249 - Delta avec ses collègues
Même si j’ai essayé d’être brave et ne pas me torturer de ce que Pascal faisait quant il n’était pas avec moi, j’avais quand même un gros bloc de pierre au fond de la gorge. Du coup, ça me fichait le bourdon, j’étais nerveuse et j’avais un trac fou de revoir Pascal, comme un 1er rendez-vous. Ridicule.
Tout se mélangeait dans ma tête; la peur qu’il m’annonce qu’il était amoureux d’elle, peur que son attitude vis à vis de moi change, peur d’ouvrir ma grande gueule... Hum, ma couardise me donnait envie de fuir, de l’éviter jusqu’à ce que j’aie l’impression que je lui avais assez manqué pour qu’il n’ait pas le courage, au cas où, de me dire que c’était fini.
Peut-être parce que j’avais trop envie de le voir quand même, ou peut-être aussi parce que si je l’évitais, il saura que je sais quelque chose, ou tout simplement que je me cherchais tout simplement des excuses pour répondre quant Pascal m’a appelée!
Malgré mon sourire forcé à l’autre bout du fils, ma main tremblait. Je crois que ma voix aussi. Pascal était en train de déménager ses affaires à son ancien appartement et demandait si j’étais libre dans 1h... hum, non!
En début d’après-midi, il allait faire du Delta avec des copains et aurait aimé que je l’accompagne. Il me fallait plus d’1h pour me préparer. Question de me débarrasser de mon trac, il me fallait me taper un petit jogging et ensuite, ranger mon appart. Je ne voulais pas qu’il voit mon capharnaüm au cas où, et demander à Pat de ranger, pffff, faut marquer dommage. Elle ne sortait même pas le chien. Elle était aussi utilise chez moi que le vieux livre de cuisine qui jaunissait sur mon étagère.
J'ai promis de faire mon possible pour le rejoindre. Du coup, mon trac a encore augmenté. Jamais je n’oserais me pointer après coup à un endroit que je ne connaissais pas, ne sachant pas s’il serait sur le sol ou dans les airs.
Aïe... j’avais encore une de mes attaques de timidité...
Pascal disait aimé mon côté timide, mais je voulais arriver à surmonter ça, parce que moi, je détestais ça. Pour moi, c’était un calvaire et un handicap terrible. Pascal connaissait beaucoup de monde et était à l’aise partout.
Après m’être fichue quelques coup de pieds au cul, j’ai été finalement le rejoindre 3h plus tard. Ma timidité me bloque tellement que je ne voyais personne. J’étais mal à l’aise. Pascal était assis avec quelques amis. Il avait l’air heureux et riait. Mes pieds pesaient des tonnes et refusaient de faire un pas dans sa direction J’ai pris le temps de sortir Maxou ce qui me donnait une contenance et au cas où une bonne excuse pour rester à l’écart.
La moitié de ceux qui étaient là étaient des collègues de boulot et Caroline, comme de bien entendu était là aussi. La fureur a un peu remplacé le trac. Elle agissant comme une bonne copine, ce qui me faisait trembler, me rappelant le petit jeu avec lui en public. Elle aussi faisait du Delta. Encore une chose contre laquelle je ne pouvais pas rivaliser!
Pascal me tournait presque le dos, mais Caroline m’avait vue. Quant elle lui a passé le bras sur l’épaule pour lui murmurer quelque chose à l’oreille, j’ai pensé qu’elle lui annonçait ma présence, mais non. C’est un de ces collègue qui lui a fait signe dans ma direction.
Le sourire aux lèvres, Pascal est venu me chercher et il m’a fait un petit bisou sur le front et la main. Hhhihhhi, carrément adorable.
Il m’a présenté ses potes, mais je savais que j’oublierais aussi sec leurs noms. J’oublie rarement un visage, mais le nom qui va avec, c’est autre chose. J’suis pas très douée avec les noms. Caroline m’observait du coin de l’oeil avec un petit sourire que je lui aurais bien fait ravaler. Fini les larmes et les yeux de caliméro, en tous cas, elle jouait bien son petit jeu.
