290 - Visite à Douleur-Land
Même essayer de dormir était un calvaire. Après m’être traînée, telle une limace sur patte jusqu’à mon lit, il me fallait encore trouvé une manière d’aller dedans... Ha-haïe!
Si je m’assieds, après je fais comment après pour me coucher sans douleurs? Rahhh. Si je me mets à genoux, comment me déplier pour me coucher sur le ventre? Hahhh! Et une fois sur le ventre, je fais comment pour enlever tous les plis, pour me mettre droite? Et comment basculer sur le dos sans avoir mal? Piouffff, impossible... Après avoir examiné toutes les options, j’ai choisi de m’asseoir. Je savais qu’après j’allais me taper l’enfer jusqu’à je puisse me retrouver dans une position plus ou moins confortable dans laquelle dormir.
Avoir des problèmes discales ou simplement des problèmes de dos est “tricky”. Les personnes qui n’ont jamais eu une ernie discale n’y comprennent rien et ont l’impression qu’on exagère, parce que forcément pour eux, pas de sang ou de plaies ouvertes, donc on a rien! Ils n’ont aucune idée de la douleur qu’on éprouve.
Dans l’après-midi, j’ai parlé avec Pascal un petit moment au téléphone. Il est revenu à la charge, mais j’avais encore plus mal qu’hier. Alors, si hier je ne voulais pas le voir, aujourd’hui, c’était hors de question. Je pouvais éventuellement tenir 1mn avec un sourire forcé, mais pas 2!
Le seul pour qui je pouvais faire l’effort surhumain de bouger, c’était Maxou. Je ferais n’importe quoi pour mon bébé. J’ai pourtant hésité à appeler Mathieu à la rescousse pour qu’il passe chercher Max, ce qui m’aurait permis de ne plus bouger pendant 1 ou 2 jours et me remettre sur pieds plus rapidement. Mais, Max n’allait pas bien non plus et je me sentais responsable de ne l’avoir pas mieux surveiller. Et puis, étant tous les 2 mal en point, il était mieux avec sa petite maman.
Boitillant, se traînant lamentablement et lentement, on était vraiment risible dans nos promenades!!!
Pascal me manquait à mort, c’était samedi, j’aurai dû être avec lui, rrrrhhhh. Le soir, je ne tenais plus. J’ai fait quelque chose que je n’aurai jamais imaginer faire un jour... J’ai appelé Vania pour avoir des infos sur Pascal; savoir si elle l’avait vu, ce qu’il faisait, avec qui et où. Je savais qu’elle sortait, donc il y avait 9 chances sur 10 qu’elle soit avec la bande. C’était le cas, mais pas de Pascal à l’horizon. Mon orgueil enroulé dans un mouchoir, j’ai osé lui poser la question fatidique; Et Caroline? Est-ce qu’elle était là?
Pas de Pascal, pas de Caroline... Ma douleur a fait un bon dans le rouge.
Est-ce que Pascal était avec elle? Noooon, il ne serait pas aussi idiot quand même, si? Vania m’a appris que Thomas avait fait un passage éclair pour déposer Jess, le temps de prendre un verre avec eux et il était reparti...
Donc, il n’était pas avec Jess, ça c’était sûr. J’avais déjà parlé avec Pascal, je ne pouvais tout de même pas tomber dans la catégorie des pouffes qui manquent d’assurances et passer la soirée à l’appeler comme une désespéré?Afff... Et bien si!
Impossible de le joindre, il ne répondait pas à son natel. Une fois qu’on a mis le bout des pieds dans l’engrenage, impossible de s’arrêter... J’ai essayé son téléphone fixe, à la maison; pas de réponse non plus. Mais où est-ce qu’il était? Qu’est-ce qu’il pouvait bien être en train de faire? Je lui ai envoyé un message, attendu 15mn, pas de réponses, et hop j’ai rappelé encore son natel, puis son fixe, puis encore un message... Folie furieuse.
J’ai dû faire une pause pour ramper jusqu’à la cuisine et prendre un anti-douleur et anti-inflammatoire. Ça m’a pris bien 1/2h, entre 2 cris, je me suis revue, mon natel à la main, essayant désespérément de le joindre... Ridicule à mort. Pourquoi faire? De toute façon je refusais qu’il me voit comme ça? C’était nul. J’ai posé mon natel. Je suis plus forte que ça, j’arrête. Il avait sûrement une bonne explication, je n'avais pas à me torturer comme ça.
1h plus tard, je sautais à nouveau sur mon natel pour lui envoyer un message;
“Ou es-tu? Qu’est-ce que tu fais? Est-ce que tu es avec elle? Avec Caroline?”
Après ça, rouge de honte et souffrant le martyre, j’ai éteins mon natel... pour le rallumer 1/2h plus tard. Suis vraiment désespérante. C'est seulement 1h approx après avoir reçu mon dernier message que Pascal a essayé ENFIN de me joindre, mais cette fois, j’ai pris sur moi; pas question de lui répondre! C’était à son tour d’essayer dans le vide. De toute façon, je ne pouvais pas le voir.
Mais... Je me sentais tout de même un peu abandonnée...
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------ Visite à douleur land - (290-sam-17.oct.09) ------