298/14 - The Sex is Good... (2)
Samedi, 25 octobre 2014 - 298/14 - The Sex is Good… (2)
Une fois tranquille dans notre coin, je lui ai demandé ce qui se passait. Il a fait celui qui ne comprenait pas. Ou peut-être que c’était le cas. Je lui ai demandé de me parler comme à un pote, parce que je voulais que notre amitié soit aussi forte que le reste.
Je voulais aussi être son meilleur pote. Pascal m’a dit que c’était pas possible. Du moment qu’on devient amant, on ne peut plus être les meilleurs amis du monde. Le sexe change la donne. Les sentiments aussi. J’ai insisté, je voulais tenter le coup. Pascal hésitait. Depuis qu’il me connaissait, il devrait savoir. Et je lui ai rappelé Caroline…
Je lui ai dis que j’avais noté qu’il se trafiquait quelque chose avec Erika, qu’il me semblait l’avoir déjà vue. Je lui ai demandé de me faire confiance, je voulais vraiment qu’il me parle comme il le ferait avec un copain. Que si ça le gênait, qu’il oublie que c’était moi pendant quelques instants.
Et on n’en reparlerait plus jamais, quoi qu’il me raconte, sauf s’il le voulait.
J’avais tout de même un peu peur, pour une fois, je n’avais pas eu le temps de réfléchir, de peser les pours et les contre. J’avais été un peu prise de court. Pascal s’est décidé enfin, à mon grand soulagement. Je voulais vraiment, vraiment être aussi son amie, au même titre que sa maitresse.
Pascal m’a raconté… Erika lui avait filé la clé de sa chambre d’hôtel. C’était donc ça…
Pascal hésitait encore à être aussi franc qu’il aurait été avec un pote, alors j’ai dû encore insisté. Il prétendait que ça ne l’intéressait pas, qu’il passerait à son hôtel pour lui rendre la clé. Valait mieux que je fasse semblant de ne pas noter l’incohérence.
Est-ce que Pascal croit franchement que j’allais avaler ça? S’il n’aurait pas été intéressé, il lui aurait tout de suite rendu sa clé. Et pourquoi attendre pour aller le lui rendre à l’hôtel? Pourquoi pas tout de suite ici? Simplement parce qu’il était intéressé! Je devais lui parler comme je l’aurai fait avec une copine qui me raconte son truc.
- Wow… pas mal! Vachement courageuse! Et qu’est-ce que tu veux faire?
Je voulais savoir ce qu’il avait ressenti, si ça le tentait, s’il avait envi d’aller la rejoindre. Pascal continuait à prétendre le contraire. Je pouvais me mettre à sa place et deviner ce qu’il devait ressentir, ses hésitations, son envie de grimper à l’hôtel la grimper! Mais, c’était difficile de l’amener à me parler aussi ouvertement qu’il l’aurait sans doute fait avec un pote.
- Hé, tu parles à ton pote Jane!
Il a pouffé; “Je n’ai pas de pote qui s’appelle Jane!”. J’adore le voir sourire comme ça. J’adore ses yeux briller, son regard, je l’avais trouvé si sexy pendant le concert. Et je ne crois pas avoir été la seule. Sa timidité le rend distant, mais c’est tellement attirant, ça donne envie d’aller jusqu’à lui.
Probablement pour couvrir sa gêne, et certainement aussi pour se donner une contenance, il s’est penché par dessus la table pour m’embrasser.
Sa gêne était palpable, mais je voulais qu’il dépasse ça; “Comment ça, tu ne sais pas?”. Pascal a haussé les épaules et a regardé en direction d’Erika. Leurs regards se sont croisés. J’avoue que ça me compressait un peu dans la poitrine.
- Non, je ne pense pas.
- Moi, si j’étais un mec, j’avoue que je serais flatté… Pas besoin de tourner autour du pot, ni de me demander si elle me drague ou si je me fais des idées; la clé est la réponse à toutes ces questions!
- Et tu ferais quoi alors?
- Hum… Je penserais qu’elle est vachement gonflée, vachement sûre d’elle, ou qu’elle me prend pour une bille ou un mec facile… J’ai rigolé. Je me dirais que je n’étais sûrement pas le premier avec qui elle fait ça! Au lieu d’un préservatif, j’en mettrai 2...
