277 - Il va falloir tirer un trait sur nous 2...
Lundi..... 4 oct 2010
Hum.. Normalement, Pascal aurait dû commencer le 1er octobre à Munich, mais il avait réussi à les faire accepter qu’il commence le 4! Tout ça pour rester ici quelques jours de plus. Je l’adore ce petit monstre d’amour. Inutile de dire qu’on avait pourtant eu le moral dans les chaussettes tout le dimanche.
Pascal n’arrivait presque plus à sourire, son visage était tendu, ses yeux sombres, il n’arrivait pas à me lâcher 2mn. Faut dire que je ne faisais rien pour me détacher non plus. Pascal est quelqu’un de très sensible, sa sensibilité me rend encore plus amoureuse de lui, je trouve ça vraiment trop trop mignon. Il le cache généralement en prenant des airs détachés, mais je lui ai dit qu’il n’y avait rien de plus adorable chez un mec, il n’avait pas besoin de me le cacher.
Dimanche, Pascal aurait dû partir vers les 16h pour bien faire, question d’avoir un bout de sa soirée pour s’installer correctement... Je voyais bien qu’il n’arrivait pas à se décider à partir, je n’arrivais pas à accepter de le laisser partir non plus... Donc, finalement, je lui ai proposé de l’accompagner et il a accepté avec joie. L’idiot... Il n’aurait pas osé me le proposer! Ben voilà... j’ai donc décidé de l’accompagner!
On a grignoté sur la route. Faut dire qu’on avait pas très faim non plus. J’avais remarqué les sonneries de son natel, c’était probablement Caro. En fait, il avait reçu plusieurs appels de Caro, des appels plus ou moins larmoyants, mais il n'a répondu à aucun, pour autant que je sache. Mais ils n’étaient pas tous de Caro, Pascal m’a appris que Jess était arrivée à Munich dans la matinée et s'était déjà installée dans l'appart.
Glups... Je me suis demandée ce que j’allais faire une fois sur place... Mais, tout de suite, Pascal m’a rassurée; il avait réservé autre chose pour nous. Il a voulu savoir si je voulais bien rester 1 jour ou 2 ou plus... Quelle question, bien sûr voyons! Pascal pensait qu’on pouvait rester ensemble ce soir, Jess n’avait pas besoin de savoir qu’il était en Allemagne. Lundi, il pensait partir directement au travail sans passer par son appart, par contre le soir, après le boulot, il sera bien obligé de rentrer un moment.
Pascal pensait qu’il serait probablement obligé de lui dire que je l’avais accompagné. Il n’avait pas l’intention de le lui cacher, et d’ailleurs, il ne savait pas comment il pourrait le lui cacher. Il ne pensait pas nécessaire qu’elle sache que j’étais dans le même hôtel. C’était parfait pour moi...
On est arrivé à l’hôtel vers les 1h30 du matin... Pascal avait réservé une autre suite, jeeez... On était voisin!
Boh, j’avoue que je m’en foutais, tout ce qui comptait, c’était d’être avec lui. Je l’adore ce mec! Bon, il était tard, et comme on avait pas beaucoup dormi les jours précédents trop triste pour ça, et comme il commençait dans un nouvel environnement... Mais on était soulagé et heureux d’être encore ensemble. Quelque chose comme si on avait réussi à combattre l’inévitable... On était vraiment super heureux... et amoureux.
En fait, une suite, c’est un appartement de luxe avec tous les avantages d’un hôtel; pas besoin de faire sa chambre, ranger, nettoyer, il y avait des employés pour faire tout ça... Pas besoin de cuisiner si on en avait pas envi, on pouvait commander des plats de 1er choix et pour l’heure désiré... Ouais, y avait pas à dire, c’est chouette d’avoir les moyens de s’offrir ce qu’on veut!
