268/11 - Effrayée par mes sentiments
268/11 - Effrayée par mes sentiments
Dimanche, 25 sept 2011
L’accueil était plutôt froid, les petits regards qu’ils se sont échangés, l’air de dire; les revoilà ou qu’est-ce qu’elles foutent là, était embarrassant. C’était exactement ce que je voulais éviter. Je ne sais pas pour Caro, mais je me sentais hors jeu, de trop et tout le reste. Contrairement à l’habitude, ils étaient presque tous en couple; Maeva était avec Thomas ce soir, Layne était avec sa petite miss, Paul avec Alexia, et Pascal... qu’est-ce que la pouffe de Gstaad faisait donc là, et avec lui en plus?
Peut-être que c’est moi, mais j’avais l’impression qu’ils formaient, comme un cercle fermé, j’ai eu l’impression qu’on était exclue, comme si on aurait dû forcer une sorte de barrage. Arf, je ne voulais pas que Layne pense que je l’avais suivi, si ça se trouve, il ne m’appellera pas tout à l’heure, s’il imagine que j’essaie de m’accrocher à lui?? La honte.
Et Pascal! De le voir avec cette fille m’a donné la chair de poule, comme si quelqu’un marchait sur ma tombe. L’horreur. Paul, et même Alexia, jetait des petits regards en direction de Pascal, de nous 2, des autres pour voir leurs réactions. On aurait vraiment dit qu'on n'était pas les bienvenues. J’en avais l’estomac complètement retourné et j’ai dû faire un effort pour sourire, comme si je ne remarquais pas l’ambiance de merde, et vraiment arraché chaque pas pour m’approcher et les saluer tous.
La fille s’était rapprochée de Pascal comme si elle s’attendait à ce que je fasse une scène. Elle lui avait chuchoté quelque chose à l’oreille et ça m’a énervé; je suis sûre que ça me concernait.
J’ai fait la bise à tout le monde, même à la fille qui était avec Pascal, mais j’ai pas pu faire la bise à Pascal. Ça me semblait trop bizarre, et j’avais les jambes molles. J’espère que ça pouvait passer pour un oubli, du moins sauf pour lui. Je suis sûre qu’il sait que c’était voulu. La fille avait eu un petit mouvement de recul, normal, étant donné la manière dont je l’avais traitée la dernière fois. Après avoir fait le tour, j’ai annoncé, haut et fort que je partais et Caro a insisté pour que je reste prendre un verre.
Arhhh, je ne voulais pas, mais alors pas du tout. Quelle horreur, surtout pas. Je me connaissais, je ne suis pas comme elle, je n’avais rien à dire, ne savait pas à qui parler à part elle. Donc une fois plantée là, dans l’incapacité d’ouvrir la bouche, je vais faire comment pour me tirer? On aurait l’impression que je me tire parce que je me fais chier ou que personne ne veut me parler. Hélas, c’est plutôt moi qui ne sait pas aller vers les autres, et c’est pour ça que je ne voulais pas, mais... vu l’ambiance, est-ce que je pouvais abandonner Caro? Ce serait vache... Mais, je ne lui dois rien, qu’elle se débrouille, merde!
Déjà, je ne savais dans quel coin me glisser, je me retrouvais mentalement bloquée!
Thomas m’a sauvée en me tendant la main et en me faisait une petite place à côté de lui. J’ai préféré me mettre à côté de sa copine. De cette manière, elle restait entre nous. Thomas m’a demandé comment ça se faisait que je sois sortie, d’après ce qu’il avait compris, je ne sortais pas. J’ai fait un petit signe du menton en direction de Caro;
- Elle ne voulait pas débarquer seule!
- C’est nouveau! (Thomas a ri)
Maeva m’a demandé comment ça se faisait que je ne voulais pas sortir, et surtout, pourquoi je me sentais obligée de faire plaisir à Caro, d’après ses souvenirs, on était pas vraiment copine? On a discuté un moment toutes les 2, Caro était venu se mettre près de moi, je pense qu’elle ne se sentait pas très à l’aise non plus. C’était la 1ère fois que je la voyais avoir de la peine, à se joindre aux discutions, ou de s'incruster aux côtés de Pascal.
Je croisais parfois le regard à Pascal, mais je ne savais pas s’il était furieux ou tout simplement indifférent.
Maeva et Thomas ont été adorable avec moi, heusement qu'ils étaient là. J'ai cru remarqué un petit sourire sarcastique de la part de Pascal en me regardant bavarder avec Maeva, et je devine pourquoi.
Layne s’est débrouillé pour me faire sortir fumer et me demander ce que je fichais là, il pensait que je ne sortais pas, et heureusement, j’ai eu l’occasion de m’expliquer. Malgré le froid qui s’était installé entre Pascal et moi, il est sorti nous rejoindre pour fumer une clope, en faisant comme de rien, ce qui me faisait encore plus mal que tout.
Non, pas vrai... De voir Pascal parler et rigoler avec cette fille me faisait encore plus mal. Chacun des sourires qu’il lui distillait m’appartenait, et ça me rendait dingue. Je n’aurai pas dû venir, je n’aurai pas dû m’imposer ça. Ça me faisait replonger, et la souffrance était insoutenable. Sourire et faire semblant que j’acceptais tout ça était encore plus destructeur.
Pascal plaisantait et me parlait comme à une simple copine, me demandant comment j’allais et moi lui répondant que ça allait bien. Comme si c’était possible!! Bizarrement, j’ai retrouvé un peu de courage et de peps quant je me suis rappelée ce que Pascal avait dû endurer quant je sortais avec Layne, il avait su le supporter, alors je devais en faire autant. Malgré ça, on avait réussi à trouver le chemin vers l’un, l’autre, alors, il y avait peut-être un peu d’espoir. Je ne devais pas abandonner.
Je me suis dépêchée d’écourter la conversation et de retourner à l’intérieur pour saluer tout le monde et me tirer de là vite fait. J’en avais assez, le cœur dans les baskets, je peux dire que je me suis enfui.
Je ne pensais pas que Layne pouvait être sensible à mes humeurs, tout en est-il qu’il avait remarqué que j’avais l’air déprimée, et à peine 1/2h après, il me faisait signe. Je venais à peine de franchir ma porte, le temps de me changer pour me mettre en training, j’ai filé chez lui. J’étais déprimée, et j’ai fondu dans ses bras. C’était une manière d’essayer d’effacer mes idées noires, de ne pas penser, d’oublier jusqu’à l’existence de Pascal.
Malgré tout, j’avais une grosse brique dans la poitrine et rien n’arrivait à faire disparaître l’anxiété qui me bouffait l’estomac. Layne a fait tout ce qu’il pouvait se transformant même par moment, en quelqu’un de câlin et romantique, me couvrant de tendresse. C’était très surprenant, ça le rendait intrigant et même pas mal sexy.
J’étais contente d’être en sa compagnie, de bavarder avec lui, il était drôle, pleine de surprises, j’étais contente de dormir dans ses bras. Ce soir, Layne m’avait sauvée des larmes et d’une nuit à me détruire de chagrin.
On a passé tout le dimanche ensemble. Layne avait bien prévu une sortie avec ses copains, mais il est resté avec moi. On a mangé sur une terrasse à midi, puis on a été boire un verre avec ses potes un petit moment avant de retourner à la maison, chez lui. On a regardé la télé, passé notre temps à se faire des mamours, on a rien fait de spécial, mais c'était chouette. Ça m'a fait du bien et reposé mon pauvre cœur meurtri.
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268/11 - Effrayée par mes sentiments! - Dimanche, 25 sept 2011