302 - Pascal? Ici? Je suis foutue!
Vendredi... 29 octobre 2010;
Je suis retombée amoureuse de lui instantanément... OMG! Je suis fichue!!! (OMG = Oh My God = Oh Mon Dieu). Je l’ai presque qu’immédiatement repéré, impossible de ne pas reconnaître son allure nonchalante, ses larges épaules, son menton carré, sa manière de pencher la tête. Debout, les bras croisés devant lui, appuyé contre le pilonne du bar, il écoutait en souriant Paul lui raconter Dieu sait quoi. Mon cœur a fait “boum-boum-boum” dans tous les sens, j’ai perdu tous mes moyens. Je suis restée tétanisée, bloquée au milieu du passage, les yeux écarquillées essayant de ne pas tomber dans les pommes. Pascal m’a fait un petit signe de tête en souriant... Ciel, je suis toujours éperdument amoureuse de lui... Quelle horreur!
Qu’est-ce qu’il faisait là? Ou est-ce que c’était mon imagination? J’avais la berlue ou quoi?
Pourtant, dans ma tête, une voix me criait de mettre 1 pieds devant l’autre et d’avancer, parce que je devais avoir l’air complètement crétine là au milieu. L’enfer! Mes jambes ne voulaient plus me porter, faire un pas de plus semblait impossible. Et pourtant, j’avais envie de courir lui sauter dans les bras.
C’est à ce moment là que j’ai vu Jess. Enfin, disons que c’était juste une tête flou qui me faisait un signe de la main, je ne voyais que Pascal.! Il a fallu quelques petites secondes avant que mon cerveau ne fasse la connexion. J’avais même oublié où j’étais, oublié Thomas qui avait certainement remarqué ma réaction. Petit à petit, la vision m’est revenu et j’ai remarqué aussi le sourire ironique de Layne, puis Paul, etc.
Et Thomas... Mon pauvre chéri... Le pli amer de sa bouche m’a fait comprendre qu’il avait vu ma réaction et ça lui faisait mal. J’ai cherché son regard pour exprimer mon regret, mais il a détourné les yeux. Mes pieds n’arrivaient toujours pas à me conduire plus près, alors j’ai fait marche arrière. Pour m’échapper et me donner le temps de reprendre mon souffle, j'ai pris la fuite pour me cacher aux WC.
Je m’étais rendue ridicule et le pire est que tout le monde l’avait remarqué! Quelle honte!
Après un temps interminable, à trembler, transpirer, à me ronger les ongles, essayer en sorte que mes jambes arrêtent de faire les claquettes, je suis sortie des toilettes, Thomas m’attendait! De le voir, j’ai pris un coup de fard direct, pourtant, j’avais eu le temps de me calmer, puis j'ai été gagnée d’impatience d’aller rejoindre le groupe... parce que Pascal y était... Je ne l’avais pas vu depuis presque 1 mois! 1 mois... Ça avait été long, interminable, mon cœur était en manque d'amour...
Je tremblais sans pouvoir me contrôler; j’étais toujours amoureuse de lui, j’étais retombée amoureuse de lui au 1er coup d’œil... C’était pourtant un peu différent, parce que ce n’était pas que cette fois, ce n’était pas que d’un sourire et de son beau regard vert, non, je connaissais la douceur de ses lèvres, la tendresse de ses câlins, la sensation de son corps... Arf, j’étais cuite! Et moi qui croyait avoir réussi à me blaser, à presque l'oublier!!! Que j'avais arrêté d'espérer en vain...
Pascal m’a fait la bise... Il avait passé un bras autour de ma taille... Huh, j’avais envie de me coller à lui, mais je n’ai pas osé. Le contact de sa peau m’a électrisée, ses lèvres sur ma joue, au coin de mes lèvres... Afff, 1cm de plus... J’aurai tellement voulu! Après la bise, il m’a serrée contre lui quelques secondes, très fort, j’avais fermé les yeux. J’aurai voulu rester comme ça jusqu’à la fin de ma vie...
