287/11 - Perte de terrain...
Perte de terrain...
Vendredi 14 oct 2011 - 287/11
J’ai trouvé le 1er prétexte pour partir. Fuir, rentrer, n’importe quoi pour me casser d’ici. J’étais en train de craquer, aussi sûrement qu’il fera jour demain, et je voulais que personne ne me voit dans cet état. En quittant le bar, j’étais au bord de la crise de larmes, mais je devais me retenir, en tous cas pour le moment. J’ai filé chez Caro, j’espère qu’Alexia n’était pas là. Je savais où elle laissait la clé pour Pascal, alors je suis entrée l’attendre.
Je devais lui dire que j’avais l’intention de parler à Pascal, que je ne laissais pas tomber. Je lui devais un minimum de franchise. J’avais l’intention de passer chez Pascal après.
Caroline m’en voudra sûrement, elle n’était pas bête, elle devinera ce j’avais l’intention de faire, qu’elle n’allait pas l’avoir pour elle toute seule si je pouvais y changer quelque chose, que je ferai tout pour le récupérer, quitte à la pousser hors champ. Mais Pascal, est-ce qu’il en avait envi? Ou est-ce qu’il me repoussera?
Pascal travaillait demain, alors je ne m’attendais pas à ce qu’il vienne chez Caro. Glups. Je me suis planquée du mieux que je pouvais. J’ai été prise de cours, alors j’ai foncé dans la chambre d’Alexia. Il y avait bien l’armoise, mais je serais coincée dedans et si Alexia arrivait entre temps, si elle l’ouvre, je serais découverte et j’aurai l’air idiote. J’ai opté pour le dessous du lit. Heureusement qu’elle n’avait pas un lit aussi bas que le mien, là, impossible de se planquer. Personne ne regarde jamais dessous les lits.
Ils discutaient à propos de la petite blondinette, Ophélie. D’après ce que j’ai compris, Pascal l’avait raccompagnée à sa porte. Elle n’avait pas compris ce que Caro faisait là, collée aux basques de Pascal, elle lui avait demandé s’il repasserait après l’avoir déposée, ou s’ils se voyaient le vendredi soir. Elle aurait préféré qu’ils évitent les endroits qu’il fréquentait avec ses copains, ça éviterait... Caro et consoeurs. Pascal a dit qu’il l’a rappelerait et ça n’a pas plu à Caroline, qui lui reprochait de lui laisser une porte ouverte.
Même si ça ne lui a pas plu, Caro a laissé tombé pour se blottir dans ses bras. Ils ont commencés une séance de bisous qui a bien failli me faire bondir de ma cachette. Heureusement, Pascal a dit qu’il devait rentrer, mais Caro l’a entraîné dans la chambre. Je n’avais pas trop envie d’assister à leurs ébats. Aussi discrètement et silencieusement que possible, je me suis extraite de ma cachette, les 2 chambres sont face à face, je doutais fortement que je puisse tenter une sortie par la porte d’entrée, alors j’ai choisi la fenêtre sur le côté.
J’ai fait le tour et je suis venue sonner... Ben oui, ç’aurait le mérite de les stopper...
Caro a été surprise de me voir, mais Pascal encore plus. J’ai fait comme si je ne savais pas que Pascal était là et je suis entrée avant qu’elle puisse m’arrêter ou me barrer la route. Je me suis laissée tomber sur son canapé. J’ai fait comme si je n’avais pas remarqué qu’elle était à peine vêtue. J’ai dit que j’avais à lui parler sérieusement. J’ai bien remarqué son embarras, mais quant je veux, je peux être carrément aveugle.
Pascal était vers la cuisine. Hum, il avait dû se précipiter pour pas que je le vois sortir de la chambre. Il a dit qu’il nous laissait entre filles, qu’il rentrait, m’a fait la bise au passage. A la porte, j’ai bien remarqué que Caro s’attendait à un baiser, mais il lui a fait une bise sous la joue et il a filé. J’étais contente qu’il ne l’ait pas embrassée, probablement gêné par ma présence et contente de les avoir interrompu.
Dès qu’elle a fermé la porte derrière lui, sans attendre, je lui ai dit ce que j’avais prévu de lui dire, que je n’abandonnais pas.
Caroline m’a demandé si j’étais sûre de moi, elle ne pensait pas que Pascal serait ouvert à mon changement, et puis, elle était certaine que Pascal lui aurait en quelque sorte fait penser qu’ils étaient ensemble. Caro ne pensait pas qu’il ait encore réussi à me pardonner mes frasques. Puis, et c’était la 1ère fois que je remarquais une pointe d’énervement, elle m’a demandé en face si je faisais ça parce qu’elle m’avait dit qu’ils étaient ensemble. Elle voulait savoir si je cherchais à tout gâcher.
- Tu sais, je ne veux pas te faire de peine, mais je crois qu’il ne t’aime plus...
Vache! Tant pis, je ne voulais pas relever sa remarque, je lui ai dit que j’avais l’intention d’aller chez Pascal, que je voulais lui parler. Avant que j’ai pu finir, Pascal l’a appelé pour dire qu’il devait aller dépanner un pote. Sans que je m’y attende Caroline en a profité pour lui dire que j’avais voulu passer le voir. Ca m’a énervé qu’elle le lui dise. J’ai cru voir un petit sourire et elle a raccroché.
Quant Caroline lui a dit que j’avais l’intention de passer chez lui, Pascal lui aurait dit qu’il s’y attendait et c’était pour ça qu’il n’était pas chez lui. C’était donc ce qui lui avait fait sourire... alors Pascal cherchait bel et bien à m’éviter! Pourquoi avait-il dit ça à Caro? Il ne se rendait pas compte à quel point c’était humiliant?
J’ai donc changé de tactique... Même si j’étais verte et que je bouillonnais intérieurement, je ne voulais pas le montrer et je devais absolument la garder comme alliée. Donc, j’ai montré ma déception et j’ai énoncé tout haut ce qu’elle savait déjà; qu’il m’en voulait encore et qu’il ne voulait ni me voir, ni me parler. Je lui ai montré des yeux tristes, cherché du réconfort et elle s’est radoucie.
On a longuement parlé. Caroline me disait que les réactions de Pascal vis-à-vis de moi n’étaient que normales, que je devais me mettre à sa place (hum, ça je le savais déjà, mais j’ai fait l’innocente), qu’il était difficile de me faire confiance après ça. Caroline a essayé d’être gentille, mais elle ne faisait que jouer au péroquet, traduisant ce que Pascal devait penser. Je ne lui en demandais pas tant.
Me prenant en pitié, c’était le but recherché, Caro m’a proposé de l’accompagner le vendredi soir le regarder répéter avec le groupe, puis prendre une verre avec l’équipe. Elle connaissait mon côté timide, et elle avait l’impression qu’elle devait me prendre sous son aile dans ce passage à vide. Caro m’a proposé de dormir à la maison. J’ai failli dire oui, au moins de cette manière, je m’assurais que Pascal ne revenait pas, mais je préférais aller voir chez Pascal et dormir chez moi.
Vendredi soir, ça m’emmerdait un peu d’aller le regarder répéter avec Varios et son équipe, ça me faisait mal au bide d’avoir l’impression d’être la pièce rapportée. Je ne sais même pas si je supporterais de sortir prendre un verre avec toute cette équipe qui me regarde de travers, qui ne cherche qu’à voir sur mon visage ma déchéance. Mais, grâce à Caro, je connaissais son programme, et ça me permettait de chercher à trouver le moyen de le voir, seul à seul.
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