262/2015 - Grand vide
Samedi - 19 septembre 2015 - 262/2015 - Grand vide
Se revoir après une si longue séparation et se prendre la tête, c'est pas top. Pascal était furax, oui mais, moi aussi... J'estimais qu'il n'était pas en droit d'être aussi furibond. Après tout, moi j'avais eu la tête dans les cartons tout ce temps, lui... ben lui, il faisait le joli coeur avec tout ce qui bougeait. De nous deux, j'étais la seule à avoir le droit d'être furieuse.
Ce qui m'énervait le plus je crois, c'est que je n'étais pas aussi énervée que je l'aurai espéré. Et j'étais plutôt contente de le voir aussi vert de rage. S'il ne l'avait pas été, ça aurait voulu dire qu'il s'en fichait, non? Alors il tenait encore à moi malgré tout, voilà pourquoi j'avais perdu la virulence de ma colère. Au contraire, j'avais perdu ma langue et me retrouvais sans rien à dire.
Et je l'adorais d'être encore capable de me faire une scène, alors qu'il aurait eu toutes les raisons de faire profil bas.
Il a voulu s'arrêter au bord du lac, pour qu'on puisse discuter, mais il y avait trop de monde. Il a cherché un endroit calme, a pensé au coin dans les bois où l'on se retrouvait parfois, mais, il a changé d'avis. Il m'a conduite chez lui, sans me demander mon avis. Bon, au moins là, on pouvait parler, se crier dessus ou s'engueuler comme on voulait. Pourtant, on n'était pas du genre à gueuler.
Pascal voulait savoir pourquoi je ne l'avais pas appelé. Je lui ai reproché de ne pas m'avoir appelé non plus. Puis, je lui ai asséné un coup bas, alors qu'on se faisait face et se regardait droit dans les yeux, j'ai voulu savoir s'il avait dormi seul toutes les nuits depuis qu'on ne s'était pas vu. Hum, son regard a vacillé. J'ai sauté sur l'occasion pour dire qu'il était trop occupé pour m'appeler.
Je lui ai dis que je savais qu'il ne voyait plus Caroline, alors je voulais savoir avec qui il avait passé la plupart de ses nuits. Je crois bien avoir utilisé le mot "trompé". Au moins ça a eu le don de le calmer direct. Je ne sais pas pourquoi je le regardais avec colère, parce que je n'étais pas en colère. S'il était mal à l'aise, il ne l'a pas montré, il soutenait mon regard sans répondre.
Puis, Pascal a été dans sa chambre et m'a rapporté un carnet de notes. Il m'a dit que, comme je le lui avais demandé une fois, il avait écrit ce qu'il avait fait. Il m'a dit que je trouverais dans ce carnet tous les détails que je voulais savoir là-dedans. Il m'a demandé si moi aussi je lui avais noté ce que j'avais fais... hum, non! Je ne m'attendais pas à ce qu'il le fasse.
Après, je n'ai pas compris pourquoi, mais il a dit que c'était peut-être préférable qu'on en reste là pour ce soir. Il a voulu me ramener, mais par fierté, j'ai voulu prendre un taxi. Quelle gourde! Pourquoi? On aurait peut-être trouvé le moyen de discuter pendant le trajet, et il se serait calmé, moi aussi. On aurait pu ensuite passer la nuit ensemble? Parfois, je me bafferais!
Le taxi m'a déposée à ma voiture et j'ai foncé à nouveau chez lui. Sur le parking, j'ai sorti mon ordi. J'étais nerveuse parce que j'avais peur qu'il m'ait renvoyée pour voir l'autre fille. J'ai dû mettre mon mot de passe 2 fois, raté ma mise en ligne, tellement mes mains tremblaient. J'ai dû regarder plusieurs fois pour m'assurer que je voyais bien; il s'était couché.
La télé tournait sur un programme sur les planètes, mais Pascal s'était déjà endormi. Comme il était chou. Mais... comment a-t-il pu s'endormir aussi facilement? Moi j'aurai groumer, fulminer à tourner en rond le reste de la nuit!!! Qu'est-ce que j'aurai voulu être avec lui... J'ai hésité à aller sonner, mais, je n'avais pas encore lu son carnet de notes...
C'était mieux que j'y jette un coup d'oeil, et dans la journée, je pouvais toujours aller le voir et parler. Après tout, j'avais toute la journée du samedi devant moi. Bon, j'étais crevée, mais rassurée. Je pouvais rentrer dormir. Pascal ne me trompait pas ce soir. Mais, pourquoi m'avait-il fait comprendre qu'il fallait que je m'en aille? Pourquoi avoir dit qu'il fallait qu'on en reste là?