Pascal aurait aimé que j’essaie, il proposait qu’on fasse un tandem. Que dalle. Mon chien était la bonne excuse pour ne pas quitter le sol et masquer ma trouille. Pour me faire décoller les pieds du sol, il faudra me piquer!
Je me suis assise sagement, un peu à l’écart, en attendant son retour, mon bébé à mes pieds.
Pascal a vérifié le harnet à Caroline et l’a aidée à prendre son envol. Ils sont partis l’un après l’autre. Heureusement que j’avais pris mon bouquin de sudoku pour m’occuper, j’ai attendu presqu’1 heure. Pourquoi est-ce que j’étais venue? J’aurai été mille fois mieux chez moi.
Une équipe avait été les récupérer en voiture, et les avaient ramené avec leurs équipements. J’étais complètement mortifié de ne même pas avoir le courage d’aller les acceuillir comme tous les autres. Je suis restée clouée à mon banc. Mouais, désormais, j’allais me cantonner à rester en retrait et ne sortir que le soir, là au moins, je me sentais dans mon élément!!! Je me sentirais moins pataud et... de trop!
Pourquoi est-ce que je n’osais pas le suivre comme Caroline? On aurait passé une super journée à faire du Delta, rigoler avec ses copains... mais au lieu de ça, j’étais coincée sur mon banc à faire des sodukos, enfermée dans ma timidité, complètement à l’écart.
C’était probablement de ma faute si Pascal a coupé court à son après-midi à planer en Delta, même si je les assuré qu’il ne fallait pas qu’il s’arrête pour moi. Ils se sont tous donné le mot on dirait, parce qu’ils ont décidés d’arrêter aussi. On a encore été prendre un verre tous ensemble.
J’étais furibonde d’avoir dû prendre ma voiture, parce que je n’ai pas apprécié de voir Caroline monter avec Pascal. J’enrageais de devoir suivre, seule dans ma voiture avec mon chien.. Je me demande si elle était venue avec lui? Ils ne s’étaient peut-être pas quitté depuis hier soir?
Crrrrrps, non, je ne devais pas commencer ça, sinon j’allais péter un câble.
L’heure passé au bistrot était un calvaire de plus, je n’arrivais pas à entrer dans la conversation. J’avais l’impression qu’ils parlaient tous chinois. Pascal m’avait pourtant mise à l’aise en m’installant à ses côté et avait passé son bras autour de mes épaules et me taquinait de temps à autres. J’aurai voulu avoir les corrones de lancer un petit regard de pouffiasse à Caroline, mais même pas.
Enfin, on a pu partir... mon calvaire prenait fin en quittant le bistrot.
Pascal m’a convaincue de laisser ma voiture sur place, à l’oreille, il m’a chuchoté que j’en aurai pas besoin pour le moment. Caroline a été obligée de s’installer à l’arrière, malgré le cinéma qu’elle a fait à cause du chien. Chez elle, Pascal l’a aidée à transporter son matériel à son appart.
Pascal m’a assuré, plus tard, que ce n’était pas de ma faute s’il avait voulu arrêter.
Après s’être balader et avoir pris un verre dans un coin du White en amoureux, Pascal m’a ramenée à ma voiture. On se retrouvait plus tard au Tiger, avant il devait passer chez ses parents.
Mais on a pas été au Tiger. On s’est retrouvé à notre petite cabanon et on s’est contenté de bisous-bisous. Je me demande pourquoi je n’ai pas accepté d’aller sur le bateau? On aurait quand même été plus à l’aise? Je n’ai pas mentionné sa soirée chez Caroline et il n’en a pas parlé non plus. Motus et bouche cousus. On a retrouvé les autres plus tard en boîte, mais on est pas resté longtemps non plus, juste le temps de danser ensemble et on s’est retrouvé chez moi.
Patricia était de sortie... D’ailleurs, je lui ai envoyé un message lui demandant de ne pas rentrer de la nuit et si elle le pouvait, du week-end...
J’étais contente de retrouver mon petit coeur. Et dire que j’avais eu le trac de le revoir! Nos seuls sorties ont été pour promener Maxou, ou Pascal, pour aller se changer dimanche et revenir quelques heures plus tard en training.
On s’est transformé en larves tout le reste du week-end...
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Delta avec ses collègues - (249-dim-06.sept.09)