294/11 - Envie de mourir...

Publié le par JaneDo

Envie de mourir sur place - Vendredi, 21 oct 2011 - 294/11

Ce soir, j’ai décidé de ne pas sortir. En début de soirée, ma cops Dol passe un moment à la maison, dès qu’elle partira, je pourrais passer une soirée à me larver devant la télé. Marie, ma voisine du rez a voulu que je dîne avec eux, alors là, pas question, je rêvais trop de pouvoir me détendre dans un bon petit bain avant ma séance de larve.

Même si Pascal m’a reproché de ne pas être assez présente, je ne voulais pas lui coller aux fesses ce soir, et surtout pas souffrir de le voir s’amuser en compagnie des autres, surtout des autres filles. Je n’avais pas besoin d’être là-bas pour savoir comment ça se passait. Je lui ai quand même envoyé un message pour lui demander s’il passerait après...

Je crois que je savais qu’il ne me répondrait pas et qu’il ne passerait pas, mais j’aurai au moins essayé, c’était ma manière de me montrer présente. Pourtant, l’angoisse me coupait les jambes, la gorge serrée, j’ai fait bonne figure devanat Dol. Elle a de nouveau insisté qu’on sorte avec Pascal et les autres. Mouais, elle croyait quand même pas que j’avais oublié son intention d’essayer de séduire Pascal!!!

Les heures se sont égrenées lentement, sournoisement, je me mordais les doigts à mesures sur les 1ères heures du samedi se sont pointés; “Il ne viendra pas... Il avait mieux à faire... Et je devine quoi...”.

De temps à autres Caro m’envoyait de petits sms pour me raconter sa détresse, ce qui me mettait dans des états de déprime total. Apparemment, la petite blonde était à nouveau là, la Ophélie, il semble qu’elle était avec Pascal. Ils étaient arrivés tard, c’était déjà plus de minuit. Donc, évidemment, je me suis demandée ce qu’ils faisaient et où ils étaient avant. Je savais que je pouvais compter sur Caro pour les suivre et les épier, ça m’évitait de tomber dans la spirale.

D’après Caroline, ils étaient très proches et ont passés toute la soirée à se dire des trucs à l’oreille, à rigoler ensemble, entouré de son frère et des potes du basket. Pascal et cette nana sont partis ensuite avec l’équipe composé de son frère. Apparemment, l’un d’entre eux leurs avaient proposés de finir la soirée chez lui.

Caro n’avait pas été invitée, mais sans gêne, elle s’est incrustée même si toute la soirée l’avait anéantie. Pascal lui parlait, mais la traitait comme une simple amie. Parfois, c’était pire, elle avait l’impression d’être une simple connaissance. Elle s’est presque jetée dans sa voiture, et Pascal avait voulu la déposer à une station de taxi. Elle lui a dit qu’elle attendrait là-bas dans le froid qu’il repasse la chercher.

Pascal savait qu’elle en était capable!

La petite blonde était partie avec son frère en voyant que Caro s’était jetée presque sur Pascal. Elle avait compris que la petite s’attendait à ce que Pascal se débarrasse d’elle avant de les rejoindre. D’ailleurs, il avait essayé en voulant la ramener chez elle. Alors elle a eu une crise de nerfs, elle voulait aller avec lui. Il l’a quand même ramenée chez elle. Caro a aussitôt pris sa voiture pour le suivre ouvertement, ça l’a énervé et il l’a semée.

Caro a dû appeler Paul pour savoir où habitait Stéphane, et Paul ne voulait pas le lui dire. Alors, elle a appelé Thomas, lui non plus ne voulait rien dire. Elle est retournée au bar l’astiquer, pour finir Thomas lui a dit que c’était vers Ouchy. Caro est partie alors sillonner les rues pour trouver la voiture à Pascal. Elle ne savait pas ils pouvaient être. C’était de la folie, elle s’est mise à pleurer et à le harceler au téléphone. Elle ne supportait pas qu’il se soit débarrassé d’elle comme il l’avait fait. Pfiouhh, je me suis félicitée de ne pas être sortie!

