255/11 - Après l'orage, un peu de soleil
Après l’orage, un peu de soleil - (255/11)
Lundi, 12 sept 2011
Pascal était sorti! Jeez, j’étais persuadée qu’il ne sortirait pas, qu’il resterait sagement chez lui. Ca me rendait dingue qu’il soit sorti.
C’est assez difficile pour moi en fait de passer inaperçue, je suis métisse et je crois que je suis assez visible où que j’aille, et je connais une foule de gens presque partout où je vais... Pfff, je ne pouvais pas suivre Pascal dans un bar ou une discothèque sans me faire immédiatement repérée! Alors bon, si Caro tenait à le suivre, ça faisait mon affaire!
En amie, j’ai conseillé à Caro de rester discrète, hors de vie, mais je savais qu’elle n’en ferait rien. Elle n’avait pas voulu prendre sa voiture pour s’assurer de rentrer avec lui, alors je l’ai déposée et lui ait dit que j’attendrais un moment avant de rentrer.
A peu près 30mn plus tard, je les ai vu sortir. Pascal la tenait par le bras, et même si je n’entendais rien, il n’avait pas l’air de lui conter fleurette. Il a ensuite tourné les talons pour retourner dans la boîte, la laissant plantée dehors. Elle pleurait. J’ai donc été la récupérer. Elle ne voulait pas partir, hésitant pourtant à retourner à l’intérieur. J’ai insisté que ce n’était pas une chose à faire, elle risquait de l’énerver encore plus, qu’elle ferait mieux de rentrer. Elle n’arrivait pas à se résoudre à le faire.
Caro m’a raconté qu’elle avait essayé de ne pas se faire voir, mais, Pascal était entouré de filles que ses copains semblaient lui coller dessus. Et une en particulière avait l’air de se faire une place, alors elle a craqué. Elle pleurait à cause de la manière que Pascal l’avait giclée hors de la boîte, à cause de la manière qu’il lui avait parlé. Il lui avait dit d’arrêter de le suivre comme ça, qu’il n’avait pas besoin d’une 2ème femme, qu’il en avait déjà une, qu’il était en couple, et pas avec elle. Il n’avait pas été très sympa, ça lui faisait mal, elle avait mal au coeur, elle n’avait jamais rien fait pour qu’il la traîte comme ça. Caro était désespérée, j’avais l’impression de me voir.
Insistante, je l’ai ramenée chez elle. Je voulais rentrer aussi chez moi, parce que je crois bien que quelque part, j’espérais qu’il passe vers moi, mais je me sentais obligée de rester avec elle, je ne pouvais pas l’abandonner. Alors je suis restée, j’ai essayé de la consoler, de lui parler, de lui remonter le moral.
Rhahhh, heureusement que je l’ai fait... sinon je n’aurai pas su que Pascal a couru la consoler! Et moi alors? Oui, et moi alors? Pourquoi m’abandonnait-il à mon chagrin pour courir la consoler elle?
On avait baissé les stores et tiré les rideaux, alors quant on a entendu une voiture, on a vite été voir. Mais oh, on connaissait le bruit de la voiture à Pascal, c’était juste une vérification supplémentaire. Paniquées, on se comprenait sans avoir besoin de se consulter en long et en large, je me suis cachée dans la chambre à Alexia.
Pascal s’était senti coupable de lui avoir parlé comme il l’avait fait, il s’était senti mal de l’avoir traîtée comme il l’avait fait, elle ne le méritait pas. Il s’est excusé. Toujours en larmes, soulagée, Caro s’est jetée dans ses bras. Les flammes de la jalousie m’ont brûlée de la tête aux pieds. Comment est-ce qu’elle réussissait à faire ça? Elle devait faire quelque chose qui marchait drôlement bien avec lui pour qu’il se sente coupable et retourne vers elle? Pourquoi je n’arrivais pas à en faire autant?
Si j’avais pu, je me serais tirée, mais il n’y avait pas moyen. J’ai été obligée de rester là, cachée dans la chambre à Alexia à redouter le pire. Je ne voulais pas être témoin de la séance qui allait suivre, je voulais garder l’illusion qu’il ne se passerait rien. J’entendais les pleurs étouffés de Caro et les bisous-bisous, c’était tuant. Après un temps infernal qui m’a paru durer une éternité, Pascal lui a dit qu’il rentrait.