Pascal a rigolé en approuvant de la tête. Oups, est-ce que j’étais en train d'essayer de le dégoûter?
- J’aurai probablement envi de lui faire comprendre qu’elle ne peut pas toujours avoir ce qu’elle veut. Mais… elle est plutôt pas mal… joli petit cul, jolie frimousse… Franchement, je ne crois pas que je pourrai résister! Celui qui dirait le contraire est un menteur! Et toi, tu la trouves comment?
- Pas mal!
- Ouais, pas mal… alors n’hésite pas, fonce…
Bon, là, j’avais peut-être été trop… pote! Je suis sûre que n’importe quel pote lui aurait dit la même chose, seulement, venant de moi, ce n’était pas tout à fait la même chose. Pascal me regardait sans rien dire, puis après un moment, il m’a demandé comment je pouvais prétendre être amoureuse de lui et accepter qu’il butine ailleurs? Comment je pouvais l’envoyer dans les bras d’une autre?
- Justement parce que je t’aime… Je ne suis pas hypocrite! Et ce serait hypocrite d'ignorer ce qu'on peut ressentir dans des conditions pareilles. Je ne prétends pas être un ange, je sais qu’à ta place, je ne pourrais pas résister, alors pourquoi est-ce que je voudrais une chose pour toi, et une autre pour moi?
- Alors ça ne te fait rien?
- J’ai jamais dit que ça ne me faisait rien… ça me fait toujours quelque chose… La jalousie me bouffe parfois jusqu’à l’os, mais… je n’ai rien à t’interdire, je n’en ai pas le droit, même si j’étais ta copine. Ce serait hypocrite de te demander de ne pas bouger un cil, ou de prétendre ne rien ressentir. Je ne suis pas dans ta tête, mais je sais pertinemment que tu en as envi. Si j’étais un mec, bien sûr que j’aurai envi de me taper son joli petit cul.
- Arh, parle pas comme ça.
Malgré tout, ma réflexion l’a fait sourire. Pascal regardait sans arrêt en direction d’Erika. J’imagine qu’il se demandait encore s’il oserait se jeter dans la gueule de la louve. J’ai tourné la tête pour la regarder à mon tour. Elle lui souriait et lui faisait de petits signes, se mordant les lèvres, se passant une mèche de cheveux derrière l’oreille, etc.
- Jane, je t’aime aussi… mais moi, je ne suis pas aussi… ouvert. J’aimerai, mais je ne le suis pas. Je suis encore fou de rage de penser à toi et Thomas, et je ne parle même pas de Steven…
- Je n’ai pas couché avec Steven Pascal!
- Ouais… je ne pourrais jamais en être sûr vois-tu… mais, je ne pourrais jamais être aussi… et te laisser faire ce que tu veux! Appelle moi égoïste si tu veux, mais je ne pourrais pas. Même là, rien que d’en parler, j’ai un poing dans le ventre… Comme si on m’arrachait les tripes.
J’ai souri. Ça me faisait plaisir d’entendre ça.
- Alors pourquoi? Je ne comprends pas?
- Y a pas d’autre raison. Pourquoi t’en empêcher? Ça ne te coupera pas l’envie. Tu risques seulement de te sentir frustré, et avoir l’impression d’avoir louper quelque chose. Tu m’aimes quand même, non?
- Ça oui… T’es… T’es spéciale… Mais, je crois que je vais passer mon tour.
- Tu sais… je préfère comme maintenant… savoir ce que tu fais, ou ce que tu t’apprêtes à faire, plutôt que ce soit dans mon dos… comme avec Elodie. Quant c’est en cachette, ça me fait peur. Je sais bien que ça peut pas toujours être aussi limpide qu’aujourd’hui. Faut savoir composer… J’essaie…
Pascal m’a attirée contre lui et m’a embrassée. J’ai vu Erika nous regarder. Je crois qu’elle s’est rendue compte que c’était foutu pour ce soir. On s’est expliqué. Je voulais qu’il sache que, ce soir, j’avais vu, je savais, je devinais ce qui se passait en lui. Et je ne voulais pas me mettre en travers.