Puis je lui ai dit que Stéphane n’habitait pas vers Ouchy, mais plutôt sur les hauteurs de Morges, dans les vignes je crois. Je ne connaissais pas vraiment l’adresse, mais je crois me rappeler qu’ils avaient une superbe vue sur le lac, c’est tout ce que je pouvais lui dire. Déçue, abattue, elle pleurait à chaudes larmes, ça m’a fait mal au cœur, mais en même temps, ça a anesthésié mon propre chagrin et mes angoisses de devoir consoler quelqu’un d’autre. J’ai versé aussi quelques larmes en reconnaissant que c’était fichu avec Pascal et que je n’étais pas sûre de pouvoir le supporter non plus.

Elle ne voulait pas être seule, elle avait besoin de parler, alors je l’ai invitée à la maison... C’était raide pour ma soirée tranquille! Quant c’était pas Dol, c’était Caro... C’est ma faute, mais y en a marre par moments!

Et Pascal ceci, et Pascal cela... Si j’espérais ne pas trop penser à lui ce soir, ben, c’était foutu!

2h du matin, Caro était là depuis un peu moins d’1h quant ça a sonné à ma porte. J’étais surprise et Caro m’a regardée comme si je lui cachais des choses, ou comme si j’avais prévu un rendez-vous coquin et que je trichais avec Pascal une fois de plus, comme si j’avais prévu quelque chose d’où la raison qui m’avait fait refuser de sortir ce soir! C’était faux, je me sentais en faute et j’espérais que ce ne soit pas Thomas ou encore Layne!

C’était mon petit homme, c’était Pascal... Jeeez, il était venu? Je n’en croyais pas mes yeux, mais mon cœur lui sautillais dans tous les sens de bonheur.

On aurait dit qu’il était lui aussi assez surpris d’être là. Les yeux certainement remplis de stupeur, je n’arrivais pas à croire qu’il ait abandonné ses potes et la pouffe pour venir jusqu’à moi. Est-ce que c'était mon message qui a eu cet effet? Ou est-ce que ça ne marchait pas comme il le voulait avec la petite blondasse? Est-ce qu’elle cherchait un peu trop à se faire désirer? Je ne me rappelle pas lui avoir dit de rentrer, je crois qu’à ce moment là aussi, j’avais oublié que Caro était toujours assise dans mon canapé, ma tête était juste rempli de lui.

Sans paroles comme à son habitude, il m’a juste tirée à lui et m’a enveloppée de ses baisers chauds et insatiable. Comment la porte s’était fermée? Aucune idée. Puis, il a vu Caro, et c’est ce qui m’a rappelé sa présence aussi. Je me rappelle avoir pensé “poisse”, parce que sa présence allait tout gâcher.

Caro s’était levée quant elle a reconnu Pascal, un regard dans ma direction et elle a compris que je ne m’y attendais pas, sinon je crois qu’elle aurait fondu en larmes. Bon, ça ne l’a pas empêchée de le faire.

Zut, et qu’est-ce qu’on allait faire maintenant? Qu’est-ce qu’on allait faire d’elle? Merde, ça me faisait chier qu’elle soit là!

On ne savait pas vraiment quoi dire. Pascal m’a jeté un petit regard gêné ou peut-être interrogateur, puis il m’a lâchée pour la saluer. C’était un simple; “Caro”. Puis, il a attendu, je savais que je devais faire ou dire quelque chose, mais rien ne venait. En fait, je voulais qu’elle disparaisse, mais je pouvais pas vraiment le dire.

Caro ne quittait pas l’objet de ses désirs des yeux, la bouche boudeuse, elle attendait qu’il dise quelque chose. Les larmes ont commencés à couler le long de ses joues. Ciel, j’aurai aimé savoir donner un spectacle aussi géniale, j’aurai fait craquer l’homme le plus récalcitrant de la planète! Je me suis alors lancée dans des explications scabreuses, comme quoi Caro se sentait seule, qu’elle était triste (pfff, c’était même pas nécessaire de le dire, cela se voyait), alors je lui ai dit de passer. J’ai rajouté qu’elle était sur le point de partir...

Mouais, c’était pas tout à fait vrai, mais je voulais la voir disparaître illico presto! Elle devait bien comprendre qu’elle était de trop non?