Il m’a fait un petit sourire perso en se détachant pour se tourner vers sa femme. Elle m’avait fait la bise avant lui, mais j’avais les yeux braqués sur Pascal, je m’en rappelle vaguement. J’ai vu Pascal lui passer le bras autour de la taille et la jalousie m’a dévorée. Je ne m’étais pas rendue compte non plus que Thomas était à mes côtés et avait lui aussi passé le bras autour de moi pour me guider à un des tabourets du bar. Je me suis assise. Pfffoui, heureusement, j’avais les jambes en compote.
Le reste de la soirée, bof, rien, Pascal ne faisait pas spécialement attention à moi. Il ne regardait jamais dans ma direction. J’étais attaquée de mutisme, je n’arrivais pas vraiment à suivre les discussions, trop obnubilé par sa présence à moins d'1m. Mon cœur continuait à battre la chamade, j’étais en chaleur. J’avais toujours les joues en feu et du mal à détacher mon regard de lui.
Maintenant, je me rends compte que j’avais oublié tout ce qui m’entourait. Je ne faisais ni attention à Thomas, ni à ceux qui m’entouraient. J’avais les palpitations, j’étais en manque!
Pascal était si beau, si grand, si... Je regardais son poignet et l’allure que donnait sa montre bracelet en cuir brun, ses cheveux avaient poussés, son rire... God, j’avais les poils au garde à vous. J’espérais avoir l’occasion de le voir seul à seul.
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Babe, you're drooling... (drooling = Tu baves!)
C’est ce que Thomas m’a chuchoté à l’oreille!!! Glups, j’aurai dû me réveiller là, mais même pas. Je me suis efforcée de ne pas trop fixer Pascal, mais invariablement mon regard se reportait sur lui. C’était lamentable, mais je n’arrivais plus à fonctionner.
Pascal s’en est rendu compte, il m’a fait un petit clin d’oeil, lancé un gentil sourire, et il a continué sa discussion comme si de rien n’était. J’étais dépitée, je voulais lui parler, respirer l’air du cm qui l’entourait, sentir la chaleur de ses mains, je voulais coller mes yeux dans les siennes... Pfff d’accord, j’étais en mode-débile, je m’en rend compte maintenant. J’ai tout fait, comme de petites escapades dehors, ou loin du groupe en espérant qu’il me suive, une fois, deux fois, niet. La 3ème, j’avais presque baissé les bras, mais je ne pouvais pas ne pas tout tenter jusqu’à la dernière seconde, et enfin là, il a dû piger le truc, il est sorti du bar fumer une clope aussi. Je me suis mise à trembler comme une feuille, j’avais tellement de trucs à lui dire, tellement de choses à lui demander...
Heureusement, qu'il faisait froid, donc ça pouvait donner l’impression que je frissonnais de froid. Rien que son petit sourire m’a mise en transe... Je suis vraiment débile!
Après les habituels; “Tu va bien... et toi...”, je me suis lancée carrément à lui demander s’il était heureux en Allemagne? Si les choses allaient bien avec Jess? Oui, il allait bien, il commençait à apprécier le changement, Jess et lui s’était beaucoup rapproché. Il commençait à s’habituer à Munich. Ça m’a coupé les pattes! On a pas pu approfondir la discussion parce que Thomas est sorti nous interrompre. Pascal nous a raconté ses 1ers contacts, ses nouveaux collègues, les 1ères ballades avec Jess dans les environs, sans mentionner qu’on avait tous les 2 déjà fait le tour ensemble.
Thomas a participé à la conversation tout en m’observant attentivement, il ne souriait pas, et avait l’air un peu coincé, ou plutôt un peu triste!
