264/2015 - Et maintenant...

Publié le par JaneDo


Lundi - 21 septembre 2015 - 264/2015 - Et maintenant...

On a joué aux cartes jusqu'à minuit. Ensuite, j'ai déposé les gamins chez Sèb. J'avais toute la soirée devant moi avec rien à faire, à part me laisser ronger par des pensées destructeurs à propos de Pascal. Chiotte, j'avais envie de le voir. J'étais là à regretter de ne pas avoir répondu à ses appels; "merde Jane, répond bon dieu...", et j'avais fait la sourde oreille.

Désoeuvrée, le coeur en lambeau, je suis partie errer du côté de chez lui, mon ordi posé sur le siège passager, prêt à l'emploi. Il était plutôt tard, mais Pascal était à la maison, mais il n’était pas seul.

Une jeune femme se tenait près de la porte, et elle était belle. Très belle même et avait de la classe. Son type et son style  me rappelait Jess, sa femme. Elle n’était pas maigre, mais pas aussi rondelette que moi. on aurait dit qu’elle était sur le point de sortir. Pascal était près d’elle et la tenait par la main, elle semblait chagrinée.

 

  •  Tu sais, je... Je ne m’attendais pas à tout ça? Dès le début, je savais que tu avais une femme, que vous étiez séparé. J’ai vite compris que tu voyais quelqu’un, que tu avais une copine, mais 2? Sérieusement?
  • C’est un peu compliqué.
  • C’est le moins qu’on puisse dire! Je suis très mal à l’aise, c’est ma cousine, et je ne veux pas me mettre entre vous. Elle m'a dit que vous étiez ensemble, est-ce que c’est vrai? Est-ce qu’il y a quelque chose entre vous? Si c’est le cas, on arrête là tout de suite, je...
  • Non, il n’y a rien avec Manu. On s’aime bien, on a passé beaucoup de temps ensemble, mais rien de plus.
  • Vous n’avez jamais... 

 

Pascal a secoué la tête, et la jeune femme a dit; ouf, si cela avait été le cas, il n’aurait pas été possible qu’il y ait quoi que ce soit de plus entre eux. Arh, les larmes ont jailli dans mes yeux; Pascal s’est approché d’elle et ils se sont enlacés.

  • Manuella m’a peut-être raconté ça, parce que j’ai eu le malheur de lui dire que tu me plaisais et qu’on s’était vu. Je crois que tu devrais mettre les choses au clair avec elle. Je ne veux pas de guerre familiale ou qu’elle vienne à m’accuser d’avoir saboter votre relation.
  • Ne t’inquiète pas, je lui parlerais.
  • Je vais rentrer maintenant. Je préfère rester à distance en attendant que tu aies réglé tes affaires avec tes « copines ». Pascal... j’espère que tu es sérieux, ne te fout pas de ma gueule stp, je crois que je ne le supporterais pas.

Ils se sont encore enlacés et embrassés et elle a filé. J’étais tétanisée, j’avais mal à la croute externe de mon crâne, à l’intérieur, c’était de la bouilli. Je souffrais, j’avais mal comme si j’étais passée sous un train. Choquée, je me demandais comment cette fille en était arrivée à parler à Pascal comme s’ils avaient entamés une relation de longue date. J’étais mortifiée.

Pascal s’était installé dans un des canapés et regardait dans le vide. Il était probablement en proie à la pression et se demandait comment il allait s’en sortir, ou s’y prendre avec... moi? Caro? Ou est-ce que cette femme se faisait des illusions?

Il fallait que je le vois... Il fallait que je sache si j’étais toujours d’actualité ou non. Tout à coup, j’étais en nage, je me demandais s’il avait voulu prendre ses distances avec moi à cause d’ELLE! Il fallait que je le vois, que je lui parle. Pourquoi je n'avais pas pris le temps de lire le carnet de notes que Pascal m'avait donné. Trop stupide.

Heureusement que je n’étais pas habillée comme une souillon. J’ai pris mon courage à deux mains et je me suis pointée. Je ne savais pas si je devais me montrer joyeuse, incertaine, ou triste.