Sans se démonter, elle dit que ce n’était pas le cas, mais si elle était de trop, alors, elle s’en allait. J’avais peur que Pascal se lance à sa poursuite, et j’aurai l’air bête d’essayer de l’en empêcher. Ça me ferait mal, surtout que la dernière fois, il m’avait laissé partir de chez lui sans bouger le petit doigt. De plus, c’était fichu, il n’aurait sûrement pas l’envi qu’il avait en arrivant après l’avoir vu partir les yeux pleins de larmes.

C’était fichu... ça me foutait en rogne!

Pour ne pas avoir l’air méchante, je lui ai dis qu’elle pouvait rester encore un peu si elle voulait, mais c’est Pascal qui a décidé de s’en aller. Il nous laissait entre filles. Il a prétendu être passé juste pour me faire un bisou, vu qu’il ne m’avait pas vu ce soir, ça l’avait inquiété. Puis, fluppe, il était loin.

Et merde... ç’aurait pu être... et non! Mais qu’est-ce qui m’a pris de l’avoir dit de passer elle! Poisse, poisse, poisse... J’étais super en rogne. Je crois que ça s’entendait même si je faisais l’effort de ne pas le montrer. Maintenant, je voulais vraiment qu’elle se tire, je n’étais pas sûre de pouvoir contrôler mes nerfs très longtemps. Pas d’humeur d’entendre ses lamentations, de répondre à ses questions, ni de discuter du fait que Pascal soit passé.

Dès qu’elle est partie, j’ai appelé Pascal.

Il n’avait pas vraiment envi de rentrer, et pensait passer vers les autres, Thomas etc, et prendre un verre avec eux en boîte. Je savais bien que Caro s’était sûrement précipitée chez lui, et j’avais l’intention d’en faire autant. ce serait la cohue, mais tant pis. Je lui ai demandé s’il ne voulait pas revenir, mais il n’en avait pas envi, Caro saurait où venir le chercher, c’était pas top. Puis, je crois qu’il hésitait à aller la voir, mais il n’allait pas me le dire!!!

J’ai sauté dans ma voiture et j’ai pris la route... Moi aussi je voulais le voir, pas question de laisser Caro ou qui que ce soit d’autre saboter ma soirée. Pascal avait eu l’intention de finir la soirée avec moi, alors je devais le retrouver, faire en sorte que ça arrive.

Mes soupçons et angoisses se sont avérés, Pascal était bien chez Caro!

Même si ça me foutait les boules, j’ai réalisé que je ne pouvais rien faire. Ou peut-être gâcher sa soirée comme elle avait gâché la mienne? Arfff, non, je n’allais pas m’abaisser à ça, et ce n’est pas tout à fait de la faute à Caro, mais bien celle à Pascal, c’est lui qui a couru chez elle au lieu de rester avec moi! Mince, est-ce que je lui en voulais? Je crois bien que oui.

Pascal n’a pas fait très long. 5mn après que je me sois accroché au coin de la fenêtre pour voir ce qu’ils faisaient, Pascal s’est levé pour partir. Caro s’est accrochée, elle voulait qu’il reste, mais il ne voulait pas. Il lui a dit qu’il était juste passé parce qu’elle était partie en larmes et il s’inquiétait. Pffft, il s'inquiétait hein? Pour elle aussi?

Ben, j’étais contente de le voir sur le point de partir, alors j’ai filé vite fait chez lui...

Et là, j’ai attendu, attendu et encore attendu... Je ne le voyais pas arriver!

Pensant qu’il avait changé d’avis et qu’il était resté chez Caro, je suis retournée sur mes pas... Pas de Pascal? Glups! Pour en avoir le cœur net, j’ai sonné. Après tout, il était passé chez moi ce soir, c’est qu’il voulait me voir! Ha là là, j’avais le cœur tout flapi qui faisait des efforts surhumains pour continuer à battre, j’avais peur qu’il soit là, et du coup, j’allais péter un câble.

Mais non, il n’y était pas!

Caro avait encore les yeux tous gonflés, Pascal était parti depuis plus d’une 1/2h. On s’est regardé les yeux écarquillés... J’ai pensé qu’il était peut-être parti rejoindre ses potes, mais... Caro et moi, nous nous sommes compris tout de suite. Elle a sauté en voiture et on a été voir chez la blondinette...