Que je préférais ça, plutôt que de n’avoir rien vu, de l’apprendre après. Savoir qu’il ne m’avait rien dit, mon imagination me jouerait des tours et je risquais de me laisser emporter à imaginer qu’il y avait autre chose qu’une histoire de fesses, simplement parce qu’il me l’avait caché. Et pourtant, en totale contradiction, cela faisait partie des choses que je préférais ignorer.
On a longuement discuter. J'avais de la peine à trouver les bons mots pour expliquer ce que je pensais, comment je voyais les choses.
Je ne lui ai pas caché que ça me gênait un peu qu’Erika pense me dominer dans son coeur. Qu’elle puisse penser être mieux que moi, et qu’il n’en avait rien à foutre de ma gueule, qu’il s'intéressait plus à elle qu'à moi.
Mais je ne savais pas comment faire pour ne pas me sentir humiliée. Mais, il m'avait dit qu'il m'aimait, alors je ne pouvais pas m'empêcher de sourire de bonheur.
Pascal comprenait ce que je cherchais à dire.
Je lui ai demandé s’il pouvait ne pas montrer aux autres ses intentions, s’il pouvait être plus… et je ne savais pas comment lui expliquer. Mais, Pascal avait saisi. Pour un mec, il est plus malin que je ne l’aurais cru.
- Dis, quant tu vois tes copains, ou celui qui est au courant, tu racontes? Ou tu gardes pour toi?
- Normalement, je garde pour moi. Le seul à qui je raconte, ou racontais, c’était Thomas. Mais depuis Jess, plus tellement.
- Tu me raconteras?
- J’ai cru qu’on n’en parlerais plus jamais?
- Je ne te ferais jamais de reproche à ce sujet. On ne se disputera pas pour ça. Ce sera comme si ce n’était jamais arrivé, point barre. Je voudrais même être la seule au courant… c’est peut-être un peu trop demander?
- Non… ça me va.
- Mais je ne veux pas, pas ce soir… j’ai juste envi qu’on rentre.
- Pas vrai… tu te sens mal à l’aise parce que je suis au courant.
- Ça aussi.
- Rappelle-toi, on en a parlé en tant que pote.
- Ces 2 choses ne vont pas ensemble… On peut pas être pote...
- On va essayer de faire que ça aille ensemble. Est-ce que je te mène la vie dure parce que tu vois Caroline? Non! Alors, fais moi un peu confiance.
- T’es dingue!
- Ça aussi, et j’ai rigolé. Je peux… dormir chez toi ce soir?
Pascal a enfin souri plus détendu.
- Oui, mais bon… je préfère alors que tu rentres chez toi. Savoir que tu m’attends… et que tu saura quant je rentre après avoir heu… combien de temps j’ai passé avec elle et tout, ça me gêne.
- Ben justement… je t’interdis de dormir avec elle. C’est ma seule exigence, c’est trop?
- Qu’est-ce que tu veux dire… jeez, on parle comme si c’était, comme si tout était réglé!
- Je veux juste pas que tu dormes là-bas. Je veux dormir dans tes bras, moi!
- J’ai compris.
- Je peux encore demander quelque chose?
- Oui vas-y…
Je lui ai expliqué que je ne voulais pas que, maintenant, sachant qu’il va aller la retrouver, qu’il me plante presque pour rester coller à elle, des messes basses, qu’ils se fassent des oeillades et tout. Tant que j’étais là, je préférais qu’il se montre indifférent, distant, mais pas trop non plus, sinon tout le monde devinera direct.
On a aussi âprement discuté du comportement, de faire attention que personne ne remarque le cirque d’Erika, que personne ne le voit aller à son hôtel. Mais j’ai eu l’impression de lui faire la leçon. D’ailleurs, je le lui ai dit. Je devais aussi lui faire confiance et voir ce que ça allait donner. On avisera plus tard au cas où.
Pascal pensait que ça risquait de tout gâcher entre nous, alors il ne voulait pas y aller. Alors encore une fois, j’ai dû le rassurer que ça ne changerait rien. J’ai voulu savoir si son hôtel était tout prêt, parce que je ne voulais pas qu’on puisse remarquer sa voiture parquée droit devant. Mais il a cru autre chose. Ça m'a un peu déçue.
