250/14 - ...les bons mots, au bon moment?
Dimanche, 7 septembre 2014 - 250/14 - si je trouvais les bons mots, au bon moment?
Ne plus voir Pascal du week-end commençait sérieusement à me peser sur le moral. Toutes les fibres de mon corps souffraient du manque. C’était samedi soir et même pas minuit, et je faisais quoi? Je rentrais! Triste. C’était trop nul. J’aurai dû prévoir autre chose pour ne pas me retrouver avec le moral au fond des chiottes.
J’étais au bord des larmes, parce que Pascal n’avait pas eu le désir de passer la soirée avec moi. Mon esprit en fusion, je réalisais qu’il avait mieux à faire et, qu'il avait tout le reste de la soirée pour ça. Qui aurait la chance de dormir dans ses bras ce soir? En tous cas pas moi!
Mon natel a sonné. J’ai répondu, soulagée que quelqu’un pense à moi. Peut-être qu’on me proposerait quelque chose qui m’éviterai de passer le reste de la soirée à penser à ce que faisait Pascal ou à analyser les abîmes de ma déprime.
Heu??? C’était Pascal! Pour une fois que je restais pas à scruter ses fenêtres, il m’appelait! Jeeez, très fort. Tout ce qu’il fallait pour me garder pendu au bout de son élastique. Il jouait avec mes sentiments ou je rêve? Il disait regretter que je sois partie. Que dès le moment où je me suis levée pour partir, il avait eu envi de me demander de rester. La seule raison qui l’a retenu, c’est que ce serait encore s’enliser dans nos vieux travers et rendre la séparation encore plus difficile.
- Dès que tu t’es levée pour partir, zut, j’ai eu envi de te demander de rester. J’avais drôlement envi que tu restes. Mais, c’aurait été une bêtise.
- Alors pourquoi tu m’appelles.
- Tu avais l’air si triste. Ça m’a… Même là, j’ai envi de te demander de faire demi-tour, ou de venir chez toi. Mais, je sais que je ne devrais pas, ça ne ferait que compliquer les choses et ce serait le pire pour nous.
La blague! Je lui ai demandé s’il se foutait de ma gueule. J’ai réitéré ma question; alors pourquoi m’appelait-il? Pour seulement me dire qu’il aurait aimé me demander de rester, mais que c’était très bien qu’il ne l’ait pas fait? C’est du délire! Franchement, il se foutait de ma poire, non?
Je me suis rangée de long de la route. Je ne comprenais toujours pas pourquoi il m’appelait, mais une petite lueur d’espoir brillait au fin fond de moi. Peut-être que si j’utilisais les bons mots, au bon moment… Peut-être que j’arriverais à renverser la situation. J’ai recommencé à rêver de passer la nuit chez lui, à rêver de ses bras autour de moi, de ses bisous, sa tendresse. La poitrine comprimée, je cherchais à trouver comment arriver jusqu’à son coeur.
- Je ne comprends toujours pourquoi tu m’appelles pour me dire ça! C’est comme si tu jouais à me tenir en laisse, à me souffler le chaud, le froid. Comme si tu cherchais à distiller juste assez d’espoir pour que je reste là comme une idiote à t’attendre.
- Pas du tout, qu’est-ce que tu racontes? Je pensais qu’on se connait assez pour être franc l’un envers l’autre.
- Pascal, si tu veux que je vienne, dis-le, et je fais demi-tour.
- Je n’aurai pas dû te rappeler, excuse-moi, c’était carrément nul.
- C’est pas du tout nul. Bien au contraire, je suis contente que tu l’ai fait.
Ce n’était pas facile, il était évident qu’il voulait garder ses positions. Qu’il évitait clairement qu’on se rapproche trop. Peur que cela brise sa résistance. Je sentais dans sa voix qu’il commençait à regretter son appel et qu’il cherchait à abréger.
Ça a sonné chez lui. Ouais! Et il fallait que je sois au bout de fils pour entendre ça. Du coup, ça me démangeais sérieusement de faire demi-tour. Je voulais savoir qui c’était. En même temps, je savais que je ne devais pas, sinon j’allais seulement me faire du mal pour rien. Mais bon, d’un autre côté, j’avais entendu la porte, vaut mieux savoir que de laisser ma tête partir en vrille!
Je ne l’ai pas senti bouger pour aller en direction de la porte. Bien sûr l’oreille collée à l’appareil, aux aguets, j’ai entendu que quelqu’un entrait. Pour ne pas rester dans le noir et ne pas être rongée par les doutes, j’ai carrément demandé à Pascal et il appris que c’était Caroline. Mensonge ou vérité?
Jalouse à mort, je n’avais aucune envie de raccrocher, mais il a bien fallu. Caro m’avait envoyé un message peu après mon départ de chez Pascal, quant elle s’était rendue compte que j’étais partie, pour me dire qu’elle allait faire un saut chez lui. S’il l’envoyait balader, elle me laisserait un message, sinon, tant qu’elle ne me disait rien, c’est qu’elle était avec lui.
Est-ce qu’elle aussi se foutait de ma tête? Pensait-elle que cela me rassurerait? En fait, à dire vrai, cela me rassurait un peu de savoir que c’était elle et pas quelqu’un d’autre.
Pourquoi n’avait-il pas voulu que je retourne chez lui? Pourquoi m’appeler encore? Je ne comprenais toujours pas. Pourquoi alors Caroline avait-elle la chance de le voir et pas moi? Pourquoi? Parce que Pascal ne l’a pas renvoyer. Je n’ai pas reçu de nouvelles, donc elle a dû passer la nuit chez lui. Ou lui chez elle.
Le dimanche vers midi, Pascal a appelé. Je n’ai pas répondu. Je lui en voulais d’avoir gâché mon week-end, de n’avoir pas passer le week-end avec lui. Terrifiée de me sentir si seule sans lui, qui pourtant ne faisait pas vraiment partie de ma vie. Je ne voulais pas lui donner le plaisir de lui répondre. Et ça me ferait souffrir d'entendre sa voix. Ou des excuses bidons.
Je savais d’avance qu’il ne me proposerait pas de passer le dimanche avec lui, alors pourquoi me torturer à m’appeler?
Puis, j’ai réalisé beaucoup plus tard, que j’avais été stupidement rassurée. Si Caroline passait la nuit chez lui… Ils allaient faire autre chose que seulement regarder la télé. Plus que seulement se regarder dans le blanc des yeux. On ne débarque pas chez un mec à passer minuit pour jouer au Monopoly! Et j’ai fondu en larmes, éperdue de chagrin, effondrée dans une déprime noire, opaque et sans fond.