Pascal a ouvert avec le sourire. J’imagine qu’il s’attendait à voir l’autre grognasse. Son expression a changé et il m’a invitée à entrer. J’avais heureusement laissé un message sur sa boîte vocale avant de passer. Il était si occupé par ses pensées à regarder la télé sans la voir, qu’il n’avait pas dû entendre son natel. En fait, j’ai pu constater qu’il l’avait laissé sur silencieux.

Il n’a pas fait de geste m’indiquant qu’il avait l’intention de me prendre dans ses bras, ni même de m’embrasser. Ça m’a serré le coeur. Il s’est immédiatement éloigné sous prétexte de me préparer un verre, que j’ai refusé, alors il a décidé de me faire un café. Tout pour rester à distance. Dire qu’il était comme ça à cause d’une autre fille. Pour ne pas la faire souffrir, elle, à mon détriment.

Je lui en ai voulu. Comment pouvait-il être si distant? Ne venait-on pas de passer plus de 7ans ensemble? C’est vraiment vache.

Faisant semblant de ne pas remarqué son manège, je l’ai suivi à la cuisine et par derrière, je me suis collée à lui et l’ai entouré de mes bras. Je lui disais qu’il m’avait manqué, que c’était un bonheur d’être près de lui, avec lui. J’ai bien sûr remarqué quant il m’a donné mon Mug de café, qu’il avait rougi et que son regard était fuyant.

C’est un Mug qui porte mon nom, que Pascal m’avait offert pour m’encourager à passer plus de temps chez lui. En réalisant que je lui avais laissé un message, il s’est traité d’idiot de n’avoir pas remarqué. Il en a profité pour me dire que ça lui arrivait souvent ces temps, alors je ne devais pas lui en vouloir s’il ne répondait pas rapidement à mes messages. J’ai fais la moue, comme si j’étais amusée mais boudeuse.

Etant donné la situation, je lui ai dis que j’avais fais exprès l’autre jour avec Steven, parce que j’étais blessée qu’il n’ait pas pensé m’appeler, ne serait-ce que pour me demander comment ça avançait, si j’allais bien. J’avais eu l’impression d’être abandonnée. Cela faisait un moment que je n’avais plus eu de ses nouvelles. Je me suis collée dans ses bras.

Je sentais bien que Pascal essayait de garder ses distances...

Pascal m’a demandé si j’avais lu ce qu’il m’avait noté. Je lui ai dis que non, je n’avais pas eu beaucoup de temps. Je lui ai raconté comment cela se passait avec ma nièce, son copain, et la recherche d’un coloc, la remise de l’autre appartement en attendant la fin du bail. Bref, il m’a écouté le regard préoccupé. J’essayais de mon côté d’éviter qu’il aborde des sujets plus complexe; comme notre relation... mourante.

Pour l’éviter carrément, j’ai songé à partir. La peur m’a fait fondre en larmes en plein milieu de mon débordement de bonne humeur. Pascal a été surpris, il m’a aussitôt pris dans ses bras, pour me consoler. Il voulait que je lui parle, que je lui dise ce qui me mettait dans cet état. Je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas lui raconter que je l’avais vu parler avec « Elle » et que c’est ce souvenir qui m’avait fait craquer et pleurer comme un bébé.

Pascal était gentil et était devenu tout doux. Il faisait tout pour ramener mon sourire perdu. Je restais prostrée, la peur me glaçait le sang. Je crois que Pascal m’aime toujours, parce qu’il m’a fait l’amour. Cette fille devait certainement se faire des idées sur leur relation. Mais bon, faut pas vendre la peau de l’ours comme on dit, alors je suis restée sur mes gardes.

Lundi, j’ai réalisé qu’il avait remis son natel sur silence. Certainement pour me rendre confiante, il a dit que le seul appel qu’il pouvait espérer, c’était le mien. Puisque j’étais là, il n’avait pas besoin de laisser la sonnerie. On est resté tout le lundi confiné chez lui, à se larver. Thomas est descendu déjeuner avec nous le matin et on ne l’a plus revu de la journée.

J’ai dormi chez lui. Personne ne m’attendait à la maison. Je lui ai promis de l’inviter bientôt, j’avais une vue superbe, il fallait qu’il voit ça. Je voulais le lui montrer. Je me demandais seulement comment j'allais faire ça!


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