- Pourquoi? Tu veux venir te poster devant pour être sûre que je me comporte bien? M'attendre? Me surveiller?
- Pas cool de dire ça… C’est mieux quant on berne sa copine, hein? C’est plus excitant?
Pascal n’était pas très à l’aise. Il a rougi; "Pas ça, mais c’est juste ultra gênant…".
En allant rejoindre les autres, je tremblais un peu. Pascal s’en ai rendu compte et il a secoué la tête. Il a souri. Je lui ai avoué que l’angoisse commençait à me gagner, alors il a passé son bras autour de moi et m’a embrassée sur la tempe. J’a adoré ce petit geste.
Tout s’est très bien passé, mieux que je l’aurai espéré. Caroline a voulu savoir ce qui nous avait tenu à l’écart si longtemps, s’il y avait un problème. Erika essayait de se rapprocher de Pascal, mais il restait distant, malgré ses petits sourires et ses oeillades qu’elle voulait sexy. Elle lui avait déjà filé sa clé, elle cherchait quoi de plus? Que tout le monde sache? Grrrh!
Pascal semblait me draguer. Epaule contre épaule, il me lançait des sourires à tomber par terre, cherchant à capter mon attention. Parce qu’il sentait que j’étais hyper tendue. Erika devenait livide, elle ne comprenait rien. Pascal ne l’avait pas envoyée balader, il avait même gardé la clé qu’elle lui avait donnée, et pourtant, il faisait du charme à une autre fille (moi en l’occurrence).
Pascal était attentif, au petit soin. Hmmm, bravo, il jouait bien le jeu. Ça m’a complètement rassurée.
Erika ne disait rien, cherchait son regard, mais il ne la regardait pas. Elle s’est ramenée et l’a touché à l’épaule pour demander si elle pouvait lui parler 2 secondes. L’espace d’un instant, Pascal a semblé paumé, il ne savait pas quoi faire et avait peur de mal agir. Il s’est tourné vers elle, mais n’a pas bougé d’un pouce.
Erika lui a alors chuchoté quelque chose à l’oreille. Il lui a souri et lui a fait un clin d’oeil.
Immédiatement ses copains lui ont demandés ce qu’elle voulait, cherchant quelque chose de croustillants à se mettre sous la dent. Erika l’a entendu leur répondre qu’elle lui avait simplement dit qu’elle avait aimé le concert. Hum, ce n’était évidemment pas vrai. Déçus, ses copains ont abandonné l’affaire. Bravo Pascal, bien joué!
J’oubliais qu’entres mecs, ça passe rarement inaperçu quant une fille trotte après un de leurs copains… Bon, Caro l’avait aussi remarqué, et elle incendiait Erika du regard. Erika, elle, avait retrouvé le sourire.
5 minutes plus tard, après un regard entendu et un sourire en direction de Pascal, qui l’a ignorée, Erika a dit qu’elle rentrait et a fait la bise à la ronde. Même à moi, avec un aplomb incroyable, et un petit sourire que j’ai de la peine à étiqueter; hum… "Ton mec rentre avec moi? Je vais me farcir ton mec? Ma petite, j’ai réussi à te prendre ton mec?" Quelle hypocrite.
Pascal est ensuite parti pour donner un coup de mains au groupe pour ranger le matériel.
Caroline et moi avons encore discuté 5 minutes avec tout le monde, avant de décider qu’il était tant de rentrer. On est passé dire au revoir à Pascal et saluer le groupe.
Caroline m’a proposé de passer chez elle, mais dehors, elle voulait qu’on reste là pour voir Pascal partir. Et être sûr qu’il rentrait. Je lui ai dis que j’allais dormir chez lui, qu’il rentrait donc à la maison après.
Elle a eu une petite grimace envieuse. J'ai accepté de passer 5 minutes pour prendre un café. Elle est donc partie devant et je l’ai suivie. Pascal pouvait être tranquille.
Pascal a encore tenu à me dire qu’il passerait en vitesse à l’hôtel pour rendre la clé à Erika… et décliner son invitation… mais, je pense qu’il ne résistera pas!