J’ai cru que j’avais mal entendu... Il rentrait? Pas de séance de jambes en l’air? Ahhh, tant mieux pour moi, pour mon état mental!!!
Caroline a insisté pour qu’il reste, il ne voulait pas. Il lui a dit qu’il ne se sentait pas d’attaque et pas d’humeur, il préférait être seul, comme il l’avait voulu en début de soirée. Il disait être sorti que pour se débarrasser de nous en fait. Pascal lui en avait voulu d’être intervenue entre nous (lui et moi), qu’il lui avait pourtant bien dit qu’il ne voulait pas qu’elle débarque chez lui comme ça, qu’il ne voulait pas que je la trouve là si je passais, et elle avait tout fait pour que je sache qu’elle était là, ça l’avait énervé. Elle l’a donc laissé rentrer.
A la bonheur, donc il n’avait pas voulu que je sache que Caro était chez lui, il lui avait demandé de partir...
Je voulais en faire autant, j’avais le coeur dans les baskets et j’étais jalouse aussi qu’il soit allé vers elle, qu’il m’avait carrément abandonnée à mon chagrin et je voulais rentrer lécher mes plaies dans mon coin. Alors, elle avait beau insisté pour que je reste, je ne voulais pas. J’ai fini par lui dire que j’étais envieuse qu’il m’ait zappé pour aller vers elle et que je ne serais pas de bonne compagnie, j’avais besoin d’être seule aussi.
Oh la la, j’avais un énorme bloc dans la poitrine, dur de respirer. Arrivée chez moi, je me suis jetée sur mon lit, un coussin sur la tête pour pleurer de tout mon saoul. J’avais vraiment mal au coeur. Pascal m’avait laissée seule toutes ces semaines, il n’était pas venu me consoler, et là, il suffisait que Caro verse une mini larme et hop, il lâchait tout pour courir vers elle. J’étais aussi très en colère, je lui en voulais à mort.
Et va chier s’il a envi d’être seul, j’ai sauté dans ma voiture pour foncer chez lui. Y pas de raison que je les laisse faire leur petite sauce en me laissant de côté...
Mince, je sais, c’est lamentable... Je voulais faire la grande dame et paf, je flanche à la 1ère occas... lamentable!
Pascal s’était déjà couché, et mon insistance à sa porte l’avait réveillé. Il était à torse nu en bas de training. Etonné, il a attendu que je dise quelque chose, mais je n’avais pas pensé à ça, je m’étais laissée emportée et j’étais juste là sans savoir quoi lui dire. Il devait bien se douter que ce n’était pas facile pour moi d’être là! Je l’avais déjà surpris avec Caro plus tôt et je revenais encore à la charge!!!
Pascal m’a laissé entrer. Comme je restais silencieuse, il m’a dit que je pouvais dormir là si je voulais, qu’il était déjà au lit. Il est retourné se coucher. Je ne me suis pas faite priée. Je me suis déshabillée et je me suis glissée à côté de lui. Puis, je me suis collée à lui en passant mon bras autour de sa taille. Il restait inerte, mais je savais qu’il ne dormait pas. Glups, ça aurait été le comble s’il se serait endormi!!! Après un petit moment, il s’est retourné vers moi et on a commencé à s’embrasser, puis il m’a repoussée.

- Fouuuuh, je peux pas... Désolé, je peux pas...
Le bras lui barrant les yeux, Pascal restait étendu sur le dos, la couverture remontée sur son nombril. Je voyais pourtant qu’il en avait envi, alors pourquoi? interdite, je suis restée tétanisée à ne pas savoir si je devais me coller à lui ou pas, s’il me repousserait encore. Puis, il m’a tirée contre lui et éteint. Il me tenait dans ses bras, mais il n’a fait aucune tentative pour aller plus loin. J’avais compris qu’il n’en avait pas envi.
Au moins, je pouvais dormir avec lui, la tête collée à sa peau. Bercée par le plaisir de sentir la chaleur de sa peau contre ma joue, d’entendre le battement de son coeur, je me suis endormie comme ça.
Le matin, de petits bisous dans le cou m’ont réveillé. Pascal semblait plus détendu. En tous cas, il devait l’être pour me faire des bisous. J’ai dû rompre le charme pour aller me laver les dents en me glissant dans un de ses t-shirt qui traînait à côté du lit. Je ne suis pas encore adepte des bisous puants, et lui s’était lavé les dents déjà. Je suis revenue me glisser dans ses bras. On est resté un long moment silencieux, puis il a décidé de se lever pour nous préparer du café.
