promesse, non? S’il y avait un seuil plus bas que dépressif, alors je l’avais atteint. Une grosse boule se baladait dans ma poitrine, mal à la tête d’avoir trop pleuré hier soir, et incapable du moindre travail constructif. J’étais mal.

Qu’est-ce qu’il faisait? Allait-il m’appeler? Pensait-il au moins à moi? Ou m’avait-il juste dit ça hier pour que je lui foute la paix? Probablement. Chaque minute qui passait, à observer mon natel silencieux, m’angoissait d’avantage. J’ai vérifié au moins dix fois s’il était bien chargé, allumé et tout. Pascal m’a laissé sans nouvelles.


Des copines sortaient prendre un verre et m’avait proposé de me joindre à elles. J’avais refusé. Pourtant, je savais qu’il ne fallait pas que je reste chez moi, sinon, j’étais bonne pour la camisole de force. Vers 21h, avant de me forcer à sortir un moment, mon iPad dans le sac, j’ai appelé à la ronde pour avoir des nouvelles sur Pascal. Ni Caro, ni Thomas ne savaient ce qu’il faisait et où il était.

Il ne fallait pas que je lui coure après. Il ne fallait pas que j’aille tourner autour de chez lui. Pas que je l’appelle, ni le bombarde de messages. Pascal savait parfaitement où me joindre s’il le voulait. Et apparemment, j’étais la dernière de ses priorités, préoccupations et le reste. Bref, je n’existais plus. Et je n’existais plus pour moi non plus. Pascal? Ou pouvait-il bien être? Que faisait-il donc?

Après une bonne heure à me forcer à sourire, rigoler, j’ai préféré rentrer au grand désespoir de Vania. Elle voyait bien que je n’étais pas en forme, mais je ne voulais pas en parler. Je me serais mise à pleurer, ou au contraire, jouer la fronde en rigolant. Le coeur n’y était pas, je ne m’amusais pas.

Je suis rentrée me terrer chez moi, bouclé mon natel qui ne sonnera plus, plantée devant “The Walking Dead” pour la xème fois, je me suis envoyée un verre de vodka bien tassé, et un somnifère. A moitié dans les vapes, la tête aussi vide qu’une citrouille, j’ai enfin pu trouver le sommeil. Un sommeil lourd et plombé, mais au moins, je dormais. Et quant on dort, on ne sent rien, on ne souffre pas.


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