Jess a pointé le bout de son nez, Pascal lui a dit de ne pas rester dehors sans veste, il faisait trop froid, ce n’était pas bien pour elle. Après avoir baragouiné qu'il nous retrouverait dedans, Pascal l'a entourée d'un bras protecteur et ils sont rentré et je me suis retrouvée seule avec Thomas. Prostrée, j'enviais Jess, j'étais jalouse aussi, je le voulais à moi toute seule :(
Thomas ne disait rien, mais il n’en pensait pas moins. Je crois qu’il trouvait prudent de ne pas aborder la question, sachant parfaitement à quoi s'attendre. C’était malin, parce que j’espérais que ce soit lui qui lance le sujet, ça m’aurait arrangé. Vu la présence de Pascal, je voulais mettre de la distance entre Thomas et moi... C'était moche!
Au lieu de ça, Thomas m’a parlé de la soirée de Halloween, de demain soir. Pour une fois, ce n'était pas lui qui organisait, ses potes de musiques faisait ça chez l’un d’eux. C’était tous des musiciens, donc il jouerait certainement. La soirée commençait à partir de 19h, etc... Je l’écoutais d’une oreille, tout ce que je voulais, c’était retourner à l’intérieur... A l'intérieur, il y avait Pascal, c''était la seule chose à laquelle j'arrivais à penser!!! Je voulais être près de lui!
Alors qu’on s’était décidé à rentrer, Pascal et Jess sont sortis, bras-dessus, bras-dessous; ils rentraient, Jess était fatiguée...
La soirée n’avait plus aucun intérêt pour moi, mon enthousiasme est retombé comme un soufflet, moi aussi je voulais rentrer!
Thomas pensait que j’allais accepter de dormir chez lui... Il est fou? Avec Pascal juste en dessous? Certainement pas!
Je n’aurai qu’une envie, ce serait de descendre les marches pour aller vers Pascal... Non, je préférais rentrer chez moi. Je savais bien que je passerais la nuit à pleurer... ou à me planquer dans les buissons, même si j’allais peler de froid et même si Pascal et Jess étaient surement déjà couché!!! Pour ne pas montrer que j’allais courir après Pascal, je suis restée 1/2, en faisant semblant de m’amuser, mais à l’expression de Thomas, j'ai compris qu'il savait déjà que j'allais le planter là, le laisser tomber, je ne voulais pas le faire, mais c'était plus fort que moi.
J’ai foncé chez Pascal, et comme je m’y attendais, Jess et lui se préparaient à se coucher. C’est vrai qu’ils avaient l’air plus proche qu’auparavant, et j’avoue que ça me brisait le cœur.
Est-ce qu'il ne pensait plus à moi? Comment pouvait-il la prendre aussi tendrement dans ses bras? J’avais la folle envie d’aller pleurer sur les épaules à Brian, mais avec le fol espoir que peut-être Pascal viendrait chez moi, je suis rentrée la queue entre les jambes. Et si Pascal ne m'aimait plus? Comment peut-on ne plus aimer? Ça semblait si facile pour lui, pourquoi pas pour moi? Je n'en menais pas large, j'étais triste, déprimée, raplapla...
Thomas a essayé de m’appeler, je ne pouvais pas répondre, j’étais en larmes. Plantée derrière la fenêtre de la chambre, la tête appuyée contre la vitre, je regardais dans la ruelle sombre et déserte, dans l’espoir de voir la silhouette de Pascal se pointer à l’horizon. Niet, il n’est pas venu.
Penser que Jess dormait contre lui, qu’elle profitait de la chaleur de ses bras suffisait à me déprimer encore plus...
Je l’ai attendu jusque vers les 7h du matin... Ce n’est qu’en apercevant JD parquer devant la maison que j’ai filé dans ma chambre et j’ai pleuré en silence jusqu’à ce que je finisse par m’endormir d’épuisement... Pascal n’était pas venu... Il m’avait oublié?
------ Pascal? Ici? - (302) - ven.29.oct.10 ------