J’avais vraiment couper le charme, parce qu’à mon retour de la salle de bains, c’en était fini des bisous, il m’a seulement garder dans ses bras en regardant le plafond. Est-ce qu’il pensait à Thomas là-haut et à cette horrible fois? Surement.
Avant que les choses ne se compliquent et que je ressente son envi de me voir disparaître, ça m’aurait scier le moral, alors j’ai décidé de prendre les devants.
J’ai avalé un café d’une traite, lui ai fait un bisou dans le cou et j’ai filé.
Hihihi, il ne s’y attendait pas d’après son expression. Je ne lui ai pas laissé le temps de réagir. Le regard interrogateur, les sourcils froncés, il m’a regardé partir, sa tasse de café encore à la main. J’ai hyper bien fait, parce qu’1mn plus tard, il m’appelait sur mon natel et m’a demandé de rester. Je lui ai promis de repasser plus tard, ou plutôt en début de soirée. Je lui ai dit que j’avais la chienne à sortir, je l’avais abandonnée toute la nuit, et mon neveu devait rentrer dans la journée pour récupérer son chien, donc je reviendrais après.
Je voulais aussi lui laisser le temps de me manquer, assez pour essayer d’oublier ce qui s’était passé avec Thomas et recommencer à zéro, à petits pas.
Le soir, Pascal m’a emmenée dîner dehors, on a enfin discuté calmement, sans parler de tous nos problèmes. Il était charmant et amusant, et la soirée s’est super bien déroulée. En retournant à la voiture, il m’a prise par la main. C’est lui qui en a eu l’initiative, je faisais très attention de ne rien précipiter. Comme à un 1er rendez-vous, chez lui, il a demandé si je voulais rester en jouant avec mes doigts.
Perso, j’ai hésité à accepter, parce que je savais que c’était peut-être un peu tôt, et une fois de plus, au moment crucial, il allait repenser à moi et Thomas, alors gentiment, en montrant bien que j’en avais envie, j’ai préféré refuser. Je l’ai laissé m’embrasser pour essayer de me faire changer d’avis, mais dans ma tête, c’était décidé, je ne devais pas rester. Autant lui manquer après une bonne soirée pour qu’il ait envi de me revoir, pour qu’il cherche à recommencer.
Soulagée, je suis rentrée et je me suis noyée dans la peinture pour ne pas trop penser à lui, pour me retenir de courir chez lui. Il était clair que Caroline avait sûrement dû faire iruption quelque part, mais je ne voulais rien savoir.
Je savais pertinamment qu’elle n’allait pas rester dans sa boîte jusqu’à ce qu’il la sonne. Ils s’étaient peut-être vu dimance après-midi? Le soir après mon départ, peut-être? Elle avait peut-être dormi chez lui, ou lui chez elle? Baf, je préférais être une l’autruche pour le coup.
Pascal a passé la soirée à m’envoyer des messages pour dire que je lui manquais, qu’il avait passé une bonne soirée, que ça lui avait fait plaisir de me voir. J’ai répondu à tous ses messages, puis on a parlé au téléphone.
In the back of my head... Je ne sais pas comment traduire ça, mais le plus rapprochant c’est, quelque part au fond de ma tête... Je me rappelais qu’il n’avait pas voulu que Caroline vienne chez lui, il n’avait pas voulu que je la surprenne chez lui, je l’aimais pour ça. Ce qui me faisait aussi espérer qu’il n’irait pas vers elle après la soirée qu’on avait passé ensemble.
Lundi, j’ai bossé et le soir j’ai été manger chez ma soeur comme d’hab.
Comme de petits amoureux, avec Pascal, on s’était parlé au téléphone. Il avait l’air d’aller mieux, de recommencer à être celui que je connaissais. Il a voulu encore m’inviter à dîner dehors, mais j’avais mon dîner en famille, alors ça jouait pas. Tard, en rentrant de chez ma frangine, cette fois, j’ai pris les devants, je l’ai appelé et on a discuté longtemps au téléphone jusqu’au moment de se coucher.
Ciel, je me sentais revivre!
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255/11 - Après l’orage, un peu de soleil - Lundi, 12 sept 2011