Lundi matin, Pascal s’est levée tôt et on a pris le café ensemble. Il n’était pas très loin du boulot, donc il y allait à pieds. J’aurai bien voulu l’y accompagner, mais on risquait de croiser des collègues, ce ne serait pas très recommandé qu’ils l’aperçoivent avec une autre nana que sa femme.
J’avais toujours ce sentiment d’excitations comme si j’étais dans un nouveau monde. Je me demande si c’était parce que c’était Munich, ou si c’était seulement parce que j’étais loin de chez moi, ou tout simplement parce qu’il était là?
A midi, Pascal avait été invité à se joindre à l’équipe de son département pour dîner, mais il s’est précipité à l’hôtel pour qu’on mange ensemble. J’aurai dû deviner qu’il ferait ça et lui dire que ce n’était pas la peine, étant une solitaire invétérée, je ne m’ennuie jamais. Les artistes sont généralement de grands solitaires je crois! On a l'avantage d’avoir toujours des tonnes de trucs à faire, mais... seuls.
Installées dans le canapé moelleux du salon, je lisais tranquillement en attendant le déjeuner copieux que j’avais commandé. Je ne savais pas que Pascal avait commandé autre chose pour midi. Quel adorable petit chou. Il était si prévenant, avait si peur que je m’ennuie, il est trop chou.
Je me rends compte avec le recul, qu’on avait oublié que la séparation était tout de même imminente... On avait l’impression que tout ça était derrière nous, en tous cas, moi. Je n’y ai pas pensé une seconde. Je ne savais pas encore que tout allait m’éclater dans la gueule le soir même...
Après le boulot, Pascal est passé en vitesse me faire un bisou, il était temps qu’il affronte sa femme. Jess a alors eu une crise et des douleurs terrible au ventre, pris de panique, et se sentant coupable de son état, Pascal l’a accompagnée à l’hôpital. Ca m’énerve parce que j’avais l’impression qu’elle jouait avec sa grossesse pour le piéger.
Pascal m’a appelée depuis l’hôpital pour me mettre au courant de ce qui se passait. Il ne savait pas très bien quant il pourrait venir me rejoindre. Je pouvais sentir la tension dans sa voix. Evidemment, j’ai pensé qu’il s’inquiétait pour Jess, mais non, c’était parce qu’il ne savait pas ce qui allait se passer, ni s’il pourrait venir me rejoindre. L’idée que je risquais de m’ennuyer le paniquait probablement aussi, alors je l’ai rassuré, ça allait, qu’il fasse ce qu’il avait à faire.
Je ne voulais pas qu’il panique en ayant la trouille que je fiche le camp, je n’irais nul part.
Dans la soirée, le visage décomposé, il est passé en vitesse un tout petit moment. Pascal m’a tenu serrée contre lui tout le temps. Il ne parlait pas. Je n’ai pas posé de questions non plus, je ne voulais pas l’obliger à me parler de Jess, je ne voulais pas entendre son nom. Dans ma tête, je l’avais effacée, je voulais oublier qu’elle existait et je me suis fabriquée une réalité alternative dans lequel Pascal était ailleurs, il devait rentrer chez papa, maman, et non aller “la” rejoindre.
Je crois que malgré tout, petit à petit, pour Pascal comme pour moi, on savait qu’on ne pouvait pas continuer comme ça!
Dès que Jess s’est endormi, Pascal est venu me rejoindre. Hum, je n’avais pas réussi à fermer l’oeil et j’ai failli pleurer de joie en le voyant. Mon petit coeur, trop mignon. C'était pratique d'être voisin! J’étais quand même consciente que je ne pouvais pas lui imposer ce chassé-croisé infernal. Même si je prétendais l'ignorer, je savais bien que Pascal se sentait coupable.
Il allait falloir que je rentre... et le laisser derrière moi... Il fallait que je tire un trait sur notre histoire!
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------ Tirer un trait sur nous 2... - (277) - Lun.04.oct.10 ------