Ahhh! Comme on peut se sentir mal pour si peu... enfin si peu... j’avais juste envie de mourir sur place, là, maintenant, question que cette souffrance s’arrête.

Sa voiture était parquée vers l’appartement de cette fille, et rien qu’à voir sa voiture, c’était comme avoir reçu des tonnes de coups de couteaux en vrac, des poings dans la gueule, d’être frappée de partout. Comme des poissons hors de l’eau, Caro et moi on est resté prostré à regarder fixement sa voiture. Il était là, là-haut, chez elle... Je crois qu’on avait pas besoin qu’on nous fasse de dessins, on savait que c’était elle qui était dans ses bras, ni Caro, ni moi. C’était elle qui était la gentille, celle qu’il avait envi de retrouver après une longue soirée.

Je crois que j’étais aussi un peu furax, mais je pense que l’impression de déprime couvrait tout.

Inutile de dire, qu’on lui a envoyé des messages, moi lui disant que j’étais chez lui. Pas de réponses. J’ai essayé d’appeler; pas de réponses. C’était mort, il n’allait pas répondre, c’était vraiment cuit. Aucune idée de son nom de famille pour aller sonner. Je crois que c’est là que les larmes ont commencés à couler sur mon visage. On savait qu’on ferait mieux de partir, mais on arrivait pas à s’y résoudre.

Pourtant qu’est-ce qu’on pouvait faire? Rester ici jusqu’à ce qu’il parte? Combien de temps? 5h à attendre dans la voiture? Et ça, c'était dans le meilleur des cas s'il partait vers 9h du matin! Midi? Rhhh, on ne pouvait rien faire. Si seulement il répondait à son natel! Mais pour dire quoi? Ne m’attend pas? Gros soupir.

C’était vraiment inutile de rester là à poiroter comme des tartes. Je me suis décidée à aller ramener Caro et rentrer. Je savais que j’allais passer la nuit à pleurnicher comme une madeleine et probablement à le bombarder de messages.

On a pas réussi à nous résoudre à partir, on a fait demi-tour, et on a attendu. Nos visages étaient statiques, pâles, on ne se parlait pas. Comme 2 statues, on a attendu.

Vers les 6h du matin, il est sorti de l’immeuble pour prendre sa voiture.  Oh le coup de poignard. Je crois que ça nous a donné encore plus envi de pleurer. Est-ce qu’il n’avait pas l’air réjouis? Caro elle aussi pleurait à côté de moi en silence. Elle m’a demandé en marmonnant; “Est-ce que ça ne fait pas encore plus mal de le regarder tranquillement...”. Oh oui, ça faisait mal. C’était clair qu’ils avaient dépassé le stade de la simple amitié. Arhhh, mais bras étaient toutes molles, je n’arrivais pas à conduire, je n’arrivais pas à saisir le volant d’une main ferme. Je ne me sentais pas très bien.

Alors on est resté sur place encore un moment, le temps de se calmer un peu... Caro m’a proposé de dormir chez elle, ou si elle pouvait dormir chez moi, elle ne voulait juste pas être seule.

J’ai accepté de dormir chez elle. Peut-être parce que c’était plus près de chez Pascal, et aussi parce qu’il n’allait tout de même pas repasser chez moi, pas après avoir baisé cette nana. Je crois que je n’aurai pas pu le laisser me toucher, même avec toute la bonne volonté du monde. Puis, j’aurai un oeil sur Caro, et je ferais l’effort de ne pas trop pleurer. Chez moi, il n’y avait aucune garantie que je ne passe le reste de la nuit à chialer, et toute la sainte journée aussi.

L’angoisse me rongeait de partout... J’étais à 2 doigts de faire une grosse bêtise, comme aller lui demander des explications, et ce n’était certes pas le bon moment. Ou encore avec la boule qui occupait mon estomac, je risquais d’aller faire un scandale, lui dire que je sais où il était et que vu la situation, c’est fini. Et ça non plus, ce n’était peut-être pas le bon moment.

Je me sentais, et furax, et déprimée, et l’envie d’être dans ses bras, tout en même temps, c’était l’horreur!

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294/11 - Envie de mourir sur place - vendredi, 21